Rav Baroukh Froukhter
Éduquer les adolescents : les particularités de cette période de transition
Dédié à l'élévation de l'âme d'Ahouva bat Daniel
Gardez le lien avec vos enfants !
Bien que, comme nous l'avons dit plus haut, l'attitude des camarades soit déterminante à cette période, il ne faut pas sous-estimer le rôle des parents dans le développement de l'adolescent. Il est important de garder le lien avec son enfant, de continuer à s'intéresser à sa vie, à ses réussites et à ses échecs, de connaître les sujets qui l'occupent et de ne pas abandonner si, au début, toutes vos questions reçoivent la réponse habituelle : « Béséder » (« Ça va »). Même si votre enfant qui grandit ne vous le montre pas, le sentiment d'être compris — non seulement parmi ses amis, mais aussi chez lui — compte énormément pour lui. La confiance que nous avons cultivée depuis sa naissance nous aidera à traverser cette période sans trop de douleur ; avec l'aide du Ciel, cette confiance pourra l'accompagner toute sa vie.
Que faire ?
Examinons quelques mesures pratiques pour établir le contact. D'abord, puisque l'adolescent se considère comme un adulte, traitez-le en conséquence ! Adressez-vous à lui comme à une personne adulte, relevez chaque occasion où il s'est conduit avec une véritable maturité et accordez-lui le maximum de confiance. Il est permis de dire parfois : « Une réaction aussi enfantine ne convient pas à un jeune homme sérieux comme toi. » En revanche, les phrases du genre « Tu es encore un enfant ! Tu ne comprends rien ! On ne peut rien te confier ! J'avais oublié à quel point tu manques encore d'autonomie », et autres propos semblables, sont absolument à proscrire. Une telle critique ne sera d'aucune utilité, alors que ses effets nuisibles seront considérables.
Autre interdit pour les parents : la critique.
Même si vous ne parvenez pas à vous retenir, et même si l'adolescent la mérite incontestablement, il faudra renoncer à toute forme de plainte et de reproche pour servir le but recherché. Vous pouvez essayer de lui parler comme à un adulte et reconnaître que ses actes vous font personnellement souffrir. Mais soyez toujours prêts à entendre une réponse telle que : « Papa, je suis déjà adulte, comme toi. Je ne me mêle pas de ta vie ; alors, s'il te plaît, ne te mêle pas de la mienne. » Il est judicieux de faire appel seulement à la compassion de l'adolescent, pas à sa conscience. Comme lorsqu'on souligne son immaturité, toute critique risque de manquer son objectif. Elle peut au contraire provoquer de la rancœur, qui se transforme en défense fermée ; à ce stade, il devient facile de « perdre » son enfant. Donc : oui aux compliments, non aux critiques.
Quelques conseils pratiques
Comment mettre en évidence les qualités positives et adultes de notre enfant, même si, honnêtement, nous n'en trouvons pas ? Une méthode qui fonctionne partout consiste à demander conseil à chaque occasion. Chez les parents avisés, par exemple, le sens du goût « disparaît » soudain lorsque leur enfant atteint l'âge de la bar ou de la bat mitsva. Papa ne peut plus choisir seul son chapeau ou son costume, et maman devient incapable de se préparer pour une fête sans demander à sa fille quelle robe porter.
N'hésitez pas à demander l'avis de votre adolescent, même si ses propositions vous effraient. D'une part, il nous faut parfois tous jouer un peu la comédie ; d'autre part, vous découvrirez avec surprise une richesse de sagesse et d'idées neuves dans la tête de celui qui était encore un enfant hier ! Contre quel mur placer le canapé ? Que préparer pour le dîner ? Dans quel hôtel partir en vacances ? Même si le canapé gêne le passage et que vous détestez les pâtes, ces désagréments passagers seront largement compensés par la construction d'un lien solide qui durera probablement toute une vie.
L'adolescent peut réellement aider à éduquer ses petits frères et sœurs.
Ce n'est un secret pour personne : dans toute famille nombreuse, il se trouve un enfant incapable de rester en place. À table, ses pieds atteignent toutes les chaises et empêchent les autres de manger ; pendant les jeux, il réussit à prendre les jouets de tous les participants à la fois ; cinq minutes après son entrée, la pièce est plongée dans un chaos complet. Hier encore, votre fille de treize ans participait volontiers à ses bêtises ; aujourd'hui, elle est votre fidèle alliée ! Invitez-la à une discussion familiale, réfléchissez ensemble à la manière de gérer ce petit turbulent et, pour finir, confiez-lui la responsabilité de l'aider à s'améliorer !
Bien entendu, la surveillance des parents demeure nécessaire. Mais un rôle aussi réellement adulte ne peut que valoriser l'estime de soi de l'adolescent. Les parents, eux aussi, auront la vie bien plus facile en sachant qu'ils disposent d'un auxiliaire aussi formidable et responsable. N'ayez pas peur d'augmenter l'étendue de cette responsabilité ! Plus elle est grande, mieux c'est — pour tout le monde.