Rav Simha Cohen
Les épouses concluent parfois que leur mari ne leur fait pas confiance sur les questions financières, ou le jugent avare.
Il demande souvent à son épouse, quand elle revient avec ses achats : Combien cela a-t-il coûté ? Que peut-on en faire ? Pourquoi en avons-nous besoin ? Pourquoi ne pas l'avoir acheté dans un magasin moins cher, même plus éloigné ? Le cadet ne pourrait-il pas porter les chaussures devenues trop petites pour son frère aîné ?
Ou encore : Pourquoi cuisines-tu autant ? Pourquoi tant de salades qui finissent à la poubelle ? Il ne pose pas ces questions parce qu'il est avare ou méfiant, comme elle le pense, mais pour d'autres raisons : il ignore les prix exacts, les difficultés d'un déplacement vers un magasin moins cher, et ainsi de suite.
La principale raison émotionnelle est toutefois son sentiment de devoir répondre aux besoins financiers de la famille. Comme cela lui demande beaucoup d'efforts, il ressent une tension, et ces questions ne font que l'exprimer.
Cela reste vrai même si l'épouse contribue aussi aux revenus de la famille, et même si elle gagne plus que son mari.
Il est tout à fait possible que, si l'épouse se préoccupait autant que lui de la subsistance familiale et s'en inquiétait tout autant, elle renoncerait elle aussi à beaucoup d'achats qu'il considère comme superflus.
L'avantage du mari dans le souci de la subsistance familiale ne provient pas de qualités qu'il aurait acquises par un travail sur lui-même, tout comme les avantages de l'épouse dans ses qualités de partenaire ne résultent pas de ses efforts de développement personnel. Les uns et les autres sont des dons du Tout-Puissant à chacun des deux sexes.