Nechama Cheli

La joie du mois d’Adar

La rebbetzin de Hornosteipel l’a dit simplement : « La sim’ha, c’est le lien avec le Créateur. » Une réflexion sur Adar, les étincelles de sainteté et la façon de mettre tout son cœur dans les prières et les mitsvot.

Léa Odélia

La joie du mois d’Adar
Récemment, pendant un cours, la rebbetzin de Hornosteipel a prononcé une phrase qui a remis chaque chose à sa place. Il était question de la fameuse « augmentation de la joie ». Les gens courent après cette sim’ha jusqu’à s’y casser la tête, car ils la comprennent comme du bonheur ou quelque chose de ce genre.

La rebbetzin a simplement dit : « La sim’ha, c’est le lien avec le Créateur. »

Point. C’est ainsi un peu plus clair et plus apaisant. Ce lien dépend de nous-mêmes, contrairement à un état d’euphorie... Le lien avec le Créateur s’accompagne nécessairement d’émotions positives.
Et je viens de trouver chez Rabbi Lévi Its’hak une explication supplémentaire : « La joie principale de l’homme, c’est de réussir à élever les étincelles de sainteté au service du Créateur. Ces étincelles deviennent pour lui un vêtement et lui apportent de la joie.
Le mois d’Adar est précédé de la période des Chovavim, un temps où l’on élève toutes ces parcelles vers la sainteté. En Adar, elles deviennent toutes son vêtement. Le mois est appelé Adar à partir du mot “vêtement”, comme dans l’expression “adéret Eliyahou” — “le manteau d’Élie”. Quand un nouveau vêtement vient à l’homme, fait des étincelles de sainteté élevées pendant les Chovavim, ... il éprouve la joie d’avoir réussi à les élever, et c’est pourquoi on augmente la joie en Adar. »
Autrement dit, nous avons un code. On pourrait parler d’une segoula. Envoie les étincelles vers le haut, et tu auras la sim’ha. Cela explique d’ailleurs notre optimisme, incompréhensible pour le monde, et l’absence d’abattement à l’échelle de notre communauté.
Une question se pose pourtant : « D’où viennent les personnes religieuses qui sont tristes dans la vie ? »
Je pense que chacune a ses propres raisons. Mais l’une d’elles est certainement le passage aux gestes automatiques : prières, bénédictions, mitsvot... Car voit-on des personnes qui reviennent à la pratique de la Torah être tristes au début de leur chemin, quand elles mettent toute leur âme dans chaque nouveau pas ?