Rabbanite Yemima Mizrahi
Comment rendre sa famille heureuse, et que signifie être une bonne maman ? La 'hanoukia peut nous révéler ces secrets.
Ces bougies qui se tiennent côte à côte, le chamach à leur tête, ressemblent aux enfants guidés par leur maman.
Le premier secret de la 'hanoukia consiste à offrir de la lumière à tous nos enfants, sans exception.
Croyez-moi : le moindre effort vous reviendra au centuple. N'oubliez jamais que vous êtes le chamach de votre famille. En donnant de la lumière aux autres, vous ne perdez ni ne diminuez en rien votre propre lumière.
Quand vous couchez un enfant, ne dites pas : « Il est déjà tard, je suis si fatiguée. Tu veux encore une histoire ? Non, je ne peux pas », ou : « Je n'ai plus aucune force, et voilà qu'il faut encore préparer ce déjeuner. » En réalité, ces gestes peuvent nous donner des forces plutôt que nous en prendre, si nous trouvons le bon angle pour les regarder.
Le roi Salomon nous dit dans Michlé (10, 1) : « Un fils sage réjouit son père, mais un fils insensé est le chagrin de sa mère. »
Lorsque vous voyez, dans une famille, un fils réputé « insensé », que l'on oppose au fils « sage » ayant choisi le bon chemin dans la vie, l'image de leur maman triste se dessine déjà derrière cette situation.
Oui, cette même maman qui se sent si vidée. Quand elle donne ses forces aux enfants à contrecœur, sans enthousiasme, elle perd beaucoup plus qu'elle ne reçoit.
Mais quand le visage d'une maman rayonne — oui, je sais combien c'est difficile ! — les visages de ses enfants rayonneront aussi, reflet de son amour dévoué.
Le deuxième secret des bougies de 'Hanouka se retrouve aussi dans les parachiot que nous lisons pendant la fête. Notre patriarche Yaakov a dû apprendre cette leçon à travers sa propre expérience douloureuse : toutes les bougies doivent être à la même hauteur. Si l'une est trop haute et l'autre bien plus basse, cette 'hanoukia ne convient pas pour accomplir la mitsva.
Les Sages nous avertissent : les parents n'ont pas le droit d'avoir des « préférés » dans la famille ; il faut traiter tous les enfants avec la même chaleur.
Récemment, ma fille, qui est professeure principale d'une classe de cinquième année, m'a montré les questionnaires remplis par ses élèves. Chaque fille devait écrire les noms de trois camarades qu'elle appréciait et, à côté, ceux de trois autres qu'elle n'appréciait pas et avec lesquelles elle ne souhaitait pas se retrouver dans une même équipe pendant la nouvelle année scolaire.
Savez-vous ce qui est apparu ? Étonnamment, de nombreuses élèves ne figuraient dans aucune de ces deux listes. J'appelle ces enfants « invisibles », « transparentes » : personne ne remarque vraiment si elles sont venues à l'école ou non. Comme c'est triste !
Le plus triste, c'est que cela arrive aussi dans les familles.
Prenons un enfant « sandwich » : ses frères et sœurs aînés et cadets brillent, tandis que lui, pris entre eux, risque de devenir une poupée de bois, privée de chaleur et d'amour.
Chère maman, sois aussi sa maman : cet enfant se sent lésé, « invisible » et inutile à tout le monde !
Le troisième secret que peut nous enseigner la 'hanoukia :
Contrairement aux bougies de Chabbat, chaque bougie de 'Hanouka a son propre jour de fête, comme un « anniversaire ». De même, chacun de nos enfants mérite assurément de l'attention et un moment particulier consacré à lui seul. La seule manière de bien répartir ton attention de mère est de comprendre que chacun de tes enfants est unique à sa façon.
Ne remets pas ce travail à plus tard : trouve la lumière en chacun de tes enfants…
Quand la 'hanoukia scintille de petites flammes, on voit souvent que les bougies brûlent différemment : l'une plus vite, une autre se met soudain à couler, une troisième a la flamme la plus haute. Chaque enfant a son propre chemin. En donnant ton cœur à tous tes enfants, réjouis-toi de la singularité de chaque chemin et apprécie-la : c'est son chemin bien particulier !
Enfin, le quatrième secret de la 'hanoukia, le plus important, est le suivant : « Ve-ein lanou rechout lehichtamech bahem » — nous n'avons pas le droit d'utiliser un enfant.
Depuis quand les enfants sont-ils devenus des « machines » à produire le plaisir des parents, le na'hat ? Nous ne pouvons pas les utiliser pour améliorer notre réputation, renforcer notre estime de nous-mêmes ou nous construire une bonne image dans la société.
Il est douloureux de voir un enfant choisir un autre chemin que celui que nous aurions souhaité pour lui. C'est réellement difficile.
Mais si la souffrance des parents vient de l'irritation, de la déception, voire de la colère, parce qu'il « abîme » le bon nom de la famille, l'enfant percevra votre attitude. À ce moment-là, il aura besoin, plus que jamais, de se sentir aimé !
Ton devoir, maman, est de te tenir devant les bougies de 'Hanouka et de demander qu'un miracle se produise cette année.
Rav 'Haïm Vital dit qu'au cours de l'année il nous est interdit de demander un miracle : si D.ieu exauce notre demande, ce sera au détriment de notre future récompense au Ciel. Mais il existe une exception : la période de 'Hanouka. Puisque l'essence de 'Hanouka est la manifestation du miracle, c'est le seul moment de l'année où nous pouvons prier pour des miracles et espérer qu'ils se produisent.