Rav Haïm Pinhas Scheinberg
La bénédiction nuptiale : Simha et Chalom (Joie et Paix)
Le rav Yerouham Halévi Leibovitz, guide spirituel de la yéchiva de Mir en Pologne, commente la bénédiction Acher bara (« Qui a créé »), récitée sous la houppa pendant la cérémonie de mariage.
Béni sois-Tu, Éternel notre D-ieu, Roi de l'univers, Qui as créé l'allégresse et la joie, le fiancé et la fiancée, la jubilation, le chant, le plaisir et le bonheur ; l'amour et la fraternité, la paix et l'amitié. Bientôt, Éternel notre D-ieu, que l'on entende dans les villes de Juda et les rues de Jérusalem la voix de l'allégresse et la voix de la joie, la voix du fiancé et la voix de la fiancée, les cris de joie des fiancés sous leurs dais nuptiaux et des jeunes gens à leurs festins. Béni sois-Tu, Éternel, Qui réjouis le fiancé et la fiancée !
Cette bénédiction contient de nombreux mots magnifiques : sasson (allégresse), simha (joie), hatan (fiancé), kalla (fiancée), guila (jubilation), rina (chant), ditsa (plaisir), hedva (bonheur), ahava (amour), ahva (fraternité), chalom (paix) et réout (amitié).
La présence du fiancé et de la fiancée dans cette énumération semble quelque peu déplacée.
Au milieu de toutes ces expressions de joie et d'admiration, chacune avec sa propre mélodie, nous trouvons le fiancé et sa fiancée, le couple que nous sommes venus réjouir le jour de son mariage.
Pourquoi sont-ils inclus dans une bénédiction consacrée à leur bonheur ? Les personnes ne sont pas des chants ; de plus, on chante pour elles plutôt qu'à leur sujet.
La réponse, explique le rav Yerouham, est que le fiancé et la fiancée sont eux-mêmes une belle mélodie. Ensemble, ils chantent un chant spirituel unique qui réunit leurs deux êtres. Aucun ne peut interpréter seul sa partie, car il ne s'agit pas d'un solo. Leurs deux voix sont nécessaires ; leurs deux âmes doivent s'unir pour créer un chant nouveau qui remplira leur foyer tout au long de leur vie commune.
Nos sages enseignent qu'une épouse est, pour ainsi dire, une partie de son mari : ichto ké-goufo. Mari et femme forment donc un tout. Le saint Zohar, ouvrage fondamental de la Kabbale, décrit la femme comme pélag gouf, la moitié d'une personne, et dit la même chose de l'homme. Jusqu'au mariage, ces deux moitiés sont séparées.
La houppa, ses bénédictions et ses mélodies marquent le début d'une nouvelle vie commune.
La bénédiction évoque « la voix du fiancé et la voix de la fiancée », unies dans le bonheur et la joie. Une union heureuse entre un homme et son épouse demande des efforts. La mélodie doit être harmonieuse pour réjouir l'oreille. Nous pouvons donc apprendre du rav Yerouham qu'il faut veiller particulièrement à préserver l'équilibre entre mari et femme, qui crée cette mélodie.
La vie conjugale est un cheminement, et non un événement ponctuel.
Les personnes qui prennent soin l'une de l'autre, donnent et font preuve de compréhension vivront, grandiront et construiront ensemble. En travaillant ensemble, les époux qui bâtissent un foyer de Torah permettent au tsélem Élokim, l'image divine, de se révéler en eux. La simha et le chalom rempliront leur vie.
À suivre.