Nechama Cheli

À propos de la prière « Chemoné Essré » - explication des bénédictions « Modim » et « Sim Chalom »

La bénédiction מודים אנחנו לך – « Nous Te reconnaissons et Te remercions » Ici, il faut louer le Très-Haut pour Ses miracles, car celui pour qui un miracle se produit ne se rend pas compte qu’il s’agit d’un miracle ; pourtant, chaque jour, de nombreux miracles s’accomplissent pour un membre du peuple d’Israël, comme il est dit : « (Remerciez) Ce…

Rav Yonathan Eybeschutz

À propos de la prière « Chemoné Essré » - explication des bénédictions « Modim » et « Sim Chalom »

La bénédiction מודים אנחנו לך – « Nous Te reconnaissons et Te remercions »

Ici, il faut louer le Très-Haut pour Ses miracles, car celui pour qui un miracle se produit ne se rend pas compte qu’il s’agit d’un miracle ; pourtant, chaque jour, de nombreux miracles s’accomplissent pour un membre du peuple d’Israël, comme il est dit : « (Remerciez) Celui qui, seul, accomplit de grands miracles » (Téhilim, 136:4), mais cette personne ne les perçoit pas.

L’Écriture veut dire par là que le Très-Haut voit ces miracles et ces choses extraordinaires, alors que l’être humain ne les voit pas ; pourtant, sans Ses miracles, nous aurions péri depuis longtemps, car tous les dignitaires célestes (les anges responsables des nations du monde) et les mazalot nous font la guerre.

Et chacun doit tout particulièrement exprimer sa gratitude pour le retour de son âme [le matin], comme l’explique le livre du Zohar : « Celui qui a prêté à son prochain contre un gage, si ce dernier ne rembourse pas, prend le gage en paiement de la dette. Or, chaque nuit, nous Lui remettons nos âmes en gage, et Il nous les rend chaque jour, sans les prendre en paiement de ce que nous Lui devons en raison de nos nombreux péchés. »

Et pour cela, nous devons Le remercier et Le louer.

La bénédiction שים שלום – « Accorde la paix »

Ici, il faut prier pour la paix, car il n’est d’autre « réceptacle » capable de retenir la bénédiction que la paix (voir Vayikra, 26:6, et Rachi à cet endroit), car elle est le lien souhaité et l’unité totale d’Israël.

Lorsqu’on prie pour la paix, on doit aussi prier pour qu’il n’y ait pas de dissensions en Israël, ni jalousie, ni haine, ni rivalité, et qu’à la place règnent entre tous les membres d’Israël l’amour, l’union, l’unité totale et l’amitié, et qu’Israël devienne une seule âme.

Et l’on doit former l’intention d’accomplir ce qui est dit : « Et tu aimeras ton prochain comme toi-même », car c’est le fondement de toute la Torah, ainsi que l’aboutissement et la base de toute la prière.

Et l’on doit aussi prier pour être entièrement dépourvu d’un trait tel que la colère, et faire preuve d’humilité envers tous ; on méritera alors la paix, car là où il y a de la colère, il n’y a pas de paix.

C’est pourquoi nous prions pour que la colère soit écartée et remplacée par l’amour, la fraternité et la paix. C’est le signe de la grandeur de la sainteté du Très-Haut en nous : plus elle est grande, moins il y a de colère, et plus il y a de paix et d’amour. C’est pourquoi nous prions pour qu’Il établisse Sa demeure parmi nous et nous accorde la paix.

C’est pourquoi nous disons : ולמקללי נפשי תדם – « Et devant ceux qui me maudissent, que mon âme garde le silence » – une demande pour diminuer en elle la propension à la colère, afin qu’il y ait en elle davantage d’amour ; c’est le signe de sa sainteté.

C’est pourquoi, la veille de Yom Kippour, consacrée à la préparation de ce jour saint et redoutable, il faut se pardonner mutuellement, écarter la colère et accroître l’amour ; et (Yom Kippour lui-même) devient un signe, car c’est un jour saint pour notre Maître.

C’est là le but et l’aboutissement de nos pensées durant la prière, ce qui constitue le devoir de chaque membre du peuple d’Israël envers le Créateur.

Traduction – rav P. Perlov.