Nechama Cheli

À propos de la prière "Chémoné Essré" - Les bénédictions pour Jérusalem

Les bénédictions « Et à Jérusalem, Ta ville » et « Le rejeton de David, Ton serviteur » Il n’est pas nécessaire de s’étendre sur ces bénédictions : sur la nécessité de verser des torrents de larmes, sans interruption, en demandant que Jérusalem (le Temple) soit reconstruite et que la puissance et la gloire de David soient rétablies, puisqu’il est le but et le symbole de la perfection humaine, et …

Rav Yonathan Eybeschutz

À propos de la prière "Chémoné Essré" - Les bénédictions pour Jérusalem

Les bénédictions « Et à Jérusalem, Ta ville » et « Le rejeton de David, Ton serviteur »

Il n’est pas nécessaire de s’étendre sur ces bénédictions : sur la nécessité de verser des torrents de larmes, sans interruption, en demandant que Jérusalem (le Temple) soit reconstruite et que la puissance et la gloire de David soient rétablies, puisqu’il est le but et le symbole de la perfection humaine ; et si nous n’avons ni Jérusalem ni le royaume de la maison de David, pourquoi vivre ? Nous demandons que soit rendu à Jérusalem le trône de gloire du Tout-Puissant, et nous prions aussi pour David, qui y siégeait (sur le trône de son royaume) comme une image fidèle du « Char céleste ». Si les anges d’en haut élèvent sans cesse des pleurs et des chants de deuil à cause de la destruction de Jérusalem, jour et nuit, et s’ils pleurent Sion, comment pourrions-nous nous taire et ne pas pleurer la profanation du Nom du Tout-Puissant causée par la destruction de Jérusalem et la perte du royaume de la maison de David ? Chaque personne doit dire en son cœur : « Maître du monde ! Voici, je voue mon âme à la sanctification de Ton Nom ! Et si je ne suis pas digne de voir Sion reconstruite et le retour du royaume de la maison de David, que je meure pour la sanctification de Ton Nom et que mes yeux ne le voient pas ; mais Toi, rebâtis Jérusalem et fais croître la puissance et la gloire de David, afin que Ton Nom soit sanctifié ! Et prends pitié de Tes malheureux fils, abandonnés dans l’exil, qui souffrent pour Ton unité et sanctifient Ton Nom devant la multitude ! » Chacun sait qu’à cause de nos nombreux péchés, notre glorieux Temple a été détruit et demeure dans la désolation, que le royaume de la maison de David a été perdu, combien de bienfaits nous perdons de ce fait et que nous sommes littéralement tombés de la vie dans la mort ! Inversement, il est également connu que, lorsque le Tout-Puissant ramènera les captifs de Sion, le monde passera de la mort à la vie ; c’est pourquoi il n’est pas nécessaire de parler longuement de tout cela. Et qui, pour peu qu’il ait une âme juive, n’aurait pas le cœur brisé en se rappelant la destruction de Jérusalem et le royaume de la maison de David, qui a pris fin à cause de nos nombreux péchés !

Bénédiction שמע קולנו – « Écoute notre voix »

Ici, la personne doit se concentrer pleinement pour prier le Tout-Puissant pour tous ses besoins, grands et petits ; il n’est rien pour quoi il ne faille s’adresser au Tout-Puissant. La règle générale est la suivante : il n’est aucune chose que nous souhaitions accomplir ce jour-là pour laquelle nous ne devions prier, en demandant qu’elle se réalise avec succès, d’une manière droite et juste. Inutile même de préciser que, si quelqu’un a chez lui un malheur, à D.ieu ne plaise, il doit prier. Et s’il y a une joie, il faut prier pour ne pas pécher en s’y abandonnant et ne pas se rendre ainsi coupable : prier pour que cet événement ne devienne pas, à D.ieu ne plaise, une joie suivie de tristesse. Que la personne prie donc à ce sujet avec ses propres mots ; même si son langage est pauvre et maladroit, sa prière sera chère au Tout-Puissant comme si elle avait prié avec beauté et élégance. Grâce à sa prière, le Tout-Puissant entendra aussi nos prières, et elle nous sera bénéfique, car sa prière sera assurément dite avec concentration et dans l’état d’esprit approprié ; ses lèvres et sa langue ne se trouveront pas d’un côté et son cœur de l’autre, comme chez ceux qui prient par habitude et en récitant par cœur. Elle prie en effet chaque jour pour quelque chose de nouveau, nécessaire ce jour-là, et compose elle-même les mots de sa prière, ce qui exige assurément une concentration particulière. C’est là le fondement de la prière : qu’elle émane du plus profond du cœur. Cette prière a aussi le grand avantage d’affermir dans son cœur cette vérité : une personne du peuple d’Israël n’est pas livrée au hasard et au cours naturel du temps au point de n’avoir pas besoin de prière. Au contraire, l’application, le zèle et l’ardeur au travail (dans les affaires matérielles) ne sont que mensonge, et non le fondement de la réussite, car seul le Tout-Puissant détermine ce qui arrive à un Juif à chaque pas ; il ne bougera pas un doigt dans le monde d’en bas tant que cela n’aura pas été proclamé dans les mondes d’en haut. Dans cette prière, la personne prendra à cœur combien elle doit veiller à ne pas transgresser l’ordre énoncé par le Roi des rois des rois, le Roi de l’univers, car tout vient de Lui et se trouve sous Sa surveillance personnelle ; tout ce qui arrive à une personne, tout dommage et tout malheur, tout vient de Lui, et de même tout gain, tout bienfait et tout plaisir viennent aussi de Lui ! Il ne lui viendra pas à l’esprit de pécher au moyen de ce qu’elle a demandé au Tout-Puissant et reçu de Lui : comment pourrait-elle demander la richesse pour ensuite s’en servir afin de provoquer la colère de son Créateur ? C’est pourquoi celui qui prie constamment pour tous ses besoins ne péchera pas aussi facilement.

Bénédiction רצה... בעמך – « Sois favorable… à Ton peuple »

Ici, la personne voue son âme au service du Tout-Puissant. Elle doit s’imaginer déjà liée sur l’autel et désirer très, très ardemment y mourir pour la sanctification du Nom du Tout-Puissant, devenir une offrande d’holocauste. Puisqu’un tel désir est né en elle, elle ne doit présenter aucun défaut. Mais si elle a péché avec l’un des organes de son corps, cela constitue un défaut ; cet organe ne sera pas agréé, et il faut revenir au Tout-Puissant avant le sacrifice. Ainsi, tout l’ordre des bénédictions, tout ce pour quoi la personne a prié jusqu’ici, est dicté par la nécessité de se corriger en revenant au Tout-Puissant, afin qu’aucun défaut ne soit trouvé dans cette offrande. Et maintenant, lorsqu’elle voue son âme à la sanctification du Nom du Tout-Puissant, elle ne présente plus de défaut, puisqu’elle s’est lavée de ses péchés. Elle doit prier ardemment pour que le Tout-Puissant rétablisse le service à sa place, car c’est là que s’accomplit la réparation du monde entier ; notre cœur s’afflige « pour le mont Sion déserté, où errent les renards » (Eikha, 5:18) et pour l’interruption du service. La personne doit prier le cœur brisé pour que le Tout-Puissant rétablisse le service à Jérusalem, la ville de la perfection absolue.

En prononçant les mots : ותחזינה עינינו – « Et que nos yeux voient » –, la personne doit avoir à l’esprit qu’elle en sera digne grâce à ses propres mérites, puisqu’elle pourra voir ce qui advient grâce à ses mérites, mais pas ce qui advient grâce aux mérites des patriarches, de même que la femme de Lot ne pouvait pas voir la destruction de Sodome, puisqu’elle avait été sauvée grâce au mérite d’Abraham. Le Tout-Puissant a promis qu’Israël serait sauvé à l’avenir grâce à son propre mérite ; c’est pourquoi nous disons dans la prière : « Et que nos yeux voient ».

Traduction – rav P. Perlov.