Dans notre monde, bien des choses ont changé au détriment de la famille.
La permissivité et la débauche sont devenues la norme, et les rôles particuliers (différents) de l'homme et de la femme au sein de la famille sont devenus un sujet de moquerie. Grâce à D.ieu, ce phénomène est moins visible au sein du peuple juif, mais nous subissons, nous aussi, les influences extérieures.
L'égalité des droits et l'émancipation ont conduit à l'effacement des frontières au sein de la famille.
De nos jours, certains estiment que la femme doit s'accouder pendant le Séder de Pessa'h. Autrefois, cela ne concernait que les femmes de haut rang ; aujourd'hui, il est question de toutes. Les qualités des conjoints ont considérablement évolué, mais les particularités propres à l'homme et à la femme sont restées, et il est important de le comprendre. La femme est restée la maîtresse de maison, qui passe aisément du travail aux tâches domestiques. Pour les hommes, cette transition reste difficile. L'homme doit, au sens figuré, enlever sa veste et son chapeau pour devenir mari et père.
La force de l'homme réside dans le fait qu'il crée et se procure des ressources. La force de la femme réside dans le fait qu'elle transforme ce que l'homme a obtenu en quelque chose d'utile, de beau et de significatif.
L'homme apporte du grain à la maison, et la femme le transforme en pâte, puis en pain. Lorsqu'Adam fut frappé de la malédiction de manger son pain à la sueur de son front, il pleura d'humiliation : allait-il donc manger des grains comme un âne ? Le Tout-Puissant lui dit alors qu'il mangerait le pain que préparerait sa femme.
Quand nous voyons les chambres des garçons et celles des filles dans les foyers, nous mesurons très bien l'énorme différence qui les sépare. Cette différence devient encore plus importante lorsqu'il est question de la complémentarité de l'homme et de la femme au sein de la famille. Une attirance réciproque et une aspiration à l'unité en toutes choses doivent naître entre les époux. Grâce à cette unité, ils traverseront toute leur vie, auront le mérite d'élever des enfants, de voir leurs familles et leurs propres petits-enfants.
Dans les bénédictions des « chéva berakhot », on trouve les mots ré'im ha-ahouvim (« proches bien-aimés »). De quoi s'agit-il ?
On peut parfaitement cesser d'aimer ce qui ne nous convient pas. Elle a oublié de préparer le déjeuner : il ne l'aime plus ; il a oublié de sortir les poubelles : elle ne l'aime plus. Le terme « bien-aimé » implique la reconnaissance du statut de son conjoint : on réfléchit soi-même à la façon de faire en sorte que son conjoint nous aime. Il est joyeux, elle partage sa joie ; elle joue du piano, il l'accompagne à la guitare. En pensant à ce que l'autre aime, on surmonte son propre égoïsme. Un tel comportement amène le conjoint à dire : « Je t'aime », ce qui sera la manifestation de leur unité.
Au sujet de la mitsva de tsédaka, il est dit qu'il faut apporter à celui qui la demande l'aide qu'il souhaite recevoir.
Imaginez un homme qui n'a littéralement rien à manger, qui ne peut payer aucune facture et que l'on expulse de son appartement. Pourtant, il déclare avoir besoin d'une voiture du tout dernier modèle. Et il présente des lettres de recommandation de rabbins qui demandent qu'on lui vienne en aide. C'est un riche tombé dans la pauvreté, qui, de fait, n'a jamais pris l'autobus de sa vie. Pour lui, une voiture et une employée de maison sont le minimum. C'est une mitsva de lui venir en aide, même si, à nos yeux, il s'agit de dépenses manifestement superflues. Savoir dépasser ses propres désirs et comprendre ce dont l'autre a besoin, voilà ce qu'on appelle ré'im ha-ahouvim. Lorsque les époux parviennent à cet état, ce que nous demandons dans les « chéva berakhot » se réalise : « Accorde la joie à ceux qui s'aiment, comme Tu as jadis réjoui dans le Gan Éden celui que Tu as créé (l'homme). »