Rabbanite Esther Offengenden
Sans questions, pas de réponses. (Règle d’apprentissage)
Tout le monde sait que les enfants sont d’incorrigibles petits « pourquoi ». Ils aiment notamment poser des questions sur la foi, le Très-Haut et le fonctionnement du monde. En nous interrogeant, ils nous témoignent leur confiance. Et ces questions sont ce qu’il y a de plus chouette, de plus merveilleux pour l’éducation à la foi.
C’est une bénédiction qu’un enfant pose des questions, quelles qu’elles soient.
En matière de foi, il n’y a pas de « mauvaises » questions. Bien entendu, les enfants posent des questions en fonction de leur âge. Un petit enfant demandera qui a fait les étoiles. C’est une merveilleuse occasion de lui parler du Créateur, à condition de le faire intelligemment. Souvent, les parents ne répondent pas, mais éludent : « Tu es encore trop petit. Quand tu seras grand, tu comprendras tout seul ! »
« Qui a fait tout cela ? »
Par exemple, des parents veulent inculquer à leur enfant la foi en D.ieu. L’enfant demande : « Qui a fait les étoiles ? » « Le Très-Haut », lui répond-on. « Qui a fait le ciel ? » « Le Très-Haut. » « Qui a fait la maison ? » « Le Très-Haut. » « Qui a fait la mer ? » « Laisse-moi tranquille, je te l’ai déjà dit cent fois : le Très-Haut ! » Après cette explication, l’enfant sort dans la rue, voit une maison en construction et dit : « Alors, c’est à cela que ressemble le Très-Haut ?! »
Il est très important de définir clairement ce que je veux réellement. Est-ce que je veux lui faire comprendre qui est le Très-Haut, ou est-ce que je veux me débarrasser de ses questions et vaquer à mes occupations ?
Si je veux dire à l’enfant que le Très-Haut a créé le monde, cela ne signifie absolument pas que c’est Lui qui construit la maison. Et si j’y réfléchis, je trouverai un moyen d’expliquer cette différence à l’enfant. Je peux dire que le Très-Haut a donné aux hommes les connaissances nécessaires à la construction d’une maison, grâce auxquelles les architectes, les concepteurs et les ingénieurs ont pu d’abord concevoir la maison, dessiner les plans de chacune de ses parties, puis les ouvriers ont pu réaliser leurs projets. Le Très-Haut a donné aux hommes les forces qui leur permettent de construire une maison.
Cet arbre a poussé à partir d’une petite graine, d’une semence. La petite graine a pris naissance et s’est formée dans l’arbre précédent. Mais l’arbre initial, le tout premier de cette chaîne, a été créé par le Très-Haut.
« Où est le Très-Haut ? »
Il existe une merveilleuse question que posent presque tous les enfants : « Mais où se trouve-t-Il donc, ce Très-Haut, pourquoi est-ce que je ne Le vois pas ? »
La réponse à cette question dépend de l’âge de l’enfant. Rav Wolbe écrit qu’il ne faut en aucun cas répondre, même à un tout petit enfant : « Dans le ciel. » Cette réponse fait automatiquement surgir chez l’enfant la question suivante : « Qu’est-ce qu’Il y fait ? » En réalité, ce n’est qu’une variante de la réponse : « C’est le Très-Haut qui construit la maison. » L’enfant fait immédiatement le rapprochement : « Les avions volent dans le ciel. Si le Très-Haut s’y trouve aussi, comment font-ils pour ne pas se cogner contre Lui ? Et puis, qu’est-ce que le ciel ? Qu’entendons-nous par ce mot ? » Rav Wolbe recommande de répondre : « Partout ! » Le Très-Haut est partout et en toute chose. Il existe une petite chanson pour enfants en hébreu : « D.ieu est ici et là-bas, et Il est de tous les côtés ! »
Mais si l’enfant est encore petit et sujet aux peurs nocturnes, il ne faut en aucun cas lui dire : « Il est ici, mais tu ne Le vois pas. »
Pour nous, le mot « partout » implique évidemment qu’Il est aussi ici. Pour l’enfant, cela n’a rien d’évident. « Partout » est une connaissance abstraite. Mais s’Il est ici et que tu ne Le vois pas, qu’ensuite on te couche et qu’on quitte la chambre, il reste ici Quelqu’un d’invisible, et va savoir qui c’est. Et toi, tu es encore petit, tandis que cet Être invisible est ici et partout. Et il est impossible de se cacher de Lui, même sous la couverture !
L’idée centrale de toute notre éducation est la suivante : toutes les représentations du Très-Haut doivent se former uniquement à partir d’associations positives.
« Pourquoi la souffrance et les méchants existent-ils ? »
Une maman racontait : « Quand mon plus jeune enfant est tombé malade, l’aîné m’a demandé pourquoi le bébé pleurait. — Parce qu’il a mal. — Mais pourquoi le Très-Haut a-t-Il fait en sorte qu’il ait mal ? — J’ai répondu que le Très-Haut voulait qu’il apprenne à surmonter les difficultés. Pour lui, c’était une bonne réponse. »
Vous connaissez votre enfant, vous sentez comment lui parler et quoi lui dire.
L’idée essentielle est la suivante : l’enfant doit être certain que D.ieu l’aime, que le Très-Haut, c’est quelque chose de bon, c’est la bonté. Avec les petits enfants, on ne parle tout simplement pas de punition.
Nous avons déjà discuté de la manière de répondre si l’enfant demande pourquoi le mal, les voleurs et les assassins existent. Une merveilleuse occasion s’offre à nous de lui dire plusieurs choses importantes. L’une d’elles est que chaque être humain possède le libre arbitre. Le libre arbitre est un sujet vraiment très important, et il faut faire comprendre à l’enfant le plus tôt possible qu’il fait des choix, et que les personnes au sujet desquelles il nous interroge font elles aussi des choix.
Le Très-Haut leur a donné la vie, Il leur a donné des forces et des capacités, Il leur a donné la possibilité de choisir entre le bien et le mal, et ils ont eux-mêmes fait leur choix. L’être humain peut malheureusement choisir le mal. Mais, heureusement, il peut aussi s’amender.
à suivre