Rabbanite Léa Gans
Il est très important de savoir quelle est réellement l’attitude du judaïsme à l’égard de la beauté féminine.
La beauté, c’est une bonne chose !
Le Tout-Puissant a créé la beauté, comme il est écrit : « La femme a été donnée pour la beauté » — pour son mari, notamment afin de le préserver du péché. Quand nous disons qu’une femme doit être belle pour son mari, chez elle, certains ont du mal à l’accepter. Si elle se soucie peu de son apparence à la maison, mais se fait belle avant de sortir — vêtements, maquillage, perruque —, c’est un problème.
À l’époque du scandale des perruques, lorsque tout le monde s’est mis à porter des foulards, ma voisine m’a dit : « Dans la rue, je porterai un foulard, mais à la maison, pour mon mari, je porterai une perruque. Mon mari a droit à une belle épouse. » Ne me demandez pas ce qui est le plus beau, une perruque ou un foulard : ma voisine a raisonné ainsi. Je ne dis pas que tout le monde doit agir exactement de cette manière, mais c’est un exemple de la bonne approche.
Un couple est venu consulter un rav séfarade : l’épouse aimait porter du noir, car elle estimait que c’était la couleur qui lui allait le mieux. Son mari, au contraire, trouvait que sa tenue noire créait une ambiance lugubre, « comme le 9 Av » ; cela lui déplaisait qu’elle soit toujours en noir. « Mais comment peut-il m’obliger à porter quelque chose que je n’aime pas ?! » Le rav a tranché ainsi : quand l’épouse sort de chez elle, elle peut porter du noir autant qu’elle le souhaite, mais à la maison, en présence de son mari, elle doit porter des vêtements de couleur — ce qui plaît à son mari. Cette décision leur a plu à tous les deux.
La beauté comme don
Il est écrit : « ‘Hen icha — lébaala », « la beauté de l’épouse est pour son mari ». Il existe deux explications :
1. ‘Hen vient du mot ‘hinam, gratuitement, sans contrepartie. La beauté est donnée à la femme, autrement dit offerte, pour qu’elle plaise à son mari. À moins qu’elle ne fasse quelque chose qui lui déplaise, par exemple qu’elle le mette en colère, la femme reçoit, dans une situation ordinaire, un cadeau : être belle aux yeux de son mari. Tout à fait gratuitement.
2. De plus, ‘hen apparaît également dans l’expression ‘hen bé-eïnav, c’est-à-dire « agréable à ses yeux ». La femme fait ce qui est beau aux yeux de son mari à elle. Par exemple, certains maris préfèrent que leur femme ne se maquille pas. Elle peut donc aller au bureau maquillée (bien entendu, discrètement), tandis qu’à la maison, elle reste comme son mari l’aime : au naturel. Cela vaut aussi pour les vêtements : en présence de son mari, une femme ne devrait pas porter ce qui lui déplaît.
Les enfants aussi doivent voir une maman qui prend soin d’elle, qui est belle et soigne son apparence.
La beauté vient de l’âme. Nous savons que nos matriarches étaient belles. Il est écrit à propos de Sarah que son second nom, Yiska, avait deux significations, dont l’une était que tous « contemplaient » sa beauté. Le Talmud la cite parmi les quatre plus belles femmes du monde. Il est dit de Rébecca : « La jeune fille était très belle » (Béréchit, 24:15), et de Rachel : « Belle de taille et belle de visage » (Béréchit, 29:17) ».
Si la Torah parle de la beauté, c’est qu’elle lui accorde de l’attention, c’est qu’elle est importante.
Mais le but est de diriger cette beauté vers le foyer, vers le mari.
Un extrême nuisible
J’ai un jour entendu cette parabole. Un roi avait un serviteur fidèle. Un jour, le roi décida de lui confier sa plus belle couronne. En la lui remettant, il lui dit : « Tu dois la garder comme la prunelle de tes yeux, la cacher à tous dans une housse et un coffret spécialement prévus. Je la prendrai pour une fête, une fois par an. Tu auras la clé, mais je t’interdis d’ouvrir le coffret et de montrer ma couronne à qui que ce soit. » Le serviteur garda effectivement la couronne toute l’année. Mais lorsque le roi eut lui-même besoin de la reprendre, le serviteur refusa de lui donner la clé à lui aussi. Il refusait d’ouvrir le coffret même pour le roi en personne.
La même chose arrive parfois aux épouses. Elles oublient que leur beauté est destinée à leur mari et ne la montrent même pas à la maison. Exactement comme le serviteur de la parabole. C’est l’autre extrême, et il est très nuisible !
Préparé par Mme Zissi Skarjinskaïa