Rabbanite Léa Gans
deuxième partie
Le but de la bénédiction
Quel est le but de la récitation d’une bénédiction ? Proclamer et révéler la Gloire du Tout-Puissant. Que voulons-nous dire par là ? Que tous les légumes, les fruits, le vin et le pain, le tonnerre et les éclairs, les plantes au parfum agréable, etc., rien de tout cela n’est dû au hasard. Le Tout-Puissant, béni soit-Il, a créé tout cela selon Sa volonté. Et Il ne S’est pas contenté de créer le monde une seule fois, puis de l’abandonner « à son sort ». Il recrée le monde à chaque instant.
De nombreuses bénédictions emploient le présent : « Qui crée l’univers », « Qui crée une multitude d’êtres vivants », « Qui crée le fruit de la terre »… Lorsque nous prononçons une bénédiction, nous comprenons que le monde est créé à cet instant, que ce fruit n’est pas seulement le résultat d’un processus naturel, mais qu’un miracle l’a accompagné à chaque étape de sa maturation.
Qu’est-ce qui est la cause, et qu’est-ce qui est l’effet ?
Le but de ce fruit n’est pas simplement de nous rassasier. Son véritable but est de servir à faire régner le Tout-Puissant. En prononçant une bénédiction, nous aidons ce fruit et nous-mêmes à accomplir le but pour lequel nous avons été créés. Nous avons été créés pour sanctifier le Nom du Ciel, et ce fruit a été créé pour que, grâce à lui, le Nom du Ciel soit sanctifié. Ce fruit avait le statut de Kodech ; lorsque nous prononçons la bénédiction, il devient permis de le manger.
Celui qui considère que le seul sens de la bénédiction est de s’autoriser à manger et à profiter des autres biens de ce monde n’a pas entièrement raison. La logique humaine est la suivante : « J’ai faim, mais je ne peux pas manger sans demander la permission ; je vais la demander (prononcer une bénédiction), et je pourrai manger. » Mais, pour comprendre le véritable sens des bénédictions, il faut inverser la cause et l’effet.
Le Tout-Puissant a créé en nous la faim pour que nous prononcions une bénédiction. La berakha est quelque chose de si élevé : c’est le sens de notre vie.
Car le Tout-Puissant nous a créés pour que nous bénissions Son nom. Il serait donc juste de raisonner à l’inverse : ma tâche est de prononcer une bénédiction, et c’est pour cela que je ressens la faim, la soif, que j’ai l’odorat pour percevoir les parfums agréables, l’ouïe pour entendre le tonnerre, la vue pour voir les éclairs, le soleil…
à suivre
Préparé par — Mme Zissi Skarjinskaïa