Nechama Cheli

Bénédictions - Il n’y a personne d’autre que Lui

cinquième partie Nous avons parlé du fait que les bénédictions peuvent adoucir le verdict du Ciel. On peut dire que leur sens est de faire comprendre à chacun qu’il n’y a personne d’autre que le Très-Haut. Lui seul gouverne le monde. Je me souviens qu’avant l’un de mes accouchements, j’avais très peur. Les médecins ne ménageaient pas les sombres pronostics,…

Rabbanite Léa Gans

Bénédictions - Il n’y a personne d’autre que Lui

cinquième partie

Nous avons parlé du fait que les bénédictions peuvent adoucir le verdict du Ciel.

On peut dire que le sens des bénédictions est de faire comprendre à chacun qu’il n’y a personne d’autre que le Très-Haut. Lui seul gouverne le monde.

Je me souviens qu’avant l’un de mes accouchements, j’avais très peur. Les médecins multipliaient les sombres pronostics, et je me sentais mal à l’aise. Mon mari m’a alors dit : « Tu dois te mettre dans cet état d’esprit : il n’y a personne en dehors de Lui. Ce ne sont pas les médecins qui dirigent le monde. Tout vient du Tout-Puissant. Nous ne sommes rien. Nous savons que tout ce qui arrive dépend uniquement de Lui. »

Le rav ‘Haïm de Volozhin indique dans le livre « Nefech Ha’haïm » : au moment du danger, il faut se concentrer sur la conscience qu’il n’existe et ne peut exister dans le monde aucune autre force que D.ieu. Lorsqu’au cours de la guerre, le rav Yits’hak Zeev Soloveitchik et son fils durent fuir la Pologne occupée par les Allemands, leur route les mena à Vilna, car la République de Lituanie n’était pas encore occupée par les fascistes. Par miracle, ils traversèrent la Pologne sans encombre. Plus tard, le rav Yits’hak Zeev expliqua que cela tenait précisément au fait qu’il était resté, tout au long du trajet, concentré sur la pensée : « Il n’y a personne en dehors de Lui » ; rien ne peut apporter à l’être humain ni bien ni mal sans la volonté du Tout-Puissant. C’est ce qui les sauva.8/

Dans la paracha Ki Tavo, il est écrit que non seulement nos bénédictions seront des bénédictions, mais que les malédictions elles-mêmes deviendront des bénédictions. Cela se rapporte au verset : « Parce que tu n’as pas servi l’Éternel, ton D.ieu, avec joie et de bon cœur, dans l’abondance de tout (bien) » (Dévarim, 28:47). Il y a deux façons d’expliquer comment se produit cette transformation.

Le livre « Or’hot Tsadikim » explique que l’absence de joie dans l’accomplissement des commandements provient d’un manque de confiance dans le Créateur (bita’hon). Nous avons déjà parlé de la joie que procure l’accomplissement d’un commandement et évoqué l’Arizal. Il disait devoir sa compréhension de la Torah précisément à la joie avec laquelle il accomplissait les commandements.

Nous avons mentionné plus haut que ce sont précisément les bénédictions qui conduisent à la confiance dans le Tout-Puissant.

Nous devons faire des efforts, mais la source de tout est entre Ses mains. Tout vient uniquement de Lui. Ce ne sont ni nos efforts ni nos inquiétudes qui nous font gagner davantage. Nous disons : « … tout est venu à l’existence par Sa parole. » Nous n’avons aucune raison de nous inquiéter, tout comme le nourrisson au sein de sa mère qui l’allaite. Lorsqu’on comprend cela, il n’y a plus de raison de s’inquiéter. La confiance dans le Tout-Puissant nous apporte la joie.

Ainsi, les berakhot transforment la malédiction en bénédiction.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Admour de Tsanz-Klausenbourg passa 9 mois dans un camp de concentration. De l’autre côté de la clôture, il voyait une source d’eau pure. Pendant ces 9 mois, il s’arrêtait face à cette source et priait : « Tout-Puissant, permets-moi de vivre assez longtemps pour boire à cette source. » Quand le camp fut libéré, les gens se ruèrent sur la nourriture. Mais le Rabbi de Tsanz réalisa d’abord son rêve : il se rendit à cette source, s’y immergea (comme dans un mikvé), puis prononça la bénédiction « Chéhakol » et but de l’eau. Par la suite, il disait : « Si seulement je pouvais atteindre encore une fois le niveau auquel j’étais parvenu en prononçant cette bénédiction à ce moment-là. »

Deuxième explication. Il est écrit dans le livre de Vayikra (26:40,41) : « Parce qu’ils se sont conduits envers Moi au gré du hasard. Moi aussi, Je Me conduirai envers eux au gré du hasard. » Autrement dit, les malédictions sont infligées parce que les Juifs considèrent que tout ce qui nous arrive est le fruit du hasard. Or, les berakhot nous montrent que chaque action, tout ce qui se passe dans le monde, ne relève pas du hasard. Tout est sous Son regard. Il n’abandonne pas Son monde. Comprendre cela transforme la malédiction en bénédiction.

Je souhaite à toutes les femmes de mériter d’acquérir l’Amour et la crainte du Créateur grâce à ce rappel quotidien : les bénédictions !

Préparé par — Mme Zissi Skarjinskaïa