Notre génération a grandi avec la possibilité d'un anéantissement total et définitif qui nous frappera à l'improviste, et la menace qui plane sur nous est devenue un élément « naturel » de la manière dont cette génération perçoit le monde.
Conçus à l'ombre du champignon atomique, nés dans un monde placé sous la menace nucléaire, nourris au strontium radioactif, nous acceptons avec un calme olympien l'idée d'une extermination massive. La vie risque de perdre toute perspective claire, toute signification et toute valeur. Si nous ne faisons pas un effort conscient pour changer l'atmosphère et créer une nouvelle réalité, pleine de valeurs véritables, nous condamnerons nos enfants ; ils inhaleront ce poison : le mépris de la vie et l'indifférence à la mort. Si nous ne nous hâtons pas, en laissant « la nature faire son œuvre », nous condamnerons nos fils et nos filles à suivre leur chemin jusqu'au seuil d'une catastrophe atomique, impuissants. Et, en effet, quelles valeurs morales peuvent avoir des personnes qui vivent sous la menace permanente de l'anéantissement ? Pourquoi aimer, respecter, espérer, si l'on doit toujours être prêt à une extermination massive ? À quoi servent les parents, la maison et les enfants si, demain, notre fin arrive et que nous nous transformons tous en une seule et même masse de cendres radioactives ?
Le foyer juif et la confiance dans la haute valeur spirituelle du mode de vie juif constituent le berceau dans lequel évolue la « sainteté de la vie ».
L'amour de la vie et le respect de ses hautes valeurs intrinsèques font partie intégrante de l'atmosphère de la vie juive. L'enfant juif apprend — non seulement par les paroles, mais aussi par les actes et par l'exemple — que les Juifs ne pratiquent pas la chasse ; l'aversion des Juifs pour la soif de sang est si grande qu'avant de préparer la viande, ils en retirent toute trace de sang, en la faisant tremper dans l'eau puis en la saupoudrant de sel… Les Juifs traitent avec compassion tous les êtres vivants — la sanctification de la vie constitue un principe de la plus haute importance dans la Torah.
Les parents doivent créer au sein de la famille une atmosphère bienfaisante, pour que les enfants soient pénétrés d'un sentiment de révérence envers la vie — une vie riche de contenu et de sens.
Il faut faire preuve d'abnégation dans la réalisation des nobles idéaux juifs liés à l'essence même de la vie, être scrupuleux dans l'observance des lois juives, ne négliger aucun détail, même le plus infime — il faut suivre la Halakha en faisant entièrement confiance aux prescriptions juives.
Ainsi, la loi de la pureté familiale exprime, comme nous avons tenté de le montrer, la joie de l'affirmation juive de la vie et l'aversion pour la mort et la souffrance.
Le mikvé — à travers la symbolique de l'« eau vive » — offre au Juif la possibilité d'un beau départ dans une vie humaine emplie d'amour.
Il est temps d'agir, il ne faut pas remettre à demain : ce moment est déjà arrivé. À nos enfants, que nous mettons au monde dans ce monde où la vie est constamment en danger, nous devons donner non seulement une existence physique, mais aussi une force vitale spirituelle, incarnée et éveillée par l'observance de la loi de la pureté familiale et de tous les autres commandements de la Torah.
Chez les Juifs, l'affirmation de la vie est un processus éducatif. Et il est extrêmement important de le commencer à temps — sans attendre que l'enfant atteigne l'âge scolaire. L'affirmation de la vie doit précéder la conception de l'enfant — l'observance de la loi de la pureté familiale, qui enseigne le mode de vie juif et l'amour de la vie, doit commencer avant même qu'une nouvelle vie n'ait commencé.
Postface
Quelques principes fondamentaux ont été exposés ci-dessus afin d'expliquer au lecteur le sens de l'ensemble des règles consacrées par la Torah et la tradition qui régissent la pureté de la famille juive : des règles indispensables, qui maintiennent l'existence éternelle du peuple juif et apportent bonheur et stabilité à la famille juive.
Que le lecteur n'imagine pas que ce qui a été dit épuise le sujet abordé, car celui-ci est aussi ancien que le peuple d'Israël lui-même, et la sainteté qui lui est indissociable est égale à celle du Chabbat, du Jour du Grand Pardon ou des lois de la cacherout — un sujet qui unit les idées sublimes de la sainteté du temps et de la vie elle-même.
Si le lecteur a trouvé dans ce livre quelque chose qui parle à son cœur, qu'il ne le mette pas de côté, en acquiesçant ou en protestant, comme s'il avait simplement satisfait sa curiosité.
L'avenir du mariage de chaque Juif et l'éternité du judaïsme sont d'une importance telle qu'ils n'admettent aucune demi-mesure.
L'expérience accumulée par le peuple juif confirme la règle logique selon laquelle toutes les prescriptions religieuses se révéleront dépourvues de sens si elles ne sont pas mises en pratique avec un zèle et un dévouement authentiques.
L'auteur adresse ses prières au Créateur et espère que le lecteur ressentira l'influence de ce livre et ne cessera de réfléchir aux questions qui y sont abordées ; plus encore, il espère qu'il commencera à observer les lois de la pureté familiale, encouragera d'autres personnes à suivre son exemple et fera, avec les membres de sa communauté, tout le nécessaire pour créer les conditions indispensables à l'observance de ces lois.