La loi de la pureté familiale présente encore une particularité digne d'attention : elle influe sur la nature des relations entre les époux et sur le regard qu'ils portent l'un sur l'autre.
La psychologie moderne et les milieux sociaux influencés par Martin Buber indiquent deux façons de percevoir autrui — comme « Tu » ou comme « Il » (ou « Elle »). La première suppose que l'on perçoive autrui comme un être humain, un sujet, comme une personne indépendante qui a une valeur en elle-même — et cette attitude est pleine de respect. La seconde suppose au contraire que l'on considère la personne comme un objet dépourvu d'individualité, de dignité et de valeur propre, une attitude semblable à celle que l'on adopte envers une chose utilisée pour satisfaire ses propres besoins, désirs et convoitises. Dans la première voie, je « rencontre » une personne et me tiens face à une autre individualité ; dans la seconde, j'utilise cette autre individualité et la traite comme une chose.
La relation sensuelle incline sans aucun doute l'être humain vers la seconde voie : « Je et Il (Elle) », au lieu de cultiver les relations définies comme « Je et Tu ».
Il existe une tendance à utiliser le partenaire sexuel comme une chose et comme l'objet de ses propres convoitises. L'homme des cavernes qui traînait une femme par les cheveux (à première vue, une caricature ; pourtant, ce type d'homme existe encore aujourd'hui !) ne la percevait pas comme une personne dotée d'une valeur intrinsèque, digne de respect. Elle n'était pour lui que l'objet de ses convoitises, une chose semblable aux autres choses autour de lui, et rien de plus. Soyons honnêtes et disons que cette transformation de la femme en objet caractérise, dans une certaine mesure, les relations sexuelles de la société moderne.
Il est inadmissible qu'une telle attitude s'enracine en nous — elle porte atteinte à la dignité de l'être humain, aussi bien de celui que l'on transforme en objet que de celui qui joue le rôle de consommateur.
Une fois apparue, une telle attitude envers la personne humaine ne reste pas confinée à la chambre à coucher — elle pénètre dans tous les domaines de la vie et en imprègne chaque aspect. L'animal enfermé en l'homme est apprivoisé et éduqué en fonction de son attitude envers autrui, et avant tout envers sa femme, qu'il perçoit soit comme « Tu », soit comme « Elle ».
La loi de la pureté familiale exerce une influence ennoblissante sur les profondeurs les plus intimes de l'âme de l'homme et de la femme. Elle limite la convoitise débridée de l'homme et l'aide à prendre clairement conscience que sa femme n'a pas été créée uniquement pour satisfaire ses désirs. Car, si elle n'était qu'un « objet », il pourrait la traiter à sa guise, satisfaire toutes ses convoitises en recourant, si nécessaire, à la force physique.
Les lois de la Torah font peu à peu, mais sûrement, pénétrer dans son cœur la conscience du fait que sa femme est un être humain, qu'elle est à l'image et à la ressemblance de Dieu, et non une chose !
Certains pensent que la maîtrise de soi et l'abstinence se suffisent à elles-mêmes et aboutissent aux mêmes résultats, et qu'il n'est donc nul besoin d'observer la loi de la Torah. Cependant, l'abstinence volontaire ne se justifie pas, ne serait-ce que parce qu'elle peut faire naître dans le cœur du mari ou de la femme le soupçon d'un refroidissement de l'amour. De plus, l'abstinence volontaire n'apportera pas les mêmes bienfaits et ne contribuera pas à l'ennoblissement des sentiments que la nature religieuse de la loi introduit dans les relations entre les époux. Et pourtant, combien sont nécessaires et bénéfiques les conséquences psychologiques de la mise en pratique du commandement juif, combien vaste et profonde est son influence sur la nature même de la vie conjugale et sur l'institution du mariage ! Si ce commandement n'existait pas, il faudrait l'inventer pour notre paix et notre bien-être.