Nechama Cheli

Bordée de lys - L’importance de la pureté familiale est incommensurable

Les mots ne suffisent pas à expliquer l’importance que le judaïsme accorde à ces lois, surtout à une génération qui, dans sa majorité, ignore jusqu’à leur existence. La peine qu’entraîne le non-respect de ces lois est la preuve la plus convaincante de leur importance. …

Bordée de lys - L’importance de la pureté familiale est incommensurable

Les mots ne suffisent pas à expliquer l’importance que le judaïsme accorde à ces lois, surtout à une génération qui, dans sa majorité, ignore jusqu’à leur existence. La peine qu’entraîne le non-respect de ces lois est la preuve la plus convaincante de leur importance. Cette peine — le karet — est le retranchement total de la communauté d’Israël, le même que celui qui frappe ceux qui ne jeûnent pas à Yom Kippour.

Par leur importance, les lois de la pureté familiale surpassent de très nombreuses autres prescriptions. « La construction d’un mikvé passe avant la construction d’une synagogue, l’acquisition d’un rouleau de la Torah et tous les autres commandements » (Hafets Haïm). C’est à la pureté familiale, plus encore qu’aux autres commandements, y compris l’étude de la Torah, que nous devons la préservation du peuple d’Israël. Que le lecteur ne se contente pas de cet exposé bref et superficiel de la loi de la pureté familiale pour la mettre en pratique. Comme dans les autres domaines de la halakha — et dans la vie en général —, les détails déterminent le succès de toute l’entreprise. Seul le respect des détails donne un contenu et un sens aux principes qui fondent la loi.

Afin de connaître les prescriptions requises, le lecteur doit se reporter au « Choul’han Aroukh » ou à d’autres ouvrages qui exposent et expliquent la loi en détail, sous une forme accessible et claire.

Un assaisonnement pour la nourriture

Ce que j’ai essayé d’exposer dans cet ouvrage relève de la catégorie des « taamé hamitsvot » — l’explication des commandements. Nous ne sommes pas en mesure de pénétrer le dessein du Créateur qui nous a donné les commandements, car cela dépasse infiniment notre entendement ; de plus, en cherchant à pénétrer ce dessein, nous faisons preuve d’une audace inadmissible. Pourtant, ce que nous cherchons réellement à comprendre, ce n’est pas pourquoi le Créateur nous a ordonné d’observer ces lois (commandements), mais ce qu’Il a précisément voulu que nous en comprenions, autrement dit, quelle est l’utilité de ces lois dans les différents domaines de la vie.

Nous essayons de comprendre le sens du commandement, mais il ne nous est en aucun cas permis de remplacer cette recherche par des recherches et des réflexions sur le dessein insondable du Créateur. Il va de soi que les lois ne dépendent pas du sens que nous y découvrons. Pour qu’une loi soit une loi, elle doit être indépendante de notre logique. « Taamé hamitsvot » signifie littéralement « le goût des commandements », c’est-à-dire leurs propriétés, selon ce que nous y avons « goûté » : la traduction « le sens des commandements » est auxiliaire et inexacte.

Il faut garder cela à l’esprit lorsque nous commençons à chercher le « sens » du commandement de la pureté familiale : en explorant le sens des prescriptions religieuses, nous cherchons ainsi à ajouter à notre nourriture spirituelle un certain assaisonnement destiné à « flatter » notre palais.

Il ne nous est toutefois en aucun cas permis de remplacer par cet assaisonnement notre nourriture spirituelle essentielle, c’est-à-dire les commandements juifs tels qu’ils sont mis en pratique. Au cours de notre histoire, des tentatives infructueuses ont été faites pour « compléter » et remplacer la loi par diverses constructions logiques, en ignorant totalement le sens spirituel véritable des commandements. La loi doit demeurer entièrement indépendante des valeurs, des significations et des intentions que nous pensons y avoir découvertes.