Anat Broussilovski
Il y a 20 ans, j'enseignais 4 matières dans les classes de onzième année d'une école juive.
Je n'avais pas d'accès libre à Internet, ni d'enfants ni de télévision...
Alors, pour ne pas m'ennuyer le soir, je donnais chaque jour un contrôle à l'une ou l'autre des classes.
« Qu'ont transporté les Juifs avec eux tout au long de leurs 40 années d'errance dans le désert ? » ai-je lu sur une nouvelle copie.
« Un bric-à-brac portatif », me répondait un élève.
Je me souviens qu'à l'époque, je ne savais pas si je devais rire ou pleurer.
Aujourd'hui, je me suis souvenue de cette réponse et elle m'a fait réfléchir. Que de choses nous traînons derrière nous.
Vous savez, il y a une citation de Pelevine : « L'être humain ressemble un peu à un train. Tout comme lui, il est condamné à traîner éternellement derrière lui une chaîne de wagons venus du passé, sombres, effrayants, hérités d'on ne sait qui... »
Tant que nous sommes jeunes et pleins de forces, tant que le terrain est plat et que l'allure est modérée, nous ne remarquons même pas à quel point ces wagons nous gênent.
Mais quand la tempête s'abat sur le monde et sur nous, quand la route monte, quand il faut marcher dans le désert (alors que nous n'avons plus de forces), il est grand temps de réfléchir au bric-à-brac portatif. À ces wagons effrayants et rouillés que quelqu'un a accrochés à nous, on ne sait pourquoi. À ces wagons qui nous empêchent de vivre, de respirer et de nous réjouir.
Il est temps de les détacher et de les laisser dans le passé, pour faire de la place dans notre cœur et dans notre tête à quelque chose de nouveau et de beau. À l'harmonie, à la sainteté, au Temple portatif.
« Ils Me construiront un Michkan, et Je résiderai en eux. »
C'est ce que je vous souhaite à tous.
Légèreté, harmonie, joie, bonheur, printemps et bien-être !