Hava Rom
Les vêtements masculins et féminins parlent des langues différentes.
La Torah interdit à une femme de porter des vêtements d’homme, et inversement. À la différence de la garde-robe masculine, son armoire contient toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et toutes les coupes ; notre nature ne supporte pas la monotonie. L’œil féminin distingue des milliers de nuances. Nous devons savoir exprimer toute la palette des sentiments, colorer le monde autour de nous, nous apporter de la joie ainsi qu’à nos proches et à notre entourage.
Dans la Torah, la femme est comparée à la lune, symbole de renouvellement et de renaissance perpétuels.
Les femmes ont constamment envie de nouveauté ; « ‘hodech », le mois lunaire auquel est lié le cycle féminin, vient du mot « ‘hadach » — nouveau. La femme est changeante, tout comme ses vêtements. Chaque matin, nous nous réveillons et cherchons des changements dans le miroir, comme si quelque chose avait pu changer en 8 heures de sommeil. Les vêtements reflètent notre humeur, notre état.
Il y a des périodes où une femme ne trouve rien à son goût, veut se cacher et s’envelopper entièrement de noir, et d’autres où, quoi qu’elle porte, elle se sent belle. Vous serez peut-être surprises d’apprendre que cela est aussi lié à la physiologie féminine : les changements d’humeur d’une femme influent notamment sur son rapport aux vêtements. Nous pouvons nous préparer aux jours difficiles en écoutant notre voix intérieure.
La halakha indique qu’un mari doit offrir à sa femme des vêtements et un bijou à chaque fête, peu importe qu’elle ait conservé de l’année précédente une robe tout à fait convenable. Et il n’est écrit nulle part qu’il doit s’acheter un costume neuf pour la fête s’il en possède déjà un.
Par nos vêtements, nous, les femmes, nous mettons, davantage que les hommes, dans un état d’esprit particulier : dans l’atmosphère festive du Chabbat avec une belle robe, ou dans un état d’esprit professionnel avec un tailleur sobre de tous les jours.
Pour une femme, la nouveauté est l’une des conditions du sentiment d’être en fête. On peut cultiver en soi le sentiment de renouveau même sans robe neuve, grâce à un travail sur soi sérieux et profond, mais la Torah parle toujours du travail avec le monde matériel et de son utilisation pour atteindre des sommets spirituels.
Trois qualités distinguent le peuple juif : la pudeur, la compassion et la bienveillance.
Chez la femme juive, elles sont innées. Notre tâche essentielle est de ne pas perdre notre pudeur naturelle : une femme comprend instinctivement ce qui est digne d’elle et ce qui l’est moins, ce qui la rapproche de la sainteté et ce qui l’en éloigne. Mais tout ce que nous voyons, tout ce qui nous entoure, et plus encore ce que nous portons, influence notre perception de la pudeur. Comme la lune, nous reflétons ce que nous voyons : les couleurs de la nature environnante ou le dynamisme de la ville. En hébreu, la lune se dit lévana — « blanche ». Une surface blanche reflète tout le spectre de la lumière qu’elle reçoit, comme la lune reflète la lumière du soleil.
Nous devons prendre conscience du danger de l’influence du monde extérieur, car nous reflétons, volontairement ou non, tout ce qui entre dans notre champ de vision. Les images des magazines, les vêtements de notre mère, la mode de notre adolescence, la garde-robe de nos amies : tout cela, pris ensemble, façonne souvent notre style. Avec le temps, nous le changeons si de nouvelles images, couleurs ou associations entrent dans notre champ de vision. Le milieu dans lequel nous vivons devient notre norme. Et combien sont heureuses celles qui vivent dans un milieu juif sain et pratiquant.
La garde-robe d’une femme révèle son appartenance à un certain milieu.
Le besoin fondamental de faire partie de la société nous aide souvent à nous habituer à certains détails vestimentaires qui ne sont pas toujours confortables pour nous ou qui ne nous plaisent pas personnellement. Mais, de même qu’en musique, lorsqu’on connaît les notes, on peut jouer d’une manière qui n’appartient qu’à soi et ne ressemble à aucune autre, de même, pour les vêtements, les règles de la tsniout et celles de la société nous laissent un immense espace pour exprimer notre individualité.