Nechama Cheli

Chabbat Zakhor et le danger de l'hypothermie

Une longue semaine s'est achevée. Nous avons fait tant de choses : nous avons travaillé, étudié, marché, couru, négocié, connu des conflits, été en retard et acheté, acheté, acheté. Et très bientôt, nous pourrons souffler et nous souvenir. Nous souvenir de l'importance de souffler, et aussi nous souvenir d'Amalek. Ce Chabbat s'app…

Anat Broussilovski

Chabbat Zakhor et le danger de l'hypothermie

Une longue semaine s'est achevée. Nous avons fait tant de choses : nous avons travaillé, étudié, marché, couru, négocié, connu des conflits, été en retard et acheté, acheté, acheté.

Et très bientôt, nous pourrons souffler et nous souvenir. Nous souvenir de l'importance de souffler, et aussi nous souvenir d'Amalek.
Ce Chabbat s'appelle justement « Souviens-toi ! »

Souviens-toi : tu sortais d'Égypte, fermement convaincu que tu ne serais plus esclave, et Amalek t'a rencontré en chemin.

Nos Sages proposent une autre traduction des mots « karekha badérekh » (t'a rencontré en chemin) et nous enseignent qu'ils peuvent aussi se traduire par « t'a refroidi en chemin ». Amalek a refroidi le cœur des Juifs, gelé leur enthousiasme et leurs bonnes intentions, et, naturellement, cela ne s'est pas bien terminé.

Chabbat Zakhor tombe toujours à la charnière de l'hiver et du printemps.

C'est la période la plus triste de l'année, quand nous sommes si fatigués du froid/de la pluie/de la gadoue, quand les vitamines nous manquent tant, et aussi la joie, le bonheur, l'amour et l'argent. Quand nous nous sentons comme des robots ou comme le personnage principal du film « Un jour sans fin », et que nous avons envie de nous glisser sous la couverture et de ne plus en sortir avant l'arrivée du vrai printemps.

Et c'est alors que Chabbat Zakhor nous rappelle le danger de l'hypothermie. Il ne s'agit même pas du fait qu'il est alors bien plus facile d'attraper ce fameux virus terrifiant dont il ne faut pas prononcer le nom. Le problème, c'est que lorsque tu es gelé intérieurement, tu sembles ne plus vivre, mais seulement exister.

Pour changer cela, il suffit de se rappeler la chaleur qu'une personne peut offrir à une autre.

Car se réchauffer seul n'est pas rationnel ; ensemble, c'est bien plus joyeux et pratique. Et ce n'est vraiment pas difficile : il suffit de prendre dans ses bras ses proches et ses connaissances (mais pas des inconnus, conformément aux dernières recommandations du ministère de la Santé), de dire un mot gentil à quelqu'un (ou même deux), de boire avec quelqu'un (ou avec soi-même) du thé, du café, de la vodka, du whisky, du brandy... (ou, à la rigueur, de l'arak). De sourire à soi-même et au monde, et de se rappeler que la vie est belle !

C'est ce que je vous souhaite à tous !