Nechama Cheli

Comment utiliser l’esprit de compétition, la colère et l’orgueil ?

L’esprit de compétition, la colère et nos autres sentiments et émotions : certaines écoles de psychologie estiment qu’un sentiment est une donnée qu’il faut exprimer, sous peine d’aggraver les choses. La Torah aborde cela de manière tout à fait différente. Du point de vue juif, les sentiments relèvent du libre arbitre : nous en sommes entièrement responsables. Appr…

Rabbanite Esther Offengenden

Comment utiliser l’esprit de compétition, la colère et l’orgueil ?
L’esprit de compétition, la colère et nos autres sentiments et émotions :

Certaines  écoles de psychologie estiment qu’un sentiment est une donnée qu’il faut exprimer, sous peine d’aggraver les choses.

La Torah aborde cela de manière tout à fait différente. Du point de vue juif, les sentiments relèvent du libre arbitre : nous en sommes entièrement responsables. Apprendre à maîtriser ses sentiments n’est peut-être pas simple, mais cela relève de ma responsabilité, et non de celle de « la personne qui m’a fait sortir de mes gonds »...

Quelques conseils pratiques

Comment utiliser l’esprit de compétition :

  1. Ne dites pas de phrases du genre : « Moi, j’ai bien pu le faire... moi, je l’ai fait pour toi !... et toi !.. »
  2. Employez « je » pour décrire vos difficultés plutôt que vos exploits, par exemple : « J’ai du mal à trouver le temps de faire la vaisselle, tu m’aides ? »
  3. N’accusez pas la personne, parlez de la situation. Par exemple : « Je comprends que tu ne voulais pas me blesser, mais les choses ont fait que... »
  4. Remerciez.
  5. Incluez-vous dans la critique. Par exemple : « Pour ça, nous ne nous en sommes pas très bien sortis.. »
  6. Demandez de l’aide. Par exemple : « J’ai tellement envie de t’aimer. Aide-moi ».

Comment utiliser l’orgueil :

Faire des compliments, autant que possible et avec sincérité. Le Ram’hal écrit que la nature de l’être humain est d’être réceptif uniquement aux personnes qui le complimentent et l’aiment.

Vous avez besoin de vous disputer ? Préparez-vous ! Par exemple, dès maintenant, dans un moment de calme, dressez la liste des qualités de votre partenaire. Efforcez-vous de l’allonger régulièrement. Avant une dispute, relisez-la !!! Partir au combat armé.

Un roch yéchiva se plaignait d’avoir du mal à renvoyer l’un de ses élèves : il fallait gravir cinq marches. Je monte sur la première : mais il a bon cœur... Sur la deuxième : et sa situation familiale est difficile... Sur la troisième : et l’an dernier, il m’a tellement aidé... Sur la quatrième : et que lui arrivera-t-il dans la rue ?.. Sur la cinquième : je vais vers lui, je l’embrasse et je retourne chez moi.

Les premiers mots lors d’une dispute ou d’une critique : « Tu es quelqu’un de si intelligent, si bon, si généreux, etc. (selon la situation) » !

Comment utiliser la certitude que tout doit se dérouler comme je m’y attends :

  1. Réfléchir à son manque d’objectivité. De toute façon, je regarde le monde à travers des lunettes : alors, autant qu’elles soient roses...
  2. Faire sienne la devise : « Ne cherche pas à avoir raison, fais preuve de sagesse. » Comme sur l’autoroute, il est plus important de rester en vie.
  3. Apprendre à ne pas tout relever. Nous ne sommes pas parfaits. Si l’on regarde de près, il est impossible de vivre avec qui que ce soit, à commencer par soi-même.

Comment travailler sur la colère :

C’est un sujet très vaste, qu’il vaut mieux aborder séparément. Les idées principales :

  1. Dans un moment de calme, étudier sa colère et trouver un moyen de la maîtriser.
  2. La respiration. Lorsqu’on est en colère, elle est superficielle, rapide et courte. Pour se calmer, il faut respirer profondément et lentement.
  3. Plus de 85 % des manifestations de colère surviennent dans les 5-15 premières minutes. Essayez d’occuper ce laps de temps : par exemple, ne vous disputez que dans une tenue bien précise, ne commencez pas à régler vos comptes avant d’avoir couru 3 fois autour de la maison, etc.
  4. Imaginez que vous regardez ce qui se passe de l’extérieur, par exemple sur un écran. Contentez-vous d’observer. Si vous manquez d’imagination, vous pouvez réellement filmer une dispute une fois. Par exemple, les enfants peuvent filmer : de toute façon, ils voient et entendent tout. (C’est bien sûr une plaisanterie, mais... une plaisanterie triste.)

à suivre

Nous exprimons notre profonde gratitude à l’auteure, la rabbanite Esther Offengenden, et aux éditions « Michpa’ha Kehalakha » (www.mishpacha.ru) pour nous avoir accordé le droit de publier des chapitres du livre « La Vie après le mariage ».