Rav Simha Cohen
Une autre contradiction entre les besoins masculins et féminins apparaît lorsqu’une femme demande de l’aide à son mari.
Lorsqu’un homme demande poliment quelque chose à sa femme, il commence par dire : « Je te serais très reconnaissant si… » Mais lorsqu’une femme veut demander quelque chose à son mari, elle commence souvent par décrire son problème personnel : combien elle est fatiguée, combien une certaine tâche lui est pénible, etc., et ce n’est qu’ensuite qu’elle formule sa demande.
Cette façon de s’adresser à lui est une tentative pour le solliciter avec délicatesse, comme si elle s’excusait de le déranger, ce qu’elle ne ferait pas si le problème et la difficulté qu’elle décrit n’existaient pas.
Pourtant, c’est précisément cette façon de s’adresser à lui qui rend plus difficile, pour le mari, le fait d’accéder à sa demande.
Comme nous l’avons mentionné plus haut, les difficultés et les problèmes de son épouse éveillent chez le mari le besoin, inscrit en lui, de veiller à son bien-être. Mais lorsqu’elle fait précéder sa demande d’une description de ses difficultés, son mari l’aide pour se libérer de l’inquiétude et de la tension, plutôt que par générosité. Ainsi, en décrivant ses ennuis, elle lui donne l’impression que sa femme l’a contraint à satisfaire sa demande. Or c’est précisément ce que l’homme déteste, car il ne veut pas être « obligé » : il veut être « volontaire ».
Il est intéressant de constater que, tandis que le mari a du mal à se mettre à aider sa femme après ses plaintes, les femmes racontent que leur désir de satisfaire une demande de leur mari ne fait que s’accroître lorsqu’il leur parle de son problème.
Le mari et la femme qui veulent agir comme il convient, en tenant compte des qualités différentes et des besoins opposés des époux, doivent procéder de la manière suivante :
Le mari, lorsqu’il demande de l’aide, parlera à sa femme des difficultés qui le préoccupent et, bien entendu, la remerciera une fois l’aide reçue. Quant à la femme, elle ne fera pas précéder sa demande d’un récit de ses problèmes, mais la formulera poliment.
De plus, pour qu’il lui soit plus facile d’accéder à sa demande, elle doit concentrer l’essentiel de ses efforts sur ce qui se passe après que son mari a fait ce qu’elle lui demandait. Elle devrait le remercier de tout cœur et lui expliquer de quel problème important il l’a délivrée.
Plus cette dynamique se répétera, plus le fait qu’il est agréable d’aider sa femme s’imprimera profondément dans le subconscient du mari ! Cela en vaut la peine, puisqu’elle sait apprécier ce que l’on fait pour elle !