Nechama Cheli

Dès le début d'Adar, on augmente la joie

Nos maîtres expliquent ainsi le verset « Il M'invoquera, et Je répondrai ; Je suis avec lui dans sa détresse - Je le sauverai » : on appelle généralement de loin. Lorsqu'un Juif s'adresse au Créateur avec le sentiment qu'Il est « loin », Il ne fera que « lui répondre ». Mais si l'on perçoit que « Je suis avec lui dans sa détresse », que « vous êtes les enfants de l'Éternel », alors : « Je le sauverai et le glor…

Dès le début d'Adar, on augmente la joie

Nos maîtres expliquent ainsi le verset « Il M'invoquera, et Je répondrai ; Je suis avec lui dans sa détresse - Je le sauverai » : on appelle généralement de loin. Lorsqu'un Juif s'adresse au Créateur avec le sentiment qu'Il est « loin », Il ne fera que « lui répondre ».

Mais si l'on perçoit que « Je suis avec lui dans sa détresse », que « vous êtes les enfants de l'Éternel », alors : « Je le sauverai et le glorifierai ».

Tel est le sens de Hanoucca et de Pourim, auxquels les Sages ont insufflé la force de la confiance pour éclairer le douloureux exil des Juifs, pour qu'ils sentent que le Très-Haut est avec eux malgré leur détresse et leur souillure, car Son amour pour l'âme juive est immuable.

C'est le sens de la règle : « Dès le début d'Adar, on augmente la joie ».

La grandeur de la joie qu'un Juif éprouve pour son lot tient au fait qu'il est satisfait de la manière dont le Très-Haut le conduit et qu'il croit que tout ce que fait le Miséricordieux est pour le bien. Il est « l'homme béni qui place sa confiance en l'Éternel », car le sentiment que « Je suis avec lui dans sa détresse » nourrit dans son cœur la confiance que « l'Éternel sera son soutien ».

Tel est le rôle du mois d'Adar et de Pourim : insuffler dans les cœurs juifs la confiance dans le Créateur qui, même alors que le terrible arrêt était signé, annula le mauvais décret par la force de la confiance de Mordékhaï, et « la situation se renversa, de sorte que les Juifs dominèrent ceux qui les haïssaient ».

Dès le début d'Adar, on augmente la joie qui découle de la foi que tous les actes du Créateur sont uniquement pour le bien.

Aucune autre fête n'exerce une telle influence sur tout le mois où elle a lieu. On rapporte ainsi au nom du saint rav de Roujine que Pourim est même supérieur à Yom Hakippourim, qui est « ké-Pourim, comme Pourim » - or, on compare le petit au grand, et non l'inverse. Et de même que Yom Kippour est précédé des Dix Jours de repentir, à plus forte raison, Pourim doit être précédé de dix jours de préparation.

C'est pourquoi on augmente la joie dès le début du mois, car la lumière de Pourim se révèle dès le 11 Adar, premier jour où, à l'époque du Talmud, on lisait la Méguila.

L'auteur d'« Avodat Israël » en conclut qu'en ce jour, la lumière de Pourim descend déjà et que l'on lit la Méguila dans les mondes supérieurs. Avant ce jour, il y a dix jours de joie, de préparation à recevoir la grande lumière de Pourim.

Traduction - rav Ch. Skarjinski, sélection des textes - rav I. D. Falik.