Rabbanite Léa Gans
Nous pouvons tant apprendre de la Torah si nous la lisons comme un exemple, une leçon, un guide pour l’action. Nos Sages appellent cette approche « Les actes des pères sont un signe pour les fils ». Bien sûr, nous ne comprenons pas toujours pleinement le sens d’un acte des patriarches en lisant simplement le texte de la Torah ; il faut lire les commentaires des Sages pour comprendre les « actes des pères », leur raison et leur signification.
Lorsque le rav de Poniewicz se préparait à une conversation importante et décisive, il lisait la paracha Vayichla'h afin d’élaborer une stratégie de dialogue conforme à la conduite de notre patriarche Yaakov. S’il lui arrivait de ne pas avoir le temps d’étudier cette paracha, l’entretien échouait et l’affaire n’était pas réglée en sa faveur. Quant à nous, nous tirerons de Yaakov quelques conseils pour nous-mêmes et pour l’éducation de nos enfants.
Première leçon. La prière
Yaakov se prépare à rencontrer son frère Essav de trois façons : il envoie un cadeau, fait des préparatifs en vue d’une éventuelle guerre et prie. Il est intéressant de constater que, lorsqu’une conversation importante nous attend, nous agissons souvent comme Yaakov en tout, sauf pour la prière. En général, soit nous cherchons à amadouer notre adversaire, soit nous attendons les hostilités — et nous oublions complètement la prière.
Tous nos problèmes — avec les enfants, leur éducation ou leurs études, un conflit avec notre mari, des difficultés au travail — exigent de nous certaines démarches, certains efforts (hichtadlout), par exemple faire appel à des professionnels du domaine concerné.
Mais, avant même cela, il existe un moyen qui aide toujours et ne demande aucune dépense matérielle.
Nous investissons du temps et de l’argent pour obtenir la meilleure aide qualifiée face à notre problème. Et nous y consacrons tant d’énergie ! Parfois cela aide, parfois non. Mais nous avons entre les mains une arme bien plus puissante, la meilleure qui soit : la prière adressée au Tout-Puissant, au Créateur du monde. Il arrive que nous soyons tellement occupées par la hichtadlout, tellement débordées et perdues, que nous oublions la prière.
Parfois, avant de dormir, je confie mes problèmes à mon mari lorsque je n’arrive pas à trouver moi-même de solution : j’ai fait ceci et cela, que puis-je encore entreprendre ? Et il me répond : « Et as-tu ajouté quelques mots de prière ? »
Dans les leçons précédentes, nous avons étudié comment demander pardon et comment accepter des excuses. Mais, dans ce domaine aussi, on peut dire qu’il faut commencer par la prière. Avant d’entamer une conversation au sujet d’excuses — prier.
Et, de manière générale, s’adresser au Tout-Puissant avant toute conversation sérieuse.
Si la sensation de légèreté et de bien-être a disparu de la maison, si tout devient soudain difficile et « grince », la première chose à faire est de s’adresser au Maître du monde.
La prière est un « travail du cœur », mais, en tant que mesure préventive, elle reste plus facile que les autres moyens, qui nous demanderont de l’argent, du temps et des forces. Même si la prière ne nous dispense pas des autres efforts qui seront nécessaires, dès lors que nous nous sommes assurées du soutien du Tout-Puissant, tout le reste sera plus facile.
À suivreTexte préparé par : Mme Zissi Skarjinskaïa