Hava Rom
Il est impossible d’imaginer un être humain sans vêtements, c’est-à-dire un Homme, et non un Mowgli.
Si les vêtements ne servaient qu’à protéger le corps du froid ou d’autres conditions météorologiques, pourquoi les animaux n’ont-ils pas besoin d’une protection supplémentaire ?
Qu’est-ce donc qui nous distingue de l’animal ? La composante divine : l’âme de l’Homme doué de parole ! La conclusion s’impose : les vêtements sont destinés avant tout à l’âme humaine. C’est aussi un dialogue, celui de l’Homme avec D.ieu, avec les personnes qui l’entourent, avec lui-même.
Mais les vêtements ne sont apparus qu’après la faute, lorsque le premier homme a mangé du fruit de l’Arbre de la connaissance du Bien et du Mal. Et a découvert qu’il était nu. Auparavant : « Ils étaient nus et n’en avaient pas honte » (Beréchit, 2:25)
L’être humain se compose d’une âme et d’un corps. Au Gan Eden Adam et 'Hava savaient clairement qui était le maître et à quoi était destiné chaque organe.
Mais après la faute, les besoins corporels se sont soudain fait entendre si fort qu’ils ont étouffé la voix de l’âme.
Le corps a masqué l’âme et s’est mis à parler son propre langage, celui des besoins et des plaisirs. En découvrant cette enveloppe grossière, Adam et 'Hava ont décidé de couvrir les parties du corps qui éveillaient chez l’être humain des désirs égoïstes et lui faisaient oublier sa vocation dans ce monde.
Les pagnes qu’Adam et 'Hava s’étaient confectionnés eux-mêmes n’ont pas aidé ; ils n’ont fait qu’aggraver le problème. Ils sont devenus des signes désignant ce qui avait soudain manifesté sa puissance. Au lieu de dissimuler, ils soulignaient, attiraient l’attention.
Le Tout-Puissant leur a indiqué la bonne solution : Il a Lui-même donné aux êtres humains des tuniques de peau couvrant tout le corps.
Elles ont couvert le corps, lui ont donné son unité et ont remis chaque chose à sa place. De tels vêtements laissent à découvert les parties du corps où se manifestent l’âme et la force de la miséricorde : le visage, les yeux, les mains. Car avec eux, on peut consoler, approuver, soutenir, aider.
Et pourquoi des vêtements de peau, plutôt que de lin ou de laine ? Nos Sages disent : non pas « des tuniques de peau », mais « une tunique de lumière ». En hébreu, les mots « peau » et « lumière » se prononcent de manière très proche.
C’est précisément grâce aux vêtements que l’âme a pu rayonner.
Adam a caché son corps pour laisser l’âme tenir la partie soliste dans leur duo. La tsniout, l’une des fonctions du vêtement, consiste à cacher le corps pour nous permettre de mieux discerner l’âme. Les vêtements peuvent parler de nos atouts physiques ou exprimer la profondeur de notre personnalité. C’est toujours nous qui décidons sur quoi mettre l’accent, ce que nous voulons souligner dans notre apparence, vers quoi diriger le regard des autres.
Les vêtements de l’Homme doué de parole peuvent nous parler de lui sans un mot : de son appartenance à un peuple et à un groupe, de son statut et de sa place dans la société, de son caractère et de ses habitudes. Ils révèlent s’il se connaît lui-même, s’il prête attention aux détails. Son humeur, ses préférences, son attitude envers les autres. La couleur, la silhouette, la coupe, les détails, la matière, les finitions : voilà un langage familier au regard attentif des femmes.
Les vêtements ne disent pas toujours la vérité.
Ce n’est pas un hasard si, en hébreu, « vêtement » et « trahison » ont la même racine : les vêtements nous trahissent totalement. Parfois, ils mentent ouvertement sur la personne qui se trouve devant nous ; parfois, ils influencent l’état de cette personne, son ressenti, sa perception d’elle-même.
Et si les vêtements révèlent le monde intérieur, sont en harmonie avec la personne et manifestent la plénitude de sa personnalité, alors il n’y a pas de honte : « levouch » – « lo boch ». Ils manifestent notre plénitude, la « chlémout ». « Simla », la robe, est formé des lettres du mot « chalem » – « chlémout », cette qualité qui n’appartient qu’au Tout-Puissant et à l’âme divine.
Il vaut la peine de réfléchir à ce que je « transmets » à mon entourage.
Posons-nous quelques questions. Est-ce que je me connais bien ? Ouvrons notre armoire et voyons à qui appartient cette garde-robe. À une mère de famille nombreuse très occupée, à une employée de bureau, à une âme romantique, à une épouse exemplaire, à un modèle de féminité, à une femme qui dicte la mode, à un modèle de femme religieuse. Ou peut-être suis-je encore à la recherche de mon « moi ». Si ma garde-robe se compose de vêtements rassemblés au hasard, elle n’est probablement pas organisée de façon rationnelle.
Si vous dites que vous n’avez pas le temps de vous occuper de vos vêtements, tant vous avez de choses à faire, je vous rappellerai que le roi Chlomo nous décrit la tenue de l’Échet 'Hayil et que la Torah traite en détail, jusque dans les moindres éléments, des vêtements des cohanim. Rappelons-nous que notre foyer est un petit Temple. Une personne qui ne s’habille pas convenablement manque de respect au lieu où elle se trouve et aux personnes qui l’entourent. Et nous aussi, comme les cohanim, devons avoir des vêtements particuliers.