Nechama Cheli

Désaccords et critique - le couple idéal a-t-il des désaccords ?

Les désaccords Alors, que faire ? Tout d’abord, il faut distinguer le « mauvais » du « bon ». Beaucoup pensent que, dans l’idéal, un mari et une femme, comme une seule personne, comme un véritable couple, devraient toujours penser et ressentir la même chose. Après tout, on ne se contredit pas soi-même !!! Mais si, on se contredit soi-même, et comment ! Sinon, qu’est-ce…

Rabbanite Esther Offengenden

Désaccords et critique - le couple idéal a-t-il des désaccords ?

Les désaccords

Alors, que faire ? Tout d’abord, il faut distinguer le « mauvais » du « bon ».

Beaucoup pensent que, dans l’idéal, un mari et une femme, comme une seule personne, comme  un véritable couple, devraient toujours penser et ressentir la même chose. Après tout, on ne se contredit pas soi-même!!!

Mais on se contredit soi-même, et comment ! Sinon, que sont les tiraillements intérieurs, la conscience ?

De plus, l’une des principales raisons pour lesquelles nous avons été créés en couple est précisément de permettre à chacun d’empêcher l’autre de commettre une erreur.

Comme dans le midrach : lorsque Noa’h faisait monter les passagers dans l’arche, il refusa l’entrée au Mensonge.

- Pourquoi ?! s’indigna le Mensonge.

- Je ne laisse entrer que les couples, répondit Noa’h.

 - Mais comment le monde pourra-t-il vivre sans mensonge ? s’indigna le Mensonge.

 - Je ne laisse entrer que les couples, répéta Noa’h.

Le Mensonge, triste, longe la rive et se prépare à mourir. Soudain, il rencontre la Trahison.

- Oh, Trahison, épouse-moi vite, sinon nous allons nous noyer !!!

Ils dressèrent une houppa et coururent auprès de Noa’h. Et Noa’h, n’ayant pas le choix, les laissa entrer.

Les Sages demandent : qu’y a donc gagné Noa’h ? L’explication est qu’en couple, même le Mensonge n’est pas aussi débridé. À un moment donné, la Trahison dira : c’est trop !!! Même la Trahison n’est pas aussi débridée : le Mensonge, lui aussi, finira par ne pas supporter certaines choses !

À ce propos, le Rabbi de Kotzk disait que, plus tard, un enfant était né dans cette petite famille : on l’avait appelé la Politique.

Un mari et une femme ont cette merveilleuse et précieuse possibilité de voir les choses sous différents angles. Parfois, cela conduit à une décision commune : un compromis. Parfois, on constate qu’il vaut mieux aborder la question de deux côtés à la fois, comme c’est le cas pour la plupart des problèmes. Même un tapis est difficile à secouer en tenant tous deux le même bord.

Hava Kouperman racontait que ses parents, le rav Zilber et la rabbanite, de mémoire bénie, débattaient parfois devant les enfants, chacun restant sur ses positions. Cela a beaucoup appris à leurs enfants.

La critique

Malheureusement, il arrive qu’un désaccord — une discussion productive de la situation — se transforme en querelle destructrice. Le plus souvent, la critique sert de « passerelle ».

Au lieu de discuter de la situation, nous nous mettons à parler l’un de l’autre.

Qu’y a-t-il de mal si je veux, par souci d’une personne, lui signaler ses défauts clairement et avec émotion (sinon, on n’y prêtera pas assez d’attention !!!) ? L’aider à se corriger, c’est-à-dire à devenir telle que je souhaite la voir ?

Mini-test. Souvenez-vous des moments où vous avez été critiquée : - par une personne inconnue (par exemple, dans les transports en commun, un passant, etc.) - au travail - par vos proches. - Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ? -  Aimeriez-vous vous retrouver dans la même situation ? -  Aimeriez-vous provoquer de tels sentiments chez quelqu’un d’autre ?

Que se passe-t-il donc ? Nous voulons aider et, finalement, nous faisons souffrir ? Pourquoi ?

Tout d’abord, il faut savoir critiquer.

Le tanna Rabbi Eliézer ben Azaria écrivait déjà qu’il doutait qu’il y eût à son époque (!!!) des personnes sachant critiquer.

Rachi explique comment critiquer correctement :
  1. avec respect
  2. de façon à ce que le visage de la personne ne change pas (c’est-à-dire sans la blesser ni la vexer le moins du monde).

Le critère d’une critique juste : elle entre facilement dans l’âme, en donnant envie d’en entendre davantage.

Le Gaon rémunérait le Maguid pour ses critiques.

Une critique qui écrase et blesse, qui est insultante et humiliante, est très dangereuse, avant tout pour celui qui critique. Le rav Dessler  écrit que D.ieu juge une telle personne comme quelqu’un qui méprise ses semblables et les blesse simplement pour son propre plaisir. Le châtiment pour cela est très lourd.

Deuxièmement, il est vrai que, souvent, dans la critique comme dans les querelles, nous sommes mus par des problèmes personnels plutôt que par le souci du bien de l’autre, le plus souvent :

  • la rivalité
  • l’orgueil
  • la colère
  • la conviction que tout doit se dérouler comme je m’y attends.

À suivre

Nous exprimons notre profonde gratitude à l’auteure, la rabbanite Esther Offengenden, ainsi qu’à la maison d’édition « Michpa’ha ké-Halakha » (www.mishpacha.ru) pour le droit de publier des chapitres du livre « La vie après le mariage ».