Nechama Cheli

Désir et motivation - Le rôle de la famille

Notre sujet d’aujourd’hui : « Comment donner à un enfant l’envie de faire ce qu’il faut ». Cela peut paraître peu clair, mais je vais m’expliquer. Par exemple, un enfant a le choix : aller étudier ou aller jouer. Qu’est-ce qui l’aidera à choisir l’étude ? Je voudrais donner quelques exemples tirés de la vie de notre famille et d’ailleurs pour illustr…

Rabbanite Léa Gans

Désir et motivation - Le rôle de la famille

Notre sujet d’aujourd’hui : « Comment donner à un enfant l’envie de faire ce qu’il faut ». Cela peut paraître peu clair, mais je vais m’expliquer. Par exemple, un enfant a le choix : aller étudier ou aller jouer. Qu’est-ce qui l’aidera à choisir l’étude ?

Je voudrais donner quelques exemples tirés de la vie de notre famille et d’ailleurs pour illustrer tout ce qui a été dit dans l’article précédent.

Par exemple, lorsqu’on termine la lecture de l’un des cinq livres de la Torah et qu’on arrive à « ‘Hazak ‘hazak venit’hazek », mon mari organise à la maison un quiz sur toutes les parachiot, avec des prix. Nos enfants l’attendent avec impatience. Un jour, il l’avait oublié, car il était fatigué ; les enfants l’ont aussitôt assailli : « Papa ! Comment ça ? Il n’y aura pas de quiz aujourd’hui ? » En général, le quiz commence avec les plus jeunes, puis on passe aux plus âgés. Les questions ne sont pas difficiles et sont adaptées au niveau de chacun. Chaque bonne réponse donne droit à un prix. Le plus intéressant, c’est que même nos gendres et nos belles-filles y participent avec plaisir.

Un autre exemple. Ma nièce a longtemps vécu avec son mari et leurs enfants dans un tout petit appartement loué.

Ils avaient investi de l’argent dans un projet de construction de logements à Kiryat Séfer. Quelque chose n’avait pas fonctionné, la société avait fait faillite, puis avait apparemment repris ses activités : toute une histoire. En attendant, ils avaient vécu de nombreuses années dans ce petit appartement. Récemment, ils devaient enfin recevoir les clés de leur propre appartement et y emménager. Toute la famille s’est réunie pour réfléchir à la manière et au moment de les féliciter. Que célébrer ? Quand offrir un cadeau ? Au moment où ils recevraient la clé ? Ou lorsque le camion chargé de meubles arriverait ? Ou lorsqu’ils commenceraient vraiment à y vivre ? Alors sa mère, la femme de mon frère, a dit : « Un instant. Réfléchissons : que célébrons-nous ici ? Que voulons-nous mettre en avant ? Il est évident que le moment le plus important de l’installation dans un appartement est celui où l’on pose les mézouzot ! »

C’est précisément cela qui montre qu’un foyer juif s’est établi ici, et non les clés ou le camion chargé d’affaires.

Et, effectivement, toute la famille s’est réunie pour la cérémonie de pose des mézouzot et a offert des cadeaux. C’est une véritable ‘hanoukat habayit, une consécration du foyer.

De nombreuses mères dont les fils ont atteint l’âge de la bar-mitsva s’efforcent de consacrer leur énergie à préparer un repas copieux et savoureux pour la célébration. Ma belle-fille célèbre cet événement autrement.

Elle aussi se donne du mal pour le repas, mais l’essentiel, à ses yeux, est la dimension spirituelle de la célébration. Ils réunissent un minyan de proches, et le jeune célébré fait un siyoum — une cérémonie marquant l’achèvement de l’étude d’un traité de Guemara ou d’une section de la Michna. Il verse un peu de son vin à chacun des présents, et son père récite un Kaddich particulier. Les autres invités arrivent ensuite. Ainsi, maman et papa montrent ce qui compte vraiment pour eux dans cette célébration.

Lorsque nos enfants étaient petits, ma belle-sœur Naomi Munk organisait une fête pour les enfants chaque Chabbat mévarkhim (le Chabbat précédant le début du nouveau mois). Elle réunissait les petits et récitait avec eux les bénédictions du mois, puis ils faisaient une ronde autour de la table, chantaient et dansaient. Cela réchauffait beaucoup les cœurs et créait une atmosphère joyeuse à la maison. Un jour, j’ai vu cela chez elle et j’ai instauré cette coutume chez moi. Les grands enfants prient à la synagogue, tandis que les petits fêtent l’arrivée du nouveau mois avec maman à la maison. Nous préparons aussi un repas de fête.

Ainsi, les enfants voient que le début de chaque mois est pour nous une fête, un moment de joie.

Un fils qui étudie déjà à la yéchiva termine de temps à autre l’étude d’un traité. Bien sûr, maman est très occupée, mais au milieu de toutes ses tâches, elle doit trouver le temps de sourire et de le féliciter. Pas à la hâte. Il faut s’arrêter et réfléchir aux mots qui souligneront combien son étude et ses réussites comptent pour nous. Maman peut demander à son fils comment il souhaite célébrer cet événement, quel gâteau elle pourrait lui préparer, à quel moment il lui conviendrait de le fêter ensemble — pendant Chabbat ou en semaine — et s’il veut inviter des amis. Quand le fils voit que sa mère est émue, qu’elle accueille ses réussites avec une grande joie et qu’elles comptent pour elle, il accorde encore plus de valeur à son étude. Maman transmet ses émotions à son fils et lui donne ainsi l’envie de poursuivre son étude. Il voit en effet qu’au milieu de ses préoccupations et du tourbillon de la routine quotidienne, malgré la fatigue, elle a trouvé le temps de se réjouir pour lui.

Cela signifie que ce qu’il fait est vraiment important.

Mais si maman ne manifeste aucune joie ou n’y prête aucune attention, la prochaine fois, l’enfant en parlera à contrecœur ou ne dira rien du tout. Son attitude envers sa propre étude sera à l’avenant. Si maman s’en moque, moi aussi.

Nous savons que c’est précisément ce qui s’est passé avec l’observance du Chabbat en Amérique. Parmi les enfants de familles juives venues d’Europe, certains sont restés pratiquants, tandis que d’autres ont tout abandonné. Tous leurs parents étaient religieux et craignaient D.ieu. En arrivant en Amérique, ils se sont heurtés à l’impossibilité de conserver un emploi tout en observant le Chabbat, mais ont continué à l’observer avec dévouement. Un homme se faisait embaucher et travaillait toute la semaine comme les autres. Mais le vendredi après-midi, il se préparait à rentrer chez lui en prévenant son patron qu’il ne viendrait pas le samedi. On lui versait alors son solde et on le licenciait. Lorsque ce père bouleversé rentrait chez lui, sa famille l’accueillait et voyait sa réaction. Si papa disait en gémissant : « Et voilà. J’ai encore perdu mon emploi. Le patron m’a licencié parce que j’observe le Chabbat. Que de souffrances nous endurons à cause du Chabbat ! », les enfants percevaient eux aussi le Chabbat comme une souffrance. Mais si papa souriait et disait : « Eh bien ! Nous avons eu le mérite de passer encore un Chabbat en Juifs ! C’est une épreuve, et nous avons tenu bon ! Par le mérite de ce Chabbat, le Tout-Puissant ne nous abandonnera pas ! », dans ces familles, bien sûr, les enfants voyaient le Chabbat comme une fête, une joie dont on ne se sépare pas. Dans les deux familles, les parents observaient le Chabbat ; la différence résidait dans leur attitude face aux sacrifices que cela exigeait.

Quant aux filles, nous ne manquons jamais de les féliciter pour leurs bonnes actions.

Féliciter et valoriser chaque bonne action, en parler à voix haute à la maison. Évoquer encore et encore les bonnes actions qu’elles accomplissent à notre demande ou de leur propre initiative, en parler aux grands-parents et aux voisines. Montrer à quel point les examens portant sur les lois juives comptent davantage pour nous que les examens dans les matières profanes. Cela déterminera, dans l’esprit de l’enfant, ce qui est important pour nous.

Voici une situation. Le calme s’est enfin installé dans la maison, et une fille adulte s’est assise pour réviser l’examen du lendemain. Il lui reste encore énormément de matière à revoir, et elle est nerveuse. Mais voilà que papa lui demande de lui préparer un verre de thé. Elle laisse tout et court répondre à sa demande. Il faut absolument la féliciter pour cela et le souligner, afin qu’elle ait envie de renouveler sa bonne action et qu’elle se construise un système de valeurs juste.

Préparé par Mme Zissi Skarjinskaïa

Pour la guérison de Galia ‘Haya Brakha bat Myriam