Nechama Cheli

Deux règles importantes de l’éducation

« Éduque le jeune homme selon sa voie, et il ne s’en détournera pas, même lorsqu’il sera vieux » (Michlé 22:6). On sait que chaque Juif possède des inclinations et des aptitudes qui lui sont propres, et qu’il doit les utiliser pour servir le Créateur. Le roi Salomon nous enseigne ce principe dans le livre de Michlé (22:6) par les paroles sui…

Rav Réouven Koukline

Deux règles importantes de l’éducation
« Éduque le jeune homme selon sa voie, et il ne s’en détournera pas, même lorsqu’il sera vieux » (Michlé 22:6)

On sait que chaque Juif possède des inclinations et des aptitudes qui lui sont propres, et qu’il doit les utiliser pour servir le Créateur.

Le roi Salomon nous enseigne ce principe dans le livre de Michlé (22:6) par ces paroles : « Guide le jeune homme selon sa voie, et il ne s’en détournera pas, même lorsqu’il sera vieux. » Le Gaon de Vilna explique qu’il faut éduquer l’enfant en fonction de son caractère (« la voie qui est la sienne »), de ses inclinations. Si on le guide sur une voie qui lui convient, il ne la quittera pas, même dans sa vieillesse (« et il ne s’en détournera pas, même lorsqu’il sera vieux »). En revanche, si on le force à changer sa nature, son caractère, il obéira peut-être sur le moment, par peur. Mais plus tard, lorsque « son cou sera libéré du joug », il quittera inévitablement cette voie, car l’homme ne peut pas vaincre sa propre nature.

Nous trouvons sur le verset cité plus haut un autre commentaire, qui exprime un autre principe fondamental de l’éducation.

Il s’agit du commentaire de l’un des plus grands sages de la Torah et d’un grand guide spirituel : Rabbénou Yona. Selon lui, ce verset nous enseigne qu’il faut inculquer au jeune homme de bonnes qualités et lui apprendre à bien agir progressivement, sans lui imposer d’emblée toutes les vertus que nous souhaitons le voir acquérir. À chaque étape, affirme Rabbénou Yona, que l’éducateur enseigne au jeune homme des choses qui correspondent à sa nature, que son intelligence peut comprendre et pour lesquelles il dispose de forces spirituelles et physiques suffisantes. L’éducateur fera ainsi progresser son élève peu à peu, en lui ajoutant chaque fois un travail qui correspond à sa nature. « Car, explique Rabbénou Yona, il est impossible d’atteindre la perfection en une seule fois. »

Des commentaires du Gaon de Vilna et de Rabbénou Yona, nous apprenons deux règles importantes de l’éducation : il faut guider et éduquer le jeune homme en fonction de ses inclinations, sans tout lui imposer d’un coup.

Ces deux recommandations ont une même raison : les bonnes qualités doivent devenir une seconde nature, ce qui n’est possible que lorsque le travail spirituel correspond à la nature de la personne.

Il faut enseigner de la même manière à l’élève la sagesse de la Torah, en lui apprenant des choses à la portée de sa compréhension. Au sujet du métier, nos sages ont dit (Kiddouchin, 82a) qu’il convient d’apprendre à son fils un métier facile et pur (exempt de péché). Dans son commentaire du traité Berakhot (63a), le Gaon de Vilna écrit que l’homme doit se laisser guider par des critères semblables dans l’étude de la Torah : son étude doit être pure (dans ses intentions : désintéressée, au nom du Ciel), mais aussi facile, sans dépasser ses capacités intellectuelles, afin qu’il ne se lasse pas de l’étude,  et ne s’y oppose pas. Il faut également enseigner à l’élève dans une atmosphère calme et agréable, sans pression excessive. Dans sa lettre à sa femme, après avoir décrit les bonnes méthodes pour enseigner la Torah, le Gaon de Vilna ajoute : « N’exerce pas trop de pression sur les enfants, car l’étude ne s’enracine dans le cœur que lorsqu’on étudie la Torah dans le calme. »

Ce qui précède vaut non seulement pour la bonne manière de guider les élèves, mais aussi pour le travail spirituel et l’étude de la Torah de chacun.