Nechama Cheli

Deuxième leçon - Ne pas suivre le principe d’Essav

Deuxième leçon. Ne pas suivre le principe d’Essav Encore un enseignement que nous pouvons tirer du patriarche Yaakov. Lorsque les frères se rencontrent, Essav dit : « J’en ai beaucoup, mon frère » (Béréchit, 33:9), tandis que Yaakov répond : « J’ai tout (ce qu’il me faut) » (33:11). Tous ceux qui sont éloignés de la Torah et des mitsvot se comportent …

Rabbanite Léa Gans

Deuxième leçon - Ne pas suivre le principe d’Essav

Deuxième leçon. Ne pas suivre le principe d’Essav

Encore un enseignement que nous pouvons tirer du patriarche Yaakov. Lorsque les frères se rencontrent, Essav dit : « J’en ai beaucoup, mon frère » (Béréchit, 33:9), tandis que Yaakov répond : « J’ai tout (ce qu’il me faut) » (33:11). Tous ceux qui sont éloignés de la Torah et des mitsvot se comportent comme Essav : j’en ai beaucoup, mais j’en veux encore — encore plus de plaisirs matériels, puisqu’il est impossible de s’en rassasier. « Il en a cent, il en veut deux cents ». L’approche de Yaakov est : ce que j’ai me suffit (il avait effectivement assez ; à ce moment-là, Yaakov était riche, mais il se comportait déjà ainsi auparavant). Et il en remerciait le Tout-Puissant.

Une personne ne peut pas s’investir dans la même mesure dans le monde matériel et dans le monde spirituel.

À notre époque, des sommes considérables sont investies dans la recherche du plaisir. Il n’est pas nécessaire de convaincre une personne de boire du « Cola » ; il faut la convaincre qu’en buvant du « Cola », elle éprouvera un plaisir qui n’est pas de ce monde et deviendra infiniment heureuse. C’est pourquoi 80% du prix du produit correspond au coût de sa publicité. La publicité s’est même infiltrée dans notre monde (religieux) : par exemple, avant la fête de Chavouot, une publicité affirmait que, sans une tasse de café d’une certaine marque, un élève de yéchiva ne pourrait pas étudier la nuit ! C’est, paraît-il, déjà une tradition : impossible d’y déroger. Ou encore, à Méron, lors de Lag Baomer, à l’endroit où l’on allume le grand feu central, on avait accroché une publicité pour un snack, des chips, qui jouait sur le mot madlik (« formidable », mais aussi « qui allume »), comme si, sans chips, allumer un feu en l’honneur de Rabbi Chimon bar Yo'haï n’était plus la même chose. Toutes les « promotions » fonctionnent selon le principe d’Essav : achetez-en deux, recevez le troisième en cadeau (« j’en ai beaucoup » !) — deux, c’est beaucoup, mais 3, c’est encore plus ! Ils comprennent parfaitement la nature humaine ! La maison s’encombre d’objets inutiles, achetés parce qu’« il y avait une promotion » (« mivtsa »). Nous nous laissons tous gagner par cette soif de posséder. Ce sentiment s’exacerbe particulièrement à la fin de l’exercice financier : tout le monde a couru faire des achats, et moi aussi.

Yaakov nous enseigne le sens des proportions.

Bien sûr, une personne a besoin de « pain à manger et de vêtements pour se couvrir » (Béréchit, 28:20), mais il ne faut pas en faire le principal objectif de sa vie. Il arrive que, dans une maison, on n’entende parler que de cela : où trouver quelles réductions, dans quel magasin aller de préférence acheter tel objet, quand a lieu le « jour de marché », quand arrive la « fin de saison »… Si un enfant voit qu’on lui a seulement fait une remontrance pour avoir allumé la lumière pendant Chabbat, mais qu’il a reçu une gifle et subi des hurlements furieux pour avoir cassé un vase, il comprend immédiatement ce qui compte réellement pour ses parents. Vous pouvez ensuite lui dire autant que vous le voulez que la Torah et les mitsvot sont plus importantes…

Si une mère considère qu’il est plus important pour sa fille d’arriver à temps aux soldes que d’avoir le temps de faire la prière de Min'ha, il n’est pas étonnant que les priorités de sa fille suivent cette logique. En règle générale, dans ce cas, on trouve toujours du temps pour aller faire les magasins, mais on en manque cruellement pour lire le livre des Téhilim. Les enfants sont très sensibles à ces choses-là, même si elles ne sont pas dites à voix haute.

Nous ne disons pas que le monde matériel ne nous intéresse pas, bien au contraire. Nous définissons seulement les proportions : ce qui est important et ce qui est secondaire.

À suivre

Texte préparé par : Mme Zissi Skarjinskaïa