Nechama Cheli

Disputes et désaccords — La controverse pendant l'étude de la Torah

Disputes et désaccords 8. L'interdit du lachone hara ne concerne pas les propos tenus à l'encontre de ceux qui attisent les querelles et brisent le climat d'unité dans la communauté juive. Mais là aussi, certaines restrictions s'appliquent. Les propos doivent viser à éteindre le feu des dissensions, et non l'inverse. (Cette ques…

Disputes et désaccords — La controverse pendant l'étude de la Torah

Disputes et désaccords

8. L'interdit du lachone hara ne concerne pas les propos tenus à l'encontre de ceux qui attisent les querelles et brisent le climat d'unité dans la communauté juive. Mais là aussi, certaines restrictions s'appliquent. Les propos doivent viser à éteindre le feu des dissensions, et non l'inverse. (Cette question est examinée en détail au chapitre 27)

9. Dans certains cas, pour ne pas entretenir une querelle, il est même souhaitable de sacrifier son amour-propre et sa position sociale.

10. Il convient de ne pas prêter attention aux attaques et aux insultes lorsqu’on sait qu’il s’agit d’une forme de provocation et d’une tentative de nous entraîner dans une querelle ou un jeu politique. La voie de la Torah consiste à rechercher la paix et l’unité, comme il est dit dans « Michlé »[1] (3:13) : « Ses voies sont des voies agréables, et tous ses sentiers sont paix. » Si une personne a la possibilité d’accomplir un commandement, mais que cela l’oblige à se mêler d’une querelle ou d’un quelconque scandale, les Sages lui conseillent, même dans ce cas, de s’abstenir de l’accomplir.

13. Les achats pour Chabbat. Si une personne n’a de quoi acheter que du vin ou des bougies de Chabbat, elle doit acheter les bougies. En effet, si la maison est plongée dans l’obscurité, les gens risquent de se disputer ou de se faire du mal. Il en va de même lorsqu’une personne dispose d’une somme qui ne suffit que pour des bougies de Hanoucca ou pour celles de Chabbat. Elle doit acheter la bougie qui éclairera la maison pendant Chabbat. Le Rambam explique que nous pouvons déduire ces lois du fait qu’il est permis d’effacer le Nom du Tout-Puissant pour rétablir la paix entre un mari et sa femme.

14. Si les personnes souhaitent réellement parvenir à la vérité en examinant une question et en en débattant, cela ne constitue pas une transgression.

Les Sages nous enseignent que de tels débats conduiront, en fin de compte, à la paix et à une juste solution. Le problème commence lorsque les intérêts personnels ou simplement l’orgueil passent au premier plan dans la discussion.

15. Même si les gens ont des opinions différentes, ils doivent se traiter avec respect et se garder des querelles inutiles. Le mérite du respect témoigné aux autres permet à une personne d’accéder à la vie dans le monde à venir. On sait que les disciples de Rabbi Akiva sont morts prématurément uniquement parce qu’ils ne se témoignaient pas suffisamment de respect.

16. Lorsqu’on étudie la Torah, au contraire, les discussions animées et les débats deviennent des éléments positifs. Il est même permis de contester les arguments de son maître afin de parvenir à une définition exacte ou de mieux comprendre ce qui est étudié. Mais, là encore, le désir de parvenir à la vérité et à une juste solution doit toujours primer. Il ne faut pas non plus oublier que, même au cours d’une discussion passionnée, on doit s’adresser à son maître avec un respect particulier.

17. Il est interdit d’étudier la Torah dans le but de s’élever au-dessus des autres et de leur montrer à quel point ils sont ignorants et éloignés de la véritable sagesse.

À propos de telles personnes, les Sages disaient : « Il aurait mieux valu pour cet homme ne pas venir au monde. » Il est également interdit de se moquer des paroles des Sages.

Par ailleurs, chacun doit témoigner un immense respect à ses parents et veiller à ne les blesser en rien. Si l’on constate que son père ou sa mère se trompe sur un point, il n’est permis de faire une remarque que sous la forme d’une question : « N’est-il pas écrit telle ou telle chose dans la Torah ? » Il est interdit de contredire ou de confirmer les paroles de ses parents. (C’est-à-dire de leur dire : « tu as raison » ou « tu as tort ».)


[1] L’un des livres de la troisième partie du Tanakh, les Écrits, connu en russe sous le titre « Proverbes de Salomon ». Il s’agit d’un recueil de sages maximes du roi Salomon.