Nechama Cheli

Echet ’Haïl - Elle n’éteint pas sa lampe de toute la nuit

Le verset suivant d’Echet ’Haïl : « Elle est ceinte de force, ses bras sont puissants... » Selon la tradition, il s’agit de Myriam. Pourquoi ? Dans le judaïsme, se ceindre exprime la force, la puissance et l’héroïsme ; il est nécessaire de se ceindre lorsqu’on doit faire ses preuves dans une situation assez difficile. Myriam a dû le faire au moins deux fois : premièrement, l…

Rabbanite Hava Kouperman

Echet ’Haïl - Elle n’éteint pas sa lampe de toute la nuit

Le verset suivant d’Echet ’Haïl :

« Elle est ceinte de force, ses bras sont puissants... »

Selon la tradition, il s’agit de Myriam. Pourquoi ? Dans le judaïsme, se ceindre exprime la force, la puissance et l’héroïsme ; il est nécessaire de se ceindre lorsqu’on doit faire ses preuves dans une situation assez difficile.

Myriam a dû le faire au moins deux fois : premièrement, lorsqu’elle alla à l’encontre de la volonté de Pharaon, qui avait ordonné de tuer les nouveau-nés juifs au moment même de l’accouchement, et deuxièmement, lorsqu’elle demanda à son père de reconsidérer sa décision de divorcer de sa mère. Il est très difficile pour un enfant d’intervenir dans les relations de ses parents. Mais Myriam intervint : « Ce que tu fais est un mal encore plus grave que celui que commet Pharaon, car son ordre ne vise que les garçons, alors que toi, tu empêches la naissance des garçons comme des filles. » Elle dit aussi à son père qu’il devait se souvenir que toutes ses décisions étaient celles d’un juste : elles seraient donc suivies, tandis que les décisions et les ordres de Pharaon, ce scélérat, ne seraient pas exécutés par tous, loin de là. Elle dit encore : « Je vois que de toi naîtra celui qui, à l’avenir, délivrera le peuple juif de l’esclavage. » Le père écouta sa fille et renoua son union avec sa femme.

Mais voilà que l’enfant naquit ; tous se réjouirent d’abord, puis s’attristèrent et demandèrent : « Myriam, qu’adviendra-t-il de ta prophétie ? »

Elle aussi s’en inquiétait. Au bout de trois mois, il devint impossible de continuer à cacher le nourrisson, et on le porta sur la rive du Nil. La Torah dit : « Sa sœur l’observait de loin, depuis les fourrés de la rive. » Pourquoi était-ce précisément Myriam qui l’observait, et non quelqu’un d’autre ? Parce que c’était elle qui était allée « veiller sur sa prophétie », protéger cette prophétie dont elle se sentait responsable.

La tradition orale dit que chaque verset d’Echet ’Haïl se rapporte également à Sarah. Une fois l’analyse principale terminée, nous examinerons aussi ce lien. Pour l’instant, disons seulement que, lorsque les anges vinrent chez Abraham, il demanda à sa femme de leur faire du pain. En préparant les hallot, Sarah prit pour chaque invité un séa de farine, soit trois séa en tout. Cela représente environ 24 kg !

« Voyant que son travail est bon, elle n’éteint pas sa lampe de toute la nuit… »

Il s’agit d’une nuit précise.

Selon une opinion, il est question de Batya, la fille de Pharaon, et de la nuit où furent mis à mort tous les premiers-nés d’Égypte, hommes et femmes. Batya était elle aussi une première-née et devait mourir cette nuit-là. Dans son livre « Michlé », Salomon dit que « la lampe du Tout-Puissant » est l’âme humaine. Le fait que la lampe ne s’éteigne pas signifie que Batya restera en vie cette nuit-là.

Que signifie « elle vit que son travail était bon » ? Elle vit que ce qu’elle avait accompli était particulièrement bon ; elle le constata de ses propres yeux.

Expliquons cela plus en détail.

Il est dit que, lorsque Moïse naquit, Yokhéved vit qu’il était bon et le cacha pendant trois mois. (Bien entendu, toutes les mamans pensent que leurs enfants sont les meilleurs, mais ce que Yokhéved avait vu était particulièrement bon : l’enfant était né circoncis. Grâce à cela, il reçut l’un de ses noms, Touvia, « Bon de D-ieu ».) Et Batya, en ouvrant les vêtements de l’enfant sauvé, vit la même chose et comprit qu’elle avait sauvé non pas un nourrisson ordinaire, mais un nourrisson exceptionnel, et que, pour cette raison, son âme ne s’éteindrait pas.

Selon une autre opinion, le verset cité parle de Hanna.

« Elle a goûté et vu que c’était bon » : il s’agit de la prière. Hanna nous a donné les règles et les thèmes de la prière. Son fils Samuel, dont elle avait imploré la naissance auprès du Tout-Puissant, est le seul à être comparé à Moïse et à Aaron. (Dans le psaume 99, que nous récitons pour accueillir le Chabbat, il est dit : Moïse et Aaron sont parmi Ses serviteurs, et Samuel parmi ceux qui invoquent Son Nom, qui Le prient.)

C’est pourquoi Samuel, le fils de Hanna, est lui aussi tov — bon, comme Moïse.

La phrase « Sa lampe ne s’éteindra pas pendant la nuit » fait écho à ce qui est dit dans le livre de Samuel 1 (chapitre 3, verset 3) : « La lampe de D-ieu ne s’était pas encore éteinte, et Samuel était couché dans le Sanctuaire de l’Éternel, où se trouvait l’Arche de D-ieu. » (Il s’agit du Michkan de Chilo, où le prophète Samuel reçoit une prophétie.)

à suivre

Nous remercions le magazine « La Voix de Jacob » et personnellement Mme Alla Feldman pour le contenu fourni.