Rabbanite Hava Kouperman
La semaine dernière, nous avons commencé à étudier le chant « Echet 'Haïl ». Aujourd'hui, nous allons y revenir et tenter de l'analyser plus en profondeur.
Dans toute chose qui a une certaine étendue, le plus important est le début et la fin.
(Cela concerne, par exemple, un chemin qu'il faut emprunter, mais qu'il faut aussi parcourir jusqu'au bout pour arriver, à la fin du trajet, là où l'on avait prévu d'aller ; cela concerne la construction du Temple, mais aussi d'un simple immeuble d'habitation, et de tout ouvrage en général ; cela concerne la préparation des repas, la grossesse, la culture d'un champ... Supprimez le début ou la fin, et il ne vous restera rien !)
Echet 'Haïl constitue la fin des Proverbes de Salomon. Et ce n'est pas un hasard.
Selon la tradition orale, si un homme a une bonne épouse, le bien qu'elle lui fera est sans limites. Si son épouse est mauvaise, le mal qu'elle commettra envers son mari est sans limites.
Au premier niveau de lecture, Echet 'Haïl symbolise bien sûr la Femme. Mais nous comprenons que chaque élément des proverbes de Chlomo possède aussi des niveaux plus profonds, toute une série de niveaux.
Ainsi, par exemple, Chlomo compare la Torah, le peuple juif et l'âme à une femme. Et le fait que le chant Echet 'Haïl termine le livre de « Michlé », qu'il le couronne en quelque sorte, montre combien la Femme est importante aux yeux de Chlomo.
La tradition orale dit que chaque ligne d'Echet 'Haïl correspond à l'une de nos femmes justes.
Selon une autre tradition, Salomon a intégré dans Michlé certaines paroles prononcées avant lui. Ainsi, selon la tradition, le premier à avoir récité Echet 'Haïl fut Abraham, alors qu'il pleurait Sarah.
Echet 'Haïl symbolise une femme capable de tout. Le premier verset parle d'elle avec admiration.
« Qui trouvera une épouse si parfaite ? Sa valeur dépasse celle des perles »...
Si parfaite que sa valeur « dépasse celle des perles » ? Que signifie cette comparaison avec les perles ? Pourquoi les perles pâlissent-elles devant la femme ?
En hébreu, les perles se disent pninim — c'est-à-dire ce qui est à l'intérieur. Pour trouver une perle, il faut plonger (en profondeur, sous la masse des eaux) et trouver un coquillage. Il faut ensuite ouvrir ce coquillage et en extraire pour la mettre au jour cette précieuse petite graine, la perle. La perle se trouve donc deux fois à l'intérieur. Ce qui symbolise la femme, c'est la modestie, la discrétion. Elle est celle qui peut tout faire, mais qui ne se met pas en avant ; elle reste toujours dans l'ombre, à l'intérieur de la maison, de la famille, derrière son mari. Elle est active et très modeste.
On considère que la question « qui trouvera une épouse si parfaite ? » fait allusion à l'épouse de Noa'h. Dans la génération de Noa'h, il était presque impossible de trouver une femme juste comme elle. Pendant le Déluge, elle et ses belles-filles devaient aider Noa'h jour et nuit à s'occuper des animaux qui se trouvaient dans l'Arche. Cela leur demandait à la fois de la droiture et un travail plein d'abnégation.
(Il est intéressant de noter que 'Haïl a pour guématria 48, la même que le mot cerveau (moa'h). Cela renferme une allusion au fait que, le plus souvent, la femme est le cerveau de sa maison, de sa famille).
« Le cœur de son mari a confiance en elle : les gains ne seront pas gaspillés. Elle lui rend le bien, et non le mal, tous les jours de sa vie »...
Le cœur de son mari peut être tranquille : il ne manquera de rien. Selon la tradition (d'après l'un des avis), ce verset fait référence à Sarah. Même lorsqu'elle fut enlevée à Abraham à deux reprises — la première fois pour être emmenée dans la maison de Pharaon, la seconde dans celle d'Avimélekh, roi de Palestine —, le cœur de son mari était tranquille à son sujet, il avait confiance en elle. Ni Pharaon ni Avimélekh n'osaient la déshonorer. Elle se trouvait à un niveau spirituel si élevé que cela était absolument impossible. Et malgré tout cela, elle quitta leurs maisons avec de riches présents.
« Elle lui rend le bien, et non le mal, tous les jours de sa vie »...
Une tâche extrêmement difficile... Il est pratiquement impossible de ne faire que du bien sans causer de mal en même temps. Dans la vie quotidienne, si nous faisons quelque chose très bien, autre chose manque forcément de notre attention et de nos forces.
(Avez-vous déjà essayé de préparer un repas somptueux et de mettre la maison dans un ordre impeccable, en même temps ?! Alors vous savez que, si le repas est réussi, le rangement sera fait tant bien que mal, ou l'inverse ; être irréprochable en tout est loin d'être à la portée de toutes les femmes... Si je fais face à quelqu'un, quelqu'un d'autre ne voit que l'arrière de ma tête).
Selon le Midrach Ha-Gadol, cette ligne fait référence à Rivka.
à suivre