Nechama Cheli

Échet ‘hayil - elle gère la maison

Elle veille à la bonne marche de sa maison et ne mange pas le pain de l’oisiveté... Il s’agit de la femme d’Abdias, intendant de la cour du roi Achab. Édomite, Abdias conserva une âme juste, se convertit au judaïsme et sauva de la mort cent prophètes, parmi lesquels le prophète Élisée. (Sa femme le soutenait en tout. Nous en avons parlé en détail …

Rabbanite Hava Kouperman

Échet ‘hayil - elle gère la maison

Elle veille à la bonne marche de sa maison et ne mange pas le pain de l’oisiveté...

Il s’agit de la femme d’Abdias, intendant de la cour du roi Achab. Édomite, Abdias conserva une âme juste, se convertit au judaïsme et sauva de la mort cent prophètes, parmi lesquels le prophète Élisée. (Sa femme le soutenait en tout. Nous en avons parlé en détail dans un précédent article). Pourquoi dit-on de la femme d’Abdias qu’elle « veille à la bonne marche de sa maison » ?

Parce qu’elle ne peut pas permettre que ses enfants deviennent esclaves dans la maison d’un roi injuste. Rappelons-le : devenue veuve et privée de moyens de subsistance, cette femme ne peut pas rembourser les dettes de son mari (contractées pour sauver les prophètes). Ses enfants sont menacés : à cause des dettes de leur père, ils seront réduits en esclavage dans la maison du roi. Elle se précipite alors auprès du prophète Élisée et le supplie de prier et de demander à D.ieu qu’elle puisse devenir financièrement indépendante, qu’elle puisse « ne pas manger son pain gratuitement ».

Élisée accomplit alors pour elle un double miracle, ou, comme on le dit aussi, « un miracle dans le miracle ».

Premièrement, on trouve de l’huile dans la maison de la veuve ; deuxièmement, cette huile devient inépuisable.

Le verset cité plus haut se prête aussi à une interprétation plus générale. Une épouse véritablement juste dirige sa maison de manière que tous ses membres fassent ce qui est nécessaire. Et si quelqu’un ne fait pas quelque chose, elle le fait à sa place. (Si l’un n’a pas eu le temps, si l’autre n’a pas terminé ou a abîmé quelque chose, c’est la mère, la maîtresse de maison, qui répare tout et remet tout en ordre).

Ses fils la louent, et son mari la célèbre...

Pour traduire ce verset de l’hébreu, on peut employer aussi bien le mot « louent » que le mot « affirment ».

Les qualités des parents se manifestent (s’affirment) chez leurs enfants.

On considère que si les enfants sont bons, le mérite en revient au père ; s’ils sont mauvais, c’est que la mère n’a pas suffisamment fait son travail (Salomon le dit à plusieurs endroits du livre des Proverbes : « Un fils sage réjouit son père, un insensé fait le chagrin de sa mère »). Les enfants perçoivent et remarquent plus tôt les vertus et les qualités de leur mère ; le dernier à reconnaître son mérite dans leur éducation est son mari. Et c’est tout à fait juste. Car, en matière d’éducation, la mère est obligée de manipuler doucement son mari, en faisant en sorte qu’il ne s’en aperçoive pas.

Le Tout-Puissant nous a créées capables de manipuler. Mais si une femme manipule dans son propre intérêt, ce n’est pas bien ; en général, une telle femme n’est pas aimée. En revanche, lorsqu’elle le fait pour les autres, c’est magnifique.

Selon une autre interprétation, il s’agit de la Sunamite, dont nous avons également déjà parlé en détail.

Elle discerna mieux que son mari qui était le prophète Élisée : elle comprit qu’il était un juste en remarquant qu’aucune mouche ne volait au-dessus de lui lorsqu’il mangeait. C’est elle qui persuada son mari d’agrandir leur maison spécialement pour le prophète Élisée, sachant que celui qui donne de ses biens à un sage pour lui offrir nourriture, eau et abri est comparable à celui qui apporte chaque jour des sacrifices à D.ieu. Et elle, qui n’avait pas d’enfant, connut un miracle : un fils lui naquit. Lorsqu’il mourut, Élisée le ramena à la vie : « le fils se leva ».

On considère que c’est grâce aux mérites de la Sunamite que le Tout-Puissant répondit au roi Ézéchias, atteint d’une maladie mortelle, et lui accorda la guérison lorsqu’il implora : « Tu as rendu la vie au fils d’une femme qui a construit une maison pour ton prophète. Mais mon ancêtre, le roi Salomon, a édifié une Maison pour Toi-même ! »

à suivre

Nous remercions le magazine « La Voix de Jacob », ainsi que Mme Alla Feldman personnellement, pour les textes mis à notre disposition.