Nechama Cheli

Echet 'Hayil - Tu les surpasses toutes

Nombreuses sont les femmes vertueuses, mais toi, tu les surpasses toutes... Il est ici question de Ruth. D’elle est issue une lignée de justes ; les rois David et Salomon sont ses descendants. En hébreu, la racine du mot Ruth se traduit par « désaltérer ». Il est dit que David, descendant de Ruth, fut celui qui « désaltéra » le Très-Haut par ses louanges…

Rabbanite Hava Kouperman

Echet 'Hayil - Tu les surpasses toutes

Nombreuses sont les femmes vertueuses, mais toi, tu les surpasses toutes...

Il est ici question de Ruth. D’elle est issue une lignée de justes ; les rois David et Salomon sont ses descendants.

En hébreu, la racine du mot Ruth se traduit par « désaltérer ». Il est dit que David, descendant de Ruth, fut celui qui « désaltéra » le Très-Haut par ses louanges et ses chants.

« Tu les surpasses toutes, — dit Booz en s’adressant à Ruth (Ruth, chapitre 3, versets 10-11), — que l’Éternel te bénisse, ma fille ! ...Tu n’as pas suivi les jeunes gens, ni les pauvres ni les riches. Maintenant donc, ma fille, ne crains rien ! Tout ce que tu diras, je le ferai pour toi, car tous les gens aux portes de mon peuple savent que tu es une femme vertueuse. »

En effet, Ruth va trouver le vieux Booz et lui propose le mariage, pour son défunt mari et sa belle-mère Noémi, plutôt que pour elle-même. Ruth accomplit le commandement de perpétuer la lignée de son défunt mari.

Le charme est trompeur, la beauté passera, mais la gloire de la femme qui craint D.ieu demeurera.…

Les mots « le charme est trompeur » se rapportent à la reine Vashti, épouse du roi Assuérus. La femme qui craint D.ieu, c’est Esther.

Le verset cité est également étudié en rapport avec Sarah. Elle comptait parmi les plus grandes beautés du monde, mais son mérite principal était qu’avant même le don de la Torah, elle observait, avec son mari Abraham, toute la Torah, de « aleph » à « tav ». C’est pourquoi il est dit que, lorsque Abraham pleura Sarah, il la pleura de « aleph à tav».

Selon une tradition qui nous a été transmise, les psaumes 111 et 112 sont des acrostiches couvrant tout l’alphabet, dans lesquels sont loués Abraham et Sarah, qui observaient toute la Torah. (Chaque verset de ces psaumes contient au moins deux lettres de l’alphabet).

En hébreu, le verset que nous étudions se présente ainsi : « Chéker ha-'hen vé-hével ha-yofi ».

Le Maharal donne le commentaire suivant. Adam et Noé avaient chacun trois fils. Un juste, un méchant et un qui n’était ni l’un ni l’autre. Cham et Caïn se correspondent : ce sont les fils impies ; Sem et Seth sont les justes. Quant à Abel, il correspond à Japhet : ils ne sont ni l’un ni l’autre.

Examinons donc le sens de ce verset à la lumière de ce qui précède : chéker — c’est le mensonge, ha-'hen — le charme ('hen a la même racine que le mot 'hinam — « gratuitement »).

Le charme est une chose relative et trompeuse. Lorsqu’on dit de quelqu’un : « Cet homme a trouvé grâce à mes yeux », cela ne signifie absolument pas qu’il est objectivement bon. Cela veut seulement dire « à mes yeux ».

Ce que voient les yeux se révèle trop souvent trompeur et faux. C’est pourquoi le charme est qualifié de mensonge.

hével — ce sont les vapeurs qui s’échappent de la bouche des gens lorsqu’ils parlent, cette vapeur qui sort avec le souffle et se dissipe sans laisser de trace. Le verset dit : « vé-hével ha-yofi». («yofi », c’est-à-dire la beauté, et « Japhet » sont très proches).

Faisons une petite digression pour mieux comprendre ce verset. En hébreu, trois mots désignent la vapeur : 1) la vapeur qui participe au cycle naturel de l’eau — ed (ce sont aussi les deux premières lettres du nom de l’homme), 2) kitor — la vapeur chaude qui produit de l’énergie, et 3) hével — ces mêmes vapeurs qui sortent de la bouche de l’homme lorsqu’il parle, dont nous avons parlé plus haut. Dans son livre « Qohélet », le roi Salomon désigne tout ce qui existe et tout ce qui se passe dans le monde par le terme « hével », c’est-à-dire une vapeur qui s’envole, la vanité. Tout comme hével (la vapeur, la vanité) disparaît à jamais sans laisser de trace, le deuxième fils d’Adam, Abel, est mort sans rien laisser derrière lui.

Dans le Zohar, il est dit que tout dans le monde est hével, parce que tout repose sur la parole.

La beauté est une chose absolument objective ; ce n’est pas le 'hen, qui dépend d’un regard subjectif. En hébreu, yofi signifie non seulement la beauté, mais aussi l’harmonie parfaite. Ainsi, par exemple, le corps humain ne paraîtra ni beau ni harmonieux si toutes ses parties ne sont pas strictement proportionnées les unes aux autres. (Imaginez : le petit doigt et le nez doivent avoir la même longueur !). C’est pourquoi on ne peut pas dire de la beauté qu’elle est une sottise ou un mensonge. La beauté est absolue. Mais sans doute personne ne doute qu’elle soit vanité (hével), éphémère comme la vapeur qui sort de la bouche lorsqu’on parle. Et il faut reconnaître que, même en le comprenant, il nous est impossible de moins apprécier la beauté.

Dans Michlé sont présentés trois types de femmes : échet 'hen (charmante), icha yafa (belle), et yirat Hachem — la femme qui craint le Très-Haut.

Et Echet 'Hayil se termine par le verset suivant :

Récompensez-la pour son travail ! Louez ses œuvres à toutes les portes !

Le dernier verset parle de toutes les femmes justes et cachères. Comme l’ont dit les Sages, le Très-Haut a fait aux femmes justes une plus grande promesse de récompense qu’aux hommes.

Et quiconque épouse une femme cachère est comme s’il observait toute la Torah de « aleph » à « tav ». C’est pourquoi Salomon loue lui aussi la femme de « aleph » à « tav ». Comme il est dit dans le psaume 98, grâce aux mérites des femmes, le Très-Haut « S’est souvenu de Sa miséricorde et de Sa promesse à la Maison d’Israël ». La maison, c’est la femme.

Il en fut de même lors du don de la Torah (Chemot 19:3) : « Et Moïse monta vers le Tout-Puissant, et D.ieu l’appela de la montagne, disant : « Ainsi parleras-tu à la Maison de Jacob, tu diras aux enfants d’Israël... »

La maison, ce sont les femmes.
Nous remercions le magazine « Golos Yaakov » ainsi que Mme Alla Feldman personnellement pour le contenu fourni.