Nechama Cheli

Éloigne-toi du mensonge - L’honnêteté

S’éloigner du mensonge 6. Lorsqu’on raconte quelque chose sur quelqu’un, même si le récit est véridique et rapporté fidèlement, il faut tenir compte du moment, de la situation et du cercle dans lequel on a décidé de le partager. Par exemple, si l’on dit de quelqu’un : « Il n’a pas vendu son 'hamets[1] (levain) » — pour beaucoup, cela…

Éloigne-toi du mensonge - L’honnêteté

S’éloigner du mensonge

6. Lorsqu’on raconte quelque chose sur quelqu’un, même si le récit est véridique et rapporté fidèlement, il faut tenir compte du moment, de la situation et du cercle dans lequel on a décidé de le partager. Par exemple, si l’on dit de quelqu’un : « Il n’a pas vendu son 'hamets[1] (levain) », pour beaucoup, cela peut signifier que la personne en question ne respecte pas les lois de Pessa'h. Pourtant, elle n’a peut-être effectivement pas vendu son 'hamets, mais seulement parce qu’il ne restait aucun produit levé dans sa maison ! En plus de l’interdiction de la médisance, l’interdit « éloigne-toi du mensonge » est également transgressé ici.

7. Si l’on déforme volontairement les faits pour faire rire les gens et que tout le monde le sait, par exemple dans le cadre d’un programme de divertissement, l’interdit n’est pas transgressé. Les personnes particulièrement vertueuses, qui cultivent la vertu de la 'hassidout, s’efforcent de se tenir à l’écart des plaisanteries et des spectacles fondés sur une manipulation des faits, car il arrive qu’une plaisanterie soit prise au sérieux.

8. Les justes s’efforcent de veiller à la pureté de leurs pensées et de ne pas se permettre de réfléchir à des idées fausses ni de mentir, même en pensée. Car nos pensées se transforment peu à peu en sentiments, qui, à leur tour, nous poussent à agir.

**** Rabbi Yaakov Kamenetsky était un homme d’une grande sagesse et d’une grande probité. Tous ceux qui le connaissaient percevaient l’aversion qu’il éprouvait pour le mensonge et la tromperie. Selon ses propres paroles, depuis qu’il avait atteint l’âge de comprendre ce qu’est le mensonge, il n’avait pas menti une seule fois de sa vie, et c’était précisément grâce à cela que le Tout-Puissant lui avait accordé santé et longévité.

L’honnêteté était si profondément ancrée en lui qu’il lui était très difficile de comprendre son maître au héder, qui le soupçonnait parfois de mentir (comme tous les autres enfants) et le punissait même pour cela.

Lorsque Yaakov avait seize ans, Rabbi Nathan Tsvi Finkel, que l’on appelait l’Alter de Slobodka, l’invita, avec d’autres élèves, au séder de Pessa'h. On servit des préparations à base de farine de matsa.

Pour une raison ou une autre, le jeune homme eut des doutes sur la cacherout de ces aliments et décida de ne pas en manger. Lorsqu’on lui demanda pourquoi il ne mangeait pas, il répondit qu’il ne mangeait pas de « matsa chrouya », de la matsa trempée. (Nombreux sont ceux qui adoptent une pratique plus stricte et ne mangent la matsa, à Pessa'h, que sous sa forme d’origine.)

En réalité, chez lui, personne ne suivait de pratique plus stricte concernant la « matsa trempée », et, bien sûr, il en avait lui-même mangé pendant toutes ces années. Mais puisqu’il avait déjà dit aux autres qu’il ne mangeait pas de tels produits à Pessa'h, cela devint pour lui une nouvelle règle pour toute sa vie. Une fois marié, il n’exigea pas des membres de son foyer qu’ils observent cette pratique plus stricte, mais il respecta toujours lui-même ce qu’il avait dit autrefois, afin qu’il ne s’avère pas, à Dieu ne plaise, qu’il avait menti.

On raconte qu’un jour, rav Kamenetsky reçut une convocation à se présenter au bureau de recrutement de l’armée russe. Lorsqu’il arriva, l’un des officiers l’accusa d’être déjà venu la veille, mais sous un autre nom. Le jeune homme répondit : « Je n’ai jamais menti de ma vie. » Ses paroles et son sérieux impressionnèrent tant les officiers qu’ils le laissèrent partir.

 

[1] À Pessa'h, aucun produit levé ne doit rester en possession d’un Juif. Il existe différentes manières de se débarrasser du 'hamets ; l’une d’elles est de le vendre à un non-Juif. Après Pessa'h, les non-Juifs sont généralement heureux de le revendre aux Juifs, car ils reçoivent davantage que ce qu’ils avaient payé auparavant. Malgré cela, pendant Pessa'h, le 'hamets leur appartient entièrement et ils peuvent en disposer à leur guise, même s’il est toujours entreposé dans la maison du Juif.