S’éloigner du mensonge
29. Si une personne a acheté un article de mauvaise qualité et qu’il n’est plus possible de le rendre, il ne faut pas lui parler de ses défauts ou de son prix excessif. Il est seulement permis de lui parler de ses qualités et de lui dire qu’elle a fait un bon achat, pour lui faire plaisir.
30. Les Sages enseignent qu’il faut toujours s’efforcer de dire aux gens des choses agréables et de les féliciter pour de bonnes qualités, même s’ils ne les possèdent pas encore. Cette attitude permet de se rapprocher et de se réjouir ensemble. (On considère que c’est précisément ce qui éveille et affermit beaucoup plus rapidement chez une personne de bonnes aspirations.)
31. Il est permis de déformer certains éléments ou d’inventer des histoires afin d’apaiser une autre personne dans un moment difficile.
**** Un jour, alors que Mme Rubin faisait des achats, on lui déroba dans son sac un portefeuille contenant sept cents shekels. Elle en fut très peinée et se souvint de cet incident pendant de nombreuses années. Un beau jour, elle reçut une lettre. Dans cette lettre, l’ancien voleur parlait de sa vie difficile et disait combien il regrettait ce qui s’était passé. Il concluait en annonçant qu’il avait commencé à observer les commandements et avait donc décidé de rendre l’argent à son propriétaire. L’enveloppe contenait des billets pour un montant de sept cents shekels.
En réalité, cette lettre avait été écrite par une proche parente de Mme Rubin. Elle savait que l’incident du portefeuille continuait à la faire souffrir et voulait l’aider.
32. Il est permis de modifier les informations lorsqu’on souhaite annoncer à une personne la mort de ses proches ou d’autres événements douloureux.
33. Il est permis de prendre la faute sur soi pour épargner la honte à une autre personne.
**** Après la Seconde Guerre mondiale, aux États-Unis, une nouvelle édition soignée et joliment présentée du Talmud vit le jour avec le soutien des frères Schlesinger. Le rav Moché Feinstein la vit dans un magasin et l’acheta aussitôt.
Un jour, au cours d’un repas, le rabbin dut sortir en urgence et laissa son livre sur la table. L’un des élèves heurta accidentellement l’encrier, et l’encre se renversa sur la couverture du livre neuf. L’élève était très bouleversé et ne savait que faire. Lorsque rav Moché revint à table et vit le volume du Talmud abîmé, il déclara en souriant que le bleu était sa couleur préférée et que, désormais, le livre était encore plus beau. Il s’assit à table et reprit son étude comme si de rien n’était.