Nechama Cheli

Est-ce que j'y crois vraiment ? — Les doutes et les questions des adolescents

Il arrive que même des enfants ayant grandi dans des familles pratiquantes se mettent, à un certain âge, à dire qu'ils ne croient pas en D.ieu. Les doutes, la recherche de soi sont typiques de l'adolescence. ​Une enseignante d'une école religieuse discutait avec des adolescents de la question suivante : « Qu'est-ce qui vaut mieux : revenir à la foi par soi-même…

Rabbanite Esther Offengenden

Est-ce que j'y crois vraiment ? — Les doutes et les questions des adolescents

Il arrive que même des enfants ayant grandi dans des familles pratiquantes se mettent, à un certain âge, à dire qu'ils ne croient pas en D.ieu. Les doutes, la recherche de soi sont typiques de l'adolescence.

​Une enseignante d'une école religieuse discutait avec des adolescents de la question suivante : « Qu'est-ce qui vaut mieux : revenir à la foi par soi-même ou naître dans une famille pratiquante ? »

Elle voulait montrer aux jeunes filles qu'il existe des personnes qui sont revenues à la foi et qui vivent profondément tout ce qu'elles font. Elles aspirent vraiment au Tout-Puissant, elles Le cherchent. Nous, en revanche, sommes nés ainsi ; il est donc possible que nous accomplissions ce qui nous est demandé par habitude et que nous fassions certaines choses automatiquement. L'enseignante expliquait qu'à un moment de sa vie, chacun doit se poser cette question : « Est-ce que j'y crois vraiment ? »

Beaucoup d'enfants s'intéressèrent au sujet, rentrèrent chez eux tout remués et poursuivirent la discussion à la maison. Ce cours permit aux parents de parler avec leurs enfants, de leur montrer des livres et des articles intéressants sur le sujet, de réfléchir ensemble aux preuves de l'existence du Tout-Puissant qu'ils pourraient présenter au cours suivant et à celles qui impressionnaient le plus.

​Remarquez-le : beaucoup de parents ont ici réussi à saisir le moment où l'enfant s'est lui-même mis à réfléchir à ces questions, s'y est intéressé, a voulu en savoir davantage, le moment où des questions sont nées en lui !

« Je ne veux pas prier »

​« J'ai une question au sujet de la prière à l'école. L'année dernière, mon fils avait une enseignante qui expliquait tout, donnait des textes avec les signes de vocalisation, et tout se passait très bien pour lui ! Mais cette année, il a une autre enseignante, qui a une autre approche et une tout autre attitude. Mon fils se plaint que c'est difficile pour lui ; il ne veut pas prier, et je ne sais pas quoi faire.

​Prier est devenu difficile pour ce garçon. Les textes ne sont pas vocalisés, et il n'y a pas non plus de concours pour voir qui fait le mieux. Le garçon raconte aussi qu'il y a dans sa classe un enfant qui récite très vite et qu'il n'arrive tout simplement pas à le suivre. »

​Il me semble que c'est une occasion extraordinaire de parler avec l'enfant des raisons pour lesquelles nous prions.

On peut lui proposer d'écrire ce qu'il aimerait dans la vie, ce qui lui manque, et de garder cette feuille près de lui. « Écoute, c'est formidable ! À l'école, on vous réserve un moment spécialement pour la prière ; glisse cette liste dans ton livre. Chaque jour, tu peux décider de ce qui est le plus important pour toi, de ce que tu désires le plus demander au Tout-Puissant. »

« Je prie, sans rien obtenir »

Question : comment expliquer à un enfant la situation où il demande et redemande, et où tout se passe exactement à l'inverse ? Ce n'est tout de même pas un échange commercial : je Te prie maintenant, et en échange Tu dois me donner ceci ou cela. Un enfant, par exemple, voulait un vélo et l'a reçu. Ou ne l'a pas reçu. Les choses peuvent se passer de différentes façons.

​Si l'enfant est déjà assez grand, on peut lui demander ce qu'il en pense : si l'on demande quelque chose au Créateur, est-il certain qu'Il le donnera ? Et arriver ensemble à la conclusion que l'on reçoit parfois exactement ce que l'on demande, parfois seulement une partie, et parfois rien du tout. On peut discuter avec lui de cette question : pourquoi le monde a-t-il été créé ainsi ?

​Au fond, il y a là une question intéressante : quelles histoires choisissons-nous de raconter aux enfants ?

Si vous sentez que l'enfant est déçu, que sa prière est restée « sans réponse », il serait bon de lui raconter l'histoire d'une personne qui a prié très sincèrement et longtemps pour quelque chose, sans obtenir ce qu'elle désirait. Mais sa prière est montée au ciel et a énormément aidé ses proches. Il existe beaucoup de beaux récits de ce genre. Ces histoires feront sentir et comprendre à l'enfant que rien de ce que nous faisons n'est vain.

Nous exprimons notre profonde reconnaissance à l'auteure, la rabbanite Esther Offengenden, et aux éditions « Michpa'ha ke-Halakha » (www.mishpacha.ru) pour nous avoir accordé le droit de publier des chapitres choisis du livre « Grandis ! ».