Zissi Skarjinskaïa
Dans la paracha de cette semaine, nous lisons le récit des funérailles de la première mère du peuple juif, Sarah iménou.
« La vie de Sarah fut de cent ans et vingt ans et sept ans : telles furent les années de la vie de Sarah. Sarah mourut à Kiryat-Arba, qui est Hébron, au pays de Canaan. Abraham vint faire le deuil de Sarah et la pleurer. Abraham se leva de devant sa défunte et parla ainsi aux fils de Heth : Je suis parmi vous un étranger et un résident ; accordez-moi chez vous une propriété funéraire, afin que j'ensevelisse ma défunte et la retire de devant moi. »
Tout le monde redoute de perdre sa maman. Et quand cela arrive, tu restes là, sans savoir que faire, car c'est une tout autre réalité. Avant, tu étais « quelqu'un qui a sa maman ». Maintenant, tu es « quelqu'un qui n'a plus sa maman ».
Au début, bien sûr, il y a les démarches liées au dernier 'hessed que tu peux encore rendre à un être cher. Puis viennent les funérailles, avec beaucoup de monde autour de toi, dont des inconnus, et il est très difficile de montrer devant tous une douleur aussi intime, aussi personnelle.
Puis vient la chiva, où il faut se souvenir et raconter quelque chose d'essentiel sur maman, quelque chose qu'il est important de garder en mémoire d'elle, si particulière, si dévouée, chaleureuse, digne de confiance. Un véritable rempart derrière soi. « Du soleil vient la chaleur, d'une mère la bonté. » Et tu voudrais te rappeler quelque chose qui aiderait les autres à comprendre ce que cette personne représentait pour toi. Mais c'est peine perdue !
Chacun a sa propre maman, et il est impossible d'expliquer pourquoi la tienne était si particulière.
Dans la paracha de cette semaine, nous voyons non seulement la relation d'Abraham avec son épouse, mais aussi celle de Rébecca avec sa mère. « La jeune fille courut raconter ces choses à la maison de sa mère. » Rachi explique : « Une femme avait habituellement sa propre maison, où elle vaquait à ses occupations (féminines). Et une fille ne raconte (ne confie ses secrets) qu'à sa mère. »
Maman a toujours été ma meilleure amie, sans vouloir offenser mes amies. Je pouvais lui raconter tout ce qui m'arrivait, toutes mes nouvelles, sans craindre qu'elle me juge trop sévèrement. Bien sûr, tout ne lui plaisait pas, mais, au bout d'un certain temps, elle acceptait mes choix et me laissait avancer, en soutenant toutes mes initiatives. Elle était la meilleure maman qu'une adolescente puisse avoir. Je n'ai pas traversé de crise d'adolescence difficile, parce que maman savait accepter. Elle savait me traiter d'égale à égale, me comprendre comme quelqu'un de mon âge, tout en gardant sa place de parent, sans familiarité excessive.
Cela fait déjà plus de trois mois qu'elle est partie. Et aujourd'hui, c'est mon premier anniversaire sans maman, sans qui je ne serais pas venue au monde ce jour-là. Sans elle, cette fête n'a pas de sens. Car c'est davantage sa fête que la mienne…
Mes chères amies ! Vous toutes dont les mamans sont encore en vie ! Prenez soin d'elles !
Le plus terrible, c'est de se retourner et de ne trouver que le vide. Et même si je parle encore souvent à maman, je n'entends plus sa réponse. Il ne me reste qu'à espérer que la te'hiyat hamétim ait lieu bientôt!
