Nechama Cheli

Hanania, Mishaël et Azaria - les prophéties de Daniel et de Zacharie

Zacharie prophétise au début de l’époque du Second Temple et évoque certains événements également mentionnés dans les prophéties de Daniel et de Jérémie. Il est intéressant de les examiner. Rappelons qui est Daniel : ses prophéties datent de la fin de l’époque du Premier Temple et du début de la période qui a suivi sa destruction. Daniel est l’u…

Rabbanite Hava Kouperman

Hanania, Mishaël et Azaria - les prophéties de Daniel et de Zacharie

Zacharie prophétise au début de l’époque du Second Temple et évoque certains événements également mentionnés dans les prophéties de Daniel et de Jérémie.

Il est intéressant de les examiner. Rappelons qui est Daniel : ses prophéties datent de la fin de l’époque du Premier Temple et du début de la période qui a suivi sa destruction.

Daniel est l’un des quatre garçons juifs que Nabuchodonosor, roi de Babylone, a capturés et pris en otage pour démontrer son pouvoir sur le peuple d’Israël.

Les garçons captifs sont les enfants des dignitaires les plus haut placés ; ils sont tous de lignée royale.

D’un côté, Nabuchodonosor les garde comme otages, qu’il tuera si la Judée se révolte. De l’autre, il les éduque comme des Chaldéens (Babyloniens), afin de les renvoyer en Judée une fois adultes : qu’ils y implantent la culture babylonienne.

Un jour, Nabuchodonosor fait un rêve, mais en se réveillant le matin, il se rend compte qu’il l’a oublié. Pourtant, il lui semble que ce rêve contenait quelque chose de très important, et le roi tient absolument à s’en souvenir.

Il convoque les sages, les devins et les sorciers, et exige qu’ils lui disent ce qu’il a rêvé. Personne ne le sait. Il ordonne de tuer ces mages bons à rien. La nouvelle se répand dans le palais et parvient à Daniel. Celui-ci déclare qu’il peut raconter le rêve du roi : dans ce rêve figurait une statue, avec une tête en or, des bras en argent, un torse en cuivre, des jambes en fer et des orteils en partie en fer, en partie en argile. « Que signifie cela ? » demande le roi. « Cela symbolise tous les exils qui attendent le peuple juif », répond Daniel. La statue représente tous les royaumes qui domineront les Juifs. La tête en or, c’est Babylone. Les bras en argent, la Perse et la Médie. Le torse en cuivre, la Grèce ; les jambes en fer, Rome. Il y a deux jambes parce que Rome sera divisée en deux États, celui d’Occident et celui d’Orient. Les orteils de la statue sont en partie en argile et en partie en fer, parce que Rome se scindera en un monde musulman (l’argile) et un monde chrétien (le fer). Il suffit qu’un petit caillou se glisse sous les pieds du monstre pour qu’il s’écroule aussitôt. Le petit caillou, c’est le Machia’h.

La prédiction de Daniel fait comprendre à Nabuchodonosor que son pouvoir ne sera pas éternel : à Babylone succéderont la Perse, la Grèce, Rome…

Il faut faire quelque chose !

Le roi donne alors un ordre : que l’on sculpte une statue exactement semblable à celle qu’il a vue en rêve, mais entièrement en or ! Et que tous les peuples du monde l’adorent ! Nabuchodonosor établira ainsi son pouvoir éternel sur le monde.

Enfin, la statue est prête. Tous sont prêts à se prosterner devant elle. Sauf trois garçons, ceux-là mêmes qui ont été capturés comme otages et sont retenus au palais avec Daniel. Mishaël, Hanania et Azaria refusent de se prosterner devant l’idole. Leur désobéissance renverse et détruit le plan du roi. Nabuchodonosor ordonne de les jeter au feu, mais ils restent en vie (voir le livre de Daniel).

Ces événements trouvent un écho, sous forme d’allusion, dans le livre de Jérémie. Il dit que les Juifs de Babylone avaient deux faux prophètes, Achab, fils de Kolaya, et Sédécias, fils de Maaséya, que le Tout-Puissant désignait comme « prophétisant le mensonge en Mon nom » (chapitre 29, verset 21). Nous possédons une tradition qui raconte comment cela s’est passé :

Après s’être déclarés prophètes, Achab et Sédécias se mirent à se livrer à la débauche. Animés d’une soif effrénée de plaisirs charnels, ils se servaient de leur statut comme d’une commode « couverture ». Lorsque l’un d’eux désirait la femme d’un autre ou une fille non mariée, l’autre se mettait à la convaincre. Il lui disait qu’il avait eu une vision, qu’il avait été décidé de faire descendre du Ciel dans ce monde l’âme d’un juste, d’un sage éminent, etc. Cette femme ou cette jeune fille devait lui donner naissance... Le père de cet enfant exceptionnel devait être cet autre prophète, autrement dit l’ami de celui qui plaidait sa cause. Cette nuit d’intimité n’était pas un adultère, mais au contraire une grande mission qui ferait venir dans notre monde un Homme de D.ieu. Ils s’entremettaient ainsi l’un pour l’autre, jusqu’à ce qu’ils en arrivent à la fille de Nabuchodonosor. Celle-ci se plaignit à son père. Son père s’indigna et prit des mesures : il ordonna de jeter les « prophètes » au feu.

En prononçant la sentence, le roi déclara : « De véritables justes (les trois amis de Daniel) viennent de sortir indemnes du feu. Si ces deux-là sont justes eux aussi, ils survivront également ! »

En entendant leur sentence, Achab et Sédécias se mirent à demander qu’on leur adjoigne un troisième homme. Sans cela, ce serait injuste. Et que ce troisième soit Josué, le prêtre, insistent-ils. (Si le Temple avait existé à cette époque, Josué aurait été le grand prêtre).

Leur demande est satisfaite. Dans le livre de Zacharie (chapitre 3, versets 1 et 2), nous lisons : « Et Il me montra Josué, le grand prêtre, qui se tenait devant l’ange de l’Éternel, et Satan, qui se tenait à sa droite pour l’accuser. Et l’Éternel dit à Satan : l’Éternel s’irritera contre toi, Satan !.. Car il est un tison sauvé du feu. Or Josué était vêtu d’habits souillés et se tenait devant l’ange... » (« Souillés » signifie carbonisés).

Les impies comptaient très probablement être sauvés, même dans le feu, s’ils étaient avec un juste. Mais il n’y avait qu’un juste, et les impies étaient deux. Un seul juste n’a pas pu sauver deux impies… Au contraire, la méchanceté de ces deux hommes a suffi pour que les vêtements du juste ne résistent pas et brûlent, tandis que Josué lui-même a survécu.

Il s’agit de l’une des opinions. Selon une autre opinion, les descendants de Josué ne se conduiront pas de la meilleure manière. Ses vêtements ont souffert à cause d’eux. Dans la prophétie, le Tout-Puissant demande qu’on lui change ses vêtements (ibid., versets 4 et 5). Il existe encore une autre opinion, selon laquelle Josué s’est retrouvé dans le feu avec des vêtements impurs, et c’est précisément pour cette raison qu’ils n’ont pas pu rester intacts.

Au verset 8 du chapitre 3, il est dit : « ...tes amis, Josué, assis devant toi, sont des hommes dignes d’un miracle... »

Les amis de Josué  sont les trois garçons qui ont survécu au feu. Ils sont appelés les Hommes du Miracle.

Et à propos des impies, ces faux prophètes, D.ieu dit par la bouche du prophète Jérémie (Jérémie, 29, verset 22) : « ...leurs noms deviendront une malédiction pour tous les exilés de Judée qui sont à Babylone : “Que l’Éternel te traite comme Sédécias et Achab, que le roi de Babylone a fait griller au feu” ».

Le Premier Temple a été détruit à cause de trois péchés qui dominaient les hommes comme une passion irrépressible : l’idolâtrie, l’inceste et le meurtre.

Lorsque le 2e Temple fut construit, les Juifs se mirent à implorer le Tout-Puissant d’affaiblir ces passions : « Si elles continuent à faire rage dans ce monde, nous ne tiendrons pas ! » Les sages élevèrent leurs prières, et la passion pour l’idolâtrie s’épuisa.

Zacharie (chapitre 5, versets 5-6 et suivants, jusqu’à la fin du chapitre) dit : « Et l’ange qui me parlait sortit et me dit : lève, je te prie, les yeux et regarde : qu’est-ce donc qui sort ? Et je dis : qu’est-ce ? Et il dit : c’est un épha (une unité de volume) qui sort. Et il dit : c’est leur œil sur toute la terre. Et voici qu’un lingot de plomb pesant un talent se soulève ; et voici une seule femme, assise dans l’épha... ». Dans ce passage, la femme représente la passion ; enfermée dans l’épha, elle est isolée, privée d’influence dans ce monde.

Les Sages voulurent également détruire la passion pour l’inceste ; à la suite de leurs prières, même les poules cessèrent de pondre. Il devint alors évident que, si cette passion était détruite, la possibilité même de perpétuer l’espèce disparaîtrait. Il ne fut pas possible de vaincre entièrement la passion pour la débauche, mais on réussit à « l’aveugler d’un œil ». La passion pour les relations interdites avec des membres de la famille subsista, mais elle s’affaiblit considérablement par rapport à ce qu’elle était auparavant...

À suivre

Nous remercions le magazine « Golos Yaakov » ainsi que Mme Alla Feldman personnellement pour le contenu fourni.