Nechama Cheli

Hechvan — le goût amer de l’espoir

Le Déluge a commencé au mois de Hechvan. Encore un événement amer. Mais ensuite, lorsque le Déluge a pris fin, Noa’h a lâché la colombe de l’espoir. Et cet espoir avait le goût amer d’un rameau d’olivier. Dites-moi, vous êtes-vous déjà demandé pourquoi l’espoir a un goût amer ?

Anat Broussilovski

Des pétunias violets derrière une vitre couverte de gouttes de pluie

Le mois de Hechvan — ou, plus exactement, de « Mar-Hechvan » — est arrivé.


Le mois des premiers jours gris, des premières pluies, des premiers élans de mélancolie existentielle. Le préfixe « mar », souvent omis dans la vie courante, évoque tout cela. Dans la langue sainte, « mar » signifie en effet « amer ».

Et en araméen, « mar » signifie « maître ». « Mar » veut aussi dire « goutte ».

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais moi, j’attends la pluie. J’attends les gouttes de bénédiction venues du ciel. Lorsque les gouttes se rejoignent, elles ne forment plus qu’un tout. Une seule molécule. Imaginez : même la mer est une immense molécule.

Il en va de même pour nous. Lorsque nous nous souhaitons bonne chance les uns aux autres, nous devenons une seule molécule. Une molécule de bonté.


Parfois, lorsque le ciel est gris, des gouttes en tombent (et coulent aussi de nos yeux), et l’âme ressent de l’amertume. Parfois, on essaie de construire quelque chose, de faire, de réussir, d’obtenir quelque chose, pour finir dans une impasse. Et l’amertume se répand en nous comme du plomb gris. Le Déluge a commencé au mois de Hechvan. Encore un événement amer. Mais ensuite, lorsque le Déluge a pris fin, Noa’h a lâché la colombe de l’espoir. Et cet espoir avait le goût amer d’un rameau d’olivier.

Dites-moi, vous êtes-vous déjà demandé pourquoi l’espoir a un goût amer ?


Pourquoi s’éveille-t-il lorsque tout est gris et incertain ?

Pérek Chira apporte une réponse à cette question. On y lit : « La colombe dit : “Maître de l’Univers, que ma nourriture soit amère comme l’olive, pourvu qu’elle vienne de Ta main ; je ne veux pas même de miel doux de la main d’un être de chair et de sang.” »

En Mar-Hechvan, dans une impasse grise, sous les gouttes d’amertume, on se souvient du Maître et l’on ne demande qu’une chose : « Tout-Puissant, reste simplement à mes côtés et permets-moi de voir Ta main. Car tout mon espoir est en Toi seul ! »

Et c’est ce que je vous souhaite à toutes et à tous.
Un mois lumineux et doux, plein d’espoir !
Je vous aime. Bien à vous.