Rabbanite Hava Kouperman
En parlant de Jonas, nous avons abordé une question liée aux particularités de la réception d’une prophétie. Il nous semble nécessaire d’apporter maintenant quelques compléments et précisions à ce sujet.
Il faut comprendre que les prophètes n’étaient pas prophètes dès leur naissance. Une personne recevait le don de prophétie en récompense de ses mérites auprès du Très-Haut. (Depuis l’époque du prophète Samuel, il existait d’ailleurs aussi des écoles qui formaient les apprentis prophètes). Autrement dit, une personne n’était pas prophète au départ, puis le devenait à un moment donné.
Un prophète confirmé pouvait recevoir sa prophétie en n’importe quel point du monde.
En revanche, un débutant, c’est-à-dire quelqu’un qui recevait une prophétie pour la première fois, ne pouvait le faire qu’en Israël. En outre, ce n’était qu’en Israël qu’un prophète pouvait recevoir une prophétie concernant tout autre pays et tout peuple qui l’habitait, tandis qu’une prophétie concernant Israël pouvait être reçue n’importe où dans le monde. C’est pourquoi Jonas fuit Israël, sachant que la prophétie qu’il doit recevoir ne concernera pas Israël, mais Ninive. Il ne veut pas de cette prophétie ! Hors d’Israël, il ne la recevra pas — tout simplement parce qu’il ne pourra pas la recevoir.
Rappelons-le : le don de prophétie a été accordé à Jonas en récompense de la joie qu’il éprouvait chaque fois qu’il se rendait au Temple, trois fois par an, avec sa femme, malgré le danger et l’interdiction du souverain de franchir la frontière entre les États du Nord et du Sud.
(Selon la loi, les femmes n’étaient pas tenues de se rendre au Temple trois fois par an. Nous ne trouvons de témoignages semblables concernant aucune autre femme, mais nous savons avec certitude que l’épouse de Jonas se rendait toujours au Temple avec son mari).