Rabbanite Léa Gans
L’amour grandit avec l’enfant
Les tout-petits donnent tout simplement envie de les prendre dans les bras et de les embrasser. La première petite dent, les gazouillis : tout cela ravit les parents, et l’on a irrésistiblement envie d’embrasser leurs joues satinées. Les tout-petits baignent dans l’amour.
Mais comment montrer son amour à des enfants plus grands ?
Un adolescent qui étudie à la yéchiva rentre à la maison pour Chabbat. Sa mère ne l’a pas vu depuis quelque temps. Et comment peut-elle lui témoigner son amour ? Elle prépare ce qu’il aime. Elle lui dit aussi : « Je t’ai tellement attendu ! Cela fait si longtemps que tu n’es pas venu à la maison ! Regarde, j’ai préparé spécialement pour toi ce que tu préfères manger ! Je me suis donné du mal rien que pour toi ! »
Il faut s’asseoir avec lui et parler. S’il est déjà un jeune homme adulte qui ne rentre pas très souvent à la maison, il faut rester constamment en contact avec lui et être prête à avoir une longue conversation téléphonique, si nécessaire.
La femme de mon frère est une femme très occupée, mais je vois que tous ses enfants (dont la plupart ont leur propre famille) sont très attachés à elle. Je lui ai demandé comment elle y était parvenue. Elle m’a répondu qu’elle avait toujours donné la priorité aux enfants. Quel que soit son interlocuteur, même pour un appel professionnel, et même si c’était elle qui avait appelé, si elle voyait que ses enfants appelaient, elle s’excusait et interrompait la conversation pour leur parler. Et les enfants le ressentaient. Plus tard aussi, lorsque ses enfants mariés venaient la voir en couple, elle mettait toutes ses occupations de côté pour être entièrement avec eux et à leur disposition. Cette attitude n’était pas spontanée. Elle y avait consacré beaucoup d’efforts et avait sérieusement réfléchi à son approche. Résultat : des relations très chaleureuses avec tous ses enfants.
Sans conditions
À la maternelle, un enfant est bien considéré s’il réussit les activités, ne fait pas de bêtises et ne fait pas de mal aux autres enfants. À l’école, on le traite bien s’il est excellent élève, rend service, se porte volontaire, se conduit bien et est sociable. Que de conditions !
Pour un enfant, la maison est le lieu où il peut recevoir de l’amour sans conditions. Nous lui montrons que nous l’aimons, qu’il ait ou non rangé ses affaires, réussi son examen ou fait la vaisselle.
Si un enfant s’est mal conduit, sa mère peut dire : « Dans ce cas, je ne te ferai pas la lecture au coucher », mais elle ne doit en aucun cas dire : « Maintenant, je ne t’aime plus. » Nous aimons notre enfant même lorsqu’il se conduit mal. Bien sûr, si l’enfant, malgré l’interdiction, est monté sur l’armoire et a cassé un vase, sa mère ne lui dit pas : « Je t’aime » ; elle peut manifester son mécontentement, mais, même si elle est en colère, son amour pour son enfant ne change pas. L’amour doit être une attitude constante envers nos enfants !
« J’ai besoin de toi »
Un enfant n’est pas assez développé sur le plan psychique et physique pour pouvoir s’encourager lui-même. À un certain âge, il commence à se demander : « Quelqu’un a-t-il besoin de moi ? Suis-je bon à quelque chose ? Pourquoi suis-je ici ? » Il ne s’agit pas forcément d’une pensée claire, mais seulement d’un sentiment. Et, en règle générale, l’enfant n’est pas encore assez mûr pour répondre à ces questions ; il ne peut pas se soutenir lui-même. Même pour un adulte, c’est difficile, mais un enfant ne peut tout simplement pas se le dire à lui-même.
Ce sont les parents qui doivent constamment dire à l’enfant : « Nous avons besoin de toi. Tu es très important pour nous. Nous sommes heureux que tu sois né dans notre famille. » Il est très bon que chaque enfant, surtout dans une famille nombreuse, entende chaque jour ses parents lui dire qu’ils l’aiment et qu’ils ont vraiment besoin de lui.
S’il y a dans la famille des « enfants difficiles » — ceux qui n’arrêtent pas de grimper partout, de jeter des objets, de casser, de se battre et de mordre —, ils se font naturellement gronder sans cesse. Il est plus difficile de les aimer. Ces enfants se demandent encore plus souvent qui a besoin d’eux à la maison, car ils n’entendent parler que des nouvelles bêtises qu’ils ont faites. C’est une situation très dangereuse et destructrice. À la maison, l’enfant se sent constamment mauvais, il n’est pas accepté, alors qu’il veut être bon ! Il peut alors aller chercher un groupe qui l’acceptera tel qu’il est…
D’abord, l’amour
Quand les prophètes devaient adresser des reproches au peuple juif, ils commençaient toujours par lui dire des paroles d’amour au nom du Tout-Puissant, puis des paroles de réprimande. Même dans la Torah, avant l’exposé des lois, il est écrit (Deutéronome, 4:37) : « Et parce qu’Il aimait tes pères ». Le Tout-Puissant, même lorsqu’Il réprimande les Juifs, les appelle « mes fils bien-aimés ».
Nous connaissons le principe : « De même qu’Il est miséricordieux, sois toi aussi miséricordieux. » Nous devrions donc adopter la méthode éducative de l’Éternel : commencer par l’amour. Avant de nous adresser à l’enfant, nous devons sentir que nous nous adressons à une personne aimée.
à suivre
Préparé par — Mme Zissi Skarjinskaïa