Nechama Cheli

L’art d’aimer... soi-même

L’amour est une notion fascinante. Toute femme veut aimer et être aimée. Mais pourquoi certaines sont-elles aimées, tandis que d’autres n’ont jamais su ce que c’était ? Comment fonctionne le mécanisme de l’amour ? Comment ce sentiment naît-il et où disparaît-il soudain ? Parlons du premier aspect de l’amour, qui est à la base de la résolution de nombreu…

Rabbanite Esther Offengenden

L’art d’aimer... soi-même

L’amour est une notion fascinante. Toute femme veut aimer et être aimée. Mais pourquoi certaines sont-elles aimées, tandis que d’autres n’ont jamais su ce que c’était ? Comment fonctionne le mécanisme de l’amour ? Comment ce sentiment naît-il et où disparaît-il soudain ?

Parlons du premier aspect de l’amour, qui constitue le fondement de la résolution de nombreux problèmes empêchant une personne de se sentir heureuse. Je parle de l’amour et du respect de soi, de l’acceptation de soi.

Du point de vue de la philosophie juive, rien n’est plus naturel ni plus simple que de s’aimer soi-même. Il semble que chacun comprenne ce que signifie aimer quelqu’un. Vous ne maltraiterez pas une personne aimée, ne la pousserez pas jusqu’à la maladie, ne vous réjouirez pas de ses difficultés. Au contraire, vous chercherez à lui faire plaisir, à prendre soin d’elle, à veiller sur sa santé, et ainsi de suite. Mais l’expérience montre que, envers eux-mêmes, beaucoup se comportent autrement…

- Je n’en peux tout simplement plus… Je tombe de fatigue… Personne ne comprend à quel point c’est dur pour moi…

- Je suis rentrée du travail complètement épuisée et je me mets aussitôt à cuisiner et à faire le ménage. Je me dis : ça y est… Je vais m’écrouler. Mais quand il faut, il faut… Je ne peux pas me permettre de me reposer…

D’ailleurs, réfléchissez : que ne pouvez-vous pas vous permettre ?

Des phrases si familières et si vraies. Nous appartenons à une génération de femmes victorieuses qui ont pris sur leurs épaules, en plus de l’éducation des enfants et de la tenue du foyer, un travail à plein temps. Ce n’est pas facile pour nous. C’est vrai. Mais prêtez attention au ton sur lequel les femmes parlent de leurs difficultés, de leur épuisement total. Le principal sentiment qui transparaît dans leurs paroles est la fierté.

J’ai entendu à plusieurs reprises les phrases citées plus haut de la bouche de femmes gravement malades. Elles s’en servaient pour expliquer pourquoi elles ne s’étaient pas occupées de leur santé à temps. Leur attitude prouve une fois de plus que l’être humain n’est pas un animal. Le Ram’hal dit que, chez l’animal, l’instinct de conservation se déclenche toujours au bon moment. Tout être vivant se comporte avec prudence et s’efforce de ne pas se nuire. Mais l’être humain, en cherchant à s’élever au-dessus de cela, avance dans la vie « comme un aveugle au-dessus d’un précipice ».

Le rav Amnon Its’hak a dit un jour qu’on pouvait encore se demander qui avait la meilleure vie : un chat, par exemple, ou un être humain. Un chat n’a pas de problèmes d’argent, de régime ou de mode. (Les chats bottés n’existent que dans les contes !) Et personne n’a encore rencontré un chat dépressif ou un chat terriblement mécontent de lui-même.

Le Pélé Yoets écrit : « S’aimer soi-même est naturel pour l’être humain ; le Tout-Puissant l’a créé ainsi.

L’être humain n’a personne de plus proche que lui-même ; il s’aime naturellement plus que quiconque ou quoi que ce soit au monde. Si la mort le menace, il est prêt à tout pour se sauver.

Mais il existe une terrible maladie, au cours de laquelle l’être humain est comme ivre et se nuit à lui-même,  - il cesse de s’aimer. Cela nuit tant à son corps qu’à son âme. »

Autrement dit, selon le Pélé Yoets, ne pas s’aimer, ne pas prendre soin de soi, ne pas s’accepter est contre nature. Cet état ressemble à une maladie qui détruit les fondements de la nature humaine.

à suivre

Nous exprimons notre profonde gratitude à l’auteure, la rabbanite Esther Offengenden, et à la maison d’édition « Michpa’ha ké-halakha » (www.mishpacha.ru) pour le droit de publier des chapitres du livre « La vie après le mariage ».