L'attitude envers les sages et les anciens
10. Il est interdit d'appeler son rabbin et maître par son prénom, même après sa mort. Si quelqu'un portant le même prénom que son maître se trouve à proximité, on ne peut l'appeler par son prénom. On peut demander à quelqu'un d'autre de l'appeler, ou l'appeler sans prononcer son prénom, mais en veillant à ne pas l'offenser. S'il s'agit d'un prénom rare et inhabituel, il est interdit d'appeler cette personne par son prénom, même en l'absence du maître.
11. En l'absence du maître, il est permis de dire « mon maître, rabbi […] » (en prononçant le nom du maître), mais en sa présence, on dit uniquement « rabbi », c'est-à-dire « mon maître », sans mentionner son nom.
12. Si le maître d'une personne est son père, il est permis de l'appeler « avi » (mon père).
13. Lorsqu'une personne salue son maître ou prend un repas avec lui, elle doit éprouver de la révérence et un profond respect.
14. Un élève ne peut s'asseoir en présence de son maître sans en avoir reçu l'autorisation. La même règle s'applique pour se lever.
15. En quittant son maître, il est interdit de lui tourner le dos. Avant de quitter la ville, il faut demander l'autorisation (et la bénédiction) de son maître.
16. Il est interdit de retirer ses téfilines devant son maître.
17. Il est interdit d'entrer au mikvé[1] ou aux bains avec son maître, à moins qu'il n'ait besoin d'aide.
18. Pendant la prière, il est interdit de se placer derrière son maître ou devant lui. Dans un rayon de 4 amot (2 mètres), il est également interdit de prier à sa droite ou à sa gauche.
19. Il est interdit de s'asseoir à la place réservée au maître (par exemple, sur sa chaise ou à l'endroit d'où il donne habituellement son cours).
20. Il est interdit de réfuter ses arguments ou de le contredire en dehors du cadre de l'étude.
21. Lorsqu'on entre dans une pièce, on laisse passer en premier le maître ou la personne la plus âgée.
22. Lorsqu'on marche avec son maître ou un autre érudit en Torah, on ne marche pas à sa hauteur, mais légèrement derrière lui, sur sa gauche. S'il y a deux élèves, le plus ancien doit marcher à droite et le plus jeune à gauche.
23. Celui qui voit son maître transgresser un interdit doit l'en avertir avec beaucoup de politesse et de délicatesse et lui signaler son erreur en se référant, par exemple, à ses propres paroles.
24. S'il ne sait pas si cet acte constitue une transgression, mais qu'il lui semble relever d'un interdit de la Torah, il faut s'adresser au maître avant qu'il n'accomplisse cet acte.
Mais s'il lui semble qu'il s'agit d'un interdit des sages, il vaut mieux lui en parler après.
25. L'élève doit aider son maître en toute chose.
Cela concerne aussi les tâches habituellement accomplies par un serviteur. Il est interdit de priver l'élève de cette possibilité, car ces actes peuvent lui apporter une sensibilité particulière au spirituel et une compréhension plus profonde de la Torah.
26. Une grande partie de ce qui est énuméré ci-dessus concerne uniquement le maître principal, auprès duquel l'élève a acquis la majeure partie de ses connaissances de la Torah écrite et orale. Il n'est pas nécessaire qu'il ait appris auprès de lui les méthodes d'analyse approfondie et détaillée (pilpoul). L'essentiel est qu'il ait appris de son maître à analyser correctement la matière étudiée, sans s'écarter de la loi et de la tradition.
27. Le maître peut renoncer aux divers honneurs et décliner les offres d'aide, mais le commandement de respecter les sages n'en est pas annulé, car même lorsqu'une personne ne fait rien et ne rend aucun service, elle conserve du respect et de la révérence envers son maître, ainsi que le désir d'accomplir sa volonté à tout moment.
28. Même si l'élève a dépassé son maître tant par ses connaissances que par ses capacités d'analyse (par exemple, s'il s'agit de son instituteur), il est tenu de le respecter toute sa vie.
29. Une coutume importante consiste à rendre visite à son maître pendant les fêtes. Si l'élève habite dans une ville voisine, il convient de rendre visite au maître une fois par semaine ou au moins une fois par mois. S'ils habitent dans la même ville, il convient de lui rendre visite chaque jour.
[1] Bassin destiné aux immersions rituelles.