L’attitude envers les sages et les anciens
1. Il est écrit dans la Torah (« Devarim », 6:13) : « Et Hachem Elokékha tira — Crains le Tout-Puissant, ton D.ieu ». Dans ce verset figure la particule auxiliaire « et » et nos sages expliquent, comme dans d’autres cas semblables, ce que recèle cet ajout. « Et » désigne ceux qui acquièrent la sagesse divine, c’est-à-dire les sages de la Torah. On en déduit une loi de la Torah (déoraïta !) qui oblige chaque Juif à se montrer respectueux envers les sages et à se conduire avec une vigilance particulière en leur présence.
Rabbénou Yona de Gérone explique que ce commandement montre combien il importe d’enseigner aux autres la sagesse et la crainte de D.ieu. Lorsqu’on indique aux gens le droit chemin et qu’on les aide par ses conseils, on sanctifie le Nom du Tout-Puissant. C’est pourquoi nos sages — nos maîtres et nos justes — méritent un respect particulier.
2. Ce commandement comporte 4 aspects :
A) Respecter le sage ;
B) Se lever lorsqu’on rencontre un sage ;
C) L’interdiction de haïr un sage et de le traiter avec mépris ;
D) Le commandement de se tenir auprès des sages et de les aider.
Ces commandements ne sont limités ni dans le temps ni dans l’espace. Ils s’appliquent également aux femmes. Il faut aussi habituer les enfants à respecter les sages, en leur expliquant (et en leur montrant par notre propre exemple) l’importance de ce commandement.
3. Lorsqu’il est question du respect envers les sages, il ne s’agit pas seulement des dirigeants de la communauté connus de tous.
Voici sept niveaux, classés par ordre d’importance, dont chacun est directement concerné par ce commandement :
a) Le maître dont vous avez reçu la plus grande partie de vos connaissances et de votre sagesse en Torah (nous l’appellerons désormais le « maître principal ») ;
b) L’un de vos maîtres ;
c) Un sage de la Torah (qui n’est pas nécessairement votre maître) ;
d) La personne avec laquelle vous étudiez (havrouta), ou un ami ;
e) Votre élève ;
f) Un sage qui, pour une raison quelconque, a oublié les connaissances de Torah acquises auparavant (il faut lui aussi le respecter) ;
g) Une personne sage et érudite qui a cessé d’observer les lois de la Torah. (Il est interdit de la traiter avec mépris en public et, à plus forte raison, de l’insulter.)