Rav Simha Cohen
Il m'arrive de temps à autre d'entendre ces paroles : « Votre approche ne convient absolument pas à notre génération. Peut-être que, par le passé, tout se passait ainsi. Mais aujourd'hui, les hommes et les femmes sont égaux dans la société : les femmes travaillent elles aussi et gagnent de l'argent pour la famille, et les hommes travaillent eux aussi à la cuisine et s'occupent des enfants. Il y a des femmes qui sont à la tête de gouvernements ou dirigent d'immenses entreprises ».
C'est vrai. Sur le plan technique et fonctionnel, l'égalité des sexes est aujourd'hui une réalité dans une mesure non négligeable, et elle ne fera que s'étendre à l'avenir.
De plus, je ne connais aucune source de la Torah qui affirme qu'il existe un poste ou un travail qu'un homme peut exercer et qu'une femme serait incapable d'assumer.
Cela dit, il y a une grande différence entre l'égalité sur le plan technique et fonctionnel, dans laquelle les hommes et les femmes occupent les mêmes postes, et les différences émotionnelles qui les séparent.
Puisqu'il s'agit de caractéristiques innées et naturelles, les processus émotionnels des hommes et des femmes diffèrent sensiblement, aujourd'hui encore.
Moi aussi, j'ai mal au bras
Le sens du partenariat qui caractérise les femmes et leur donne une nette longueur d'avance dans les relations familiales devient parfois un obstacle. Certaines formes de comportement qui découlent de cette disposition peuvent causer du tort, même si elles ne sont animées d'aucune mauvaise intention.
Par exemple, un homme rentre à la maison et, souhaitant se faire un peu dorloter, dit, à lui-même ou à son épouse : « J'ai mal à la tête ». Il arrive que son épouse réponde : « Oui, moi aussi, j'ai mal au bras ». C'est précisément la réaction à laquelle le mari ne s'attendait pas du tout.
Dans ce cas, l'épouse ne cherche pas à minimiser la souffrance de son mari : elle manifeste simplement sa participation : « Tu as mal à la tête, et moi, j'ai mal au bras ». C'est exactement ainsi qu'elle réagit lorsqu'une amie lui parle de ses problèmes, et toutes deux éprouvent alors un sentiment de partage et de proximité.
Cela dit, dans les relations conjugales, cette réaction est inappropriée.
À ce moment-là, le mari a besoin d'une attention personnelle centrée exclusivement sur lui et n'est pas disposé à entendre parler des problèmes de son épouse. Il se dit : « Pour une fois que je ne me sens pas bien, il faut justement que tu me dises maintenant que tu as mal au bras ?! » Mais son épouse n'imagine même pas qu'une telle réaction « compatissante » puisse avoir quelque chose d'inapproprié.