Nechama Cheli

L’épouse d’On, fils de Pélet — La sagesse des femmes a bâti sa maison

Il est question de cette femme dans le livre de Michlé : « La sagesse des femmes a bâti sa maison. De qui s’agit-il ? De l’épouse de ben Pélet. » (Chapitre 14, verset 1). L’événement qui révéla le caractère particulièrement exceptionnel de cette femme fut la révolte de Kora’h. Mais parlons d’abord de son mari. On, fils de Pélet, est issu de la tribu de Réouven ; or Réouven, comme on le sait, …

Rabbanite Hava Kouperman

L’épouse d’On, fils de Pélet — La sagesse des femmes a bâti sa maison
Il est question de cette femme dans le livre de Michlé : « La sagesse des femmes a bâti sa maison. De qui s’agit-il ? De l’épouse de ben Pélet. » (Chapitre 14, verset 1).

L’événement qui révéla le caractère particulièrement exceptionnel de cette femme fut la révolte de Kora’h.

Mais parlons d’abord de son mari. On, fils de Pélet, est issu de la tribu de Réouven ; or Réouven, comme on le sait, est le premier-né du peuple juif. Avant la faute du veau d’or, le service divin — c’est-à-dire l’offrande des sacrifices à D.ieu — était assuré par les premiers-nés. Les membres de la tribu de Réouven se considéraient comme les premiers-nés parmi les premiers-nés. Et voilà que, « soudain », on leur retire cette fonction et on annonce qu’Aharon sera le Grand Prêtre. Ils en sont profondément blessés. Aussi, lorsque Kora’h se révolte contre Moché, la tribu de Réouven se rallie à lui.

On ben Pélet est l’un de ceux qui se sont ralliés. Il rentre chez lui et raconte tout à sa femme : son indignation devant les actes de Moché, son refus de tolérer une telle injustice, son intention de partir le lendemain avec Kora’h et tous ceux qui sont prêts à se battre pour la vérité...

Son épouse ne partage pas son enthousiasme, mais elle comprend que si elle essaie maintenant de lui démontrer quoi que ce soit, on sait comment cela finira. Rien de bon n’en sortira. Qu’elle essaie donc de lui dire qu’il a tort, qu’on ne peut pas se révolter contre Moché et qu’en réalité, c’est contre le Très-Haut qu’il s’apprête à se dresser… Dans l’état où il est ! La dispute durera jusqu’au matin, chacun restera sur ses positions et son mari ne fera que s’entêter davantage.

Elle commence par lui donner à manger et à boire : il est inutile de discuter avec un mari qui a faim.

De plus, elle fait preuve non seulement de sagesse, mais aussi d’astuce féminine. Ayant compris la cause, la racine du mécontentement éprouvé par On, elle lui dit : « Tu veux avoir la première place dans le Service divin ? Mais actuellement, Moché est le premier et toi, tu es le second. Si tu te joins à Kora’h et que tu renverses Moché et Aharon, Kora’h deviendra le premier et toi, tu resteras tout de même le second. Qu’auras-tu gagné, mon chéri ? Qu’est-ce que cela changera pour toi ? »

Il répond : « Mais j’ai donné ma parole, je ne peux plus laisser tomber les autres ! »

« Ah, mais bien sûr, tu as raison, tout à fait raison : si tu as promis, il faut y aller. Seulement, il te faudra des forces pour cela. Alors, mange bien, bois et dors tout ton soûl. »

Elle lui parle et, peu à peu, lui fait boire du vin jusqu’à l’enivrer. Et On, bien sûr, dort encore à l’heure convenue.

Il faut dire que les hommes de Kora’h ont besoin de chacun de leurs partisans. Voyant que le fils de Pélet n’est pas parmi ceux qui sont venus, ils envoient immédiatement quelqu’un le chercher. La « délégation » approche de la maison ; les messagers vont maintenant le réveiller. Son épouse le comprend : ils le réveilleront.

Que fait cette femme avisée ? À l’entrée de la tente, juste derrière le rideau, elle se met à se laver les cheveux. En apercevant une femme mariée la tête découverte, les hommes envoyés chercher le fils de Pélet s’enfuient : ce sont des hommes religieux, ils ne peuvent pas se permettre un tel manquement à la pudeur !

Et On ben Pélet continue tranquillement de dormir. Il se réveille alors que la terre a déjà englouti les révoltés...

À présent, le fils de Pélet a peur de sortir de sa tente, car il est le seul à avoir échappé à ce terrible sort. On reste constamment chez lui. Et son épouse lui vient de nouveau en aide. Elle va trouver Moché et lui demande de venir dans leur tente, de prendre son mari par le bras et de l’inviter à se promener. Dès lors, On ben Pélet cesse d’avoir peur de sortir de sa tente.

à suivre

Nous remercions la revue « Golos Yaakova » et personnellement madame Alla Feldman pour les textes fournis.