Nechama Cheli

L’essentiel et le secondaire

Qu’est-ce qui compte le plus pour vous dans la vie ? Qu’est-ce qui est prioritaire ? Votre mari ou un passant dans la rue ? Vos enfants ou ceux des voisins ? Le foyer ou le travail ? L’amour de vos proches ou l’estime de vos voisins ? Vous avez très probablement pu répondre à ces questions immédiatement, sans réfléchir. Peut-être vous ont-elles paru rhétoriques. Les réponses à ces questions sont v…

Rabbanite Esther Offengenden

L’essentiel et le secondaire

Qu’est-ce qui compte le plus pour vous dans la vie ? Qu’est-ce qui est prioritaire ? Votre mari ou un passant dans la rue ? Vos enfants ou ceux des voisins ? Le foyer ou le travail ? L’amour de vos proches ou l’estime de vos voisins ?

Vous avez très probablement pu répondre à ces questions immédiatement, sans réfléchir. Peut-être vous ont-elles paru rhétoriques. Les réponses à ces questions constituent votre hiérarchie de préférences, votre système de valeurs. Vous vous sentez bien lorsque vous avez conscience que votre vie quotidienne correspond à ces priorités et vous ressentez très probablement un malaise lorsque ce n’est pas le cas. Mais ne vous découragez pas. Pour ressentir une harmonie intérieure, deux choses sont nécessaires :

1) Avoir un système de valeurs clairement défini. 2) Être sûre d’agir conformément à ce système, sans le contredire.

Une matinée ordinaire est assez tendue pour une maman qui doit réussir à tout faire. Chaque enfant réclame de l’attention. Il faut veiller à ce que les aînés se préparent sans rien oublier, et préparer et habiller soi-même les plus petits. Il faut donner à manger à tout le monde et envoyer chacun à l’école à l’heure. Sans compter, bien sûr, qu’il faut soi-même se réveiller, s’habiller et au moins boire quelque chose.

Or, de bon matin, les enfants normalement constitués ont généralement envie de dormir et sont incapables de se dépêcher. L’un s’est plongé dans sa lecture aux toilettes, un autre meurt de faim alors qu’il a quitté la cuisine une minute plus tôt en déclarant qu’il ne voulait pas prendre de petit-déjeuner, le troisième a perdu un bouton et le quatrième ne retrouve pas son cahier. Et ainsi de suite.

Maman court de l’un à l’autre, distribue les ordres, lance des regards sévères et devient un peu furieuse. Soudain  la sonnette retentit. Maman cesse de crier, remet en place son couvre-chef et ouvre la porte avec un sourire paisible. Sur le seuil se tient le petit Bronstein, le fils des voisins, qui lui demande de lui prêter un sachet de lait. Toujours souriante, maman lui tend le lait et lui demande chaleureusement :

- Tu n’as besoin de rien d’autre ?

Le garçon s’en va, la porte se referme doucement derrière lui, et l’un  des fils de maman lance en direction du voisin :

- Mais pourquoi je ne suis pas un Bronstein, moi ?!

Un petit test. À votre avis, combien de fois par jour vos enfants ont-ils des raisons de penser : « Pourquoi ne suis-je pas un Bronstein ? »

La réponse « aucune » signifie que vous avez atteint la perfection au prix d’un immense travail sur vous-même, que vous n’êtes pas très honnête avec vous-même ou que vous n’avez pas d’enfants.

Toutes les autres réponses indiquent que vous êtes une femme ordinaire et bienveillante, qui s’est un peu embrouillée sur ce qui compte réellement pour elle.

Il est intéressant de constater que nous avons des réserves de patience et de bienveillance  en nous. La question est de savoir à quoi nous les consacrons. Presque toutes savent se maîtriser au travail, mais à la maison….

Rav Moché Feinstein répétait souvent que seuls D.ieu et l’épouse d’un homme connaissent sa véritable nature.

Nous entendons souvent déplorer le manque de temps à consacrer à la famille. Pour améliorer la situation, il suffit parfois de se rappeler plus souvent sa hiérarchie de valeurs, parmi lesquelles toute femme citera en premier lieu le soin de son mari et de ses enfants. Car les personnes que nous aimons le plus ne reçoivent le moins d’amour que lorsque nous cessons de nous soucier de ce que deviendront cet amour, ces personnes et nous-mêmes.

J’admire souvent l’une de mes voisines. Lorsque je la rencontre dans la journée, elle est très simplement mise. Mais un jour, j’ai eu besoin de lui emprunter quelque chose tard le soir. Quand elle a ouvert la porte, je ne l’ai d’abord pas reconnue : un tailleur coûteux, un maquillage soigneusement choisi.

- Mais oui, bien sûr, je me présente ainsi  chaque soir, lorsque je dîne avec mon mari ! a répondu ma voisine à ma question muette. Et maintenant, excuse-moi, je n’ai pas le temps de bavarder : mon mari m’attend...

En rentrant chez moi, je me disais :

- Pour cette femme, la réponse à la question « Qui compte le plus pour toi ? » est claire. Elle dira la stricte vérité en répondant : mon mari.

à suivre

Nous exprimons notre profonde gratitude à l’auteure, la rabbanite Esther Offengenden, ainsi qu’aux éditions « Michpa’ha kéhalakha » (www.mishpacha.ru) pour l’autorisation de publier des chapitres du livre « La vie après le mariage ».