Nechama Cheli

L’harmonie dans la nature et dans le mariage - L’hiver - Préparation à une nouvelle création

Nous arrivons à la période où les règles surviennent à nouveau. La muqueuse utérine et l’ovule non fécondé se désagrègent et sont expulsés de l’organisme pour ouvrir la voie à une nouvelle création. La femme acquiert le statut de « nidda ». Cette étape peut être comparée à l’hiver. À première vue, l’hiver est une saison morose : dénud…

L’harmonie dans la nature et dans le mariage - L’hiver - Préparation à une nouvelle création

Nous arrivons à la période où les règles surviennent à nouveau. La muqueuse utérine et l’ovule non fécondé se désagrègent et sont expulsés de l’organisme pour ouvrir la voie à une nouvelle création. La femme acquiert le statut de « nidda ».

Cette étape peut être comparée à l’hiver. À première vue, l’hiver est une saison morose : des branches nues, sans fruits ni feuilles, une terre dénudée ou recouverte de neige, sans herbe ni fleurs, le froid et le vide. Pourtant, à bien y réfléchir, ce que l’hiver nous offre peut aussi nous procurer beaucoup de plaisir. L’hiver a lui aussi sa beauté, et son utilité ne fait aucun doute.

La terre et les plantes ont besoin de cette période de transition, durant laquelle leur vie se met temporairement en sommeil, pour renaître avec une vigueur nouvelle au printemps et à l’été suivants. Dès l’hiver, le processus de croissance des arbres reprend, même si cela ne se voit pas encore de l’extérieur.

Pendant la période « hivernale », les époux s’éloignent physiquement l’un de l’autre ; les relations intimes leur sont interdites.

Nous avons déjà dit[1] que, même si nous ne pouvons comprendre pleinement les lois de la Torah de ce type, nous comprenons très bien leur effet et l’observons sans cesse. Grâce au renouveau des sentiments que les époux éprouvent à la fin de la période de nidda, leur lien affectif et spirituel s’approfondit. Tel est le résultat de leur éloignement physique pendant la période de nidda[2].

Bien plus encore. Même pendant cette période d’éloignement, la relation conjugale continue à évoluer : mari et femme apprennent à aimer et à apprécier, dans leur relation, non seulement la dimension sensuelle, mais aussi la dimension affective et psychologique.

C’est une période où le respect et la compréhension mutuels des époux se renforcent, où se construisent entre mari et femme des liens solides, élevés et, contrairement au lien physique, moins soumis aux effets du temps, comme nous le verrons plus loin[3].

Le respect des lois de pureté familiale présente aussi d’autres avantages, notamment sur le plan médical.

Les sécrétions vaginales de la femme, habituellement acides, deviennent alcalines pendant les règles et, contrairement aux sécrétions acides, ne possèdent pas de propriétés désinfectantes. Le bouchon muqueux qui ferme habituellement l’entrée du col de l’utérus se dissout. Le vagin et l’utérus se retrouvent sans protection contre les infections. C’est pourquoi l’abstinence de rapports  sexuels  pendant  la période  des règles  réduit  le risque d’inflammations.

Le statut de «nidda»

Une femme devient nidda lorsque du sang s’écoule de son utérus, quelle qu’en soit la quantité, que ce soit lors des règles ou entre celles-ci, pour d’autres raisons sans lien avec les processus hormonaux.

Les écoulements sanguins sont rouges, de toutes les nuances de rouge, ou noirs. Les sécrétions blanches, jaunes ou vertes, sans traces de rouge, de nuances de rouge ou de noir, ne sont pas considérées comme du sang.

Accouchement et fausse couche

Après tout type d’accouchement ou de fausse couche, la femme devient nidda[4].

Le comportement des époux pendant la période de nidda

Pendant la période de nidda, les rapports sexuels sont interdits, mais aussi tout contact physique entre les époux, quel qu’il soit, par exemple le simple fait de se toucher. C’est précisément ce que signifie la Torah lorsqu’elle dit : « Et tu ne t’approcheras pas d’une femme pendant sa séparation due à son impureté pour découvrir sa nudité »[5].

C’est pourquoi les Sages ont instauré des règles supplémentaires interdisant les gestes susceptibles de conduire les époux à des relations intimes. Parmi elles figure l’interdiction, pendant la période de nidda, de dormir dans le même lit ou dans des lits qui se touchent.

Nous le rappelons : notre livre  ne donne qu’un bref aperçu des lois, relatives à la pureté familiale. Pour les étudier comme il se doit, il convient de se reporter aux ouvrages de halakha.

[1] À la fin du chap. 1, « L’alternance des saisons ».

[2] Voir le chapitre 4, « L’automne ».

[3] Voir le chap. 14, « L’amour véritable ».

[4] Pour plus de détails, voir le chapitre 9, « Grossesse, accouchement et allaitement ».

[5] Vayikra, 18:19.