Les rapports intimes sont interdits aux époux pendant la période où la femme est nidda, conformément aux paroles de la Torah que nous avons déjà citées à plusieurs reprises :
« Et tu ne t’approcheras pas d’une femme pendant sa séparation (nidda), dans son impureté, pour découvrir sa nudité »[1].
La racine du mot « nidda » est « nod ». Elle signifie « s’éloigner », « se déplacer », « errer ». Dans ce sens, le mot « nidda » décrit l’état du corps et les relations entre les époux durant cette période.
Pendant cette période, la muqueuse utérine se désagrège dans le corps de la femme et, avec le sang, se « déplace » : elle est évacuée du corps. Pendant cette période, les époux ne forment pas un tout, mais sont séparés, « éloignés » l’un de l’autre. Toutefois, ils restent unis par une proximité de cœur ; leur « éloignement » est temporaire. Au bout d’un court laps de temps, après l’immersion dans un mikvé cachère, tout reprendra sa place. C’est précisément pour cette raison que la Torah emploie, pour définir le statut d’une femme pendant la période des règles, un terme spécifique – « nidda », du mot « nédida », « déplacement temporaire » – et ne lui applique pas de termes à connotation négative (par exemple, « abomination »), qui qualifient d’autres relations sexuelles interdites.
Les eaux purificatrices du mikvé sont appelées par la Torah[2] « eaux de nidda ». Remarquez que ce même nom, « eaux de nidda »[3], ou « eaux de nédida », désigne le mélange d’eau et de cendres de la vache rousse, le plus puissant « agent purificateur » que nous donne la Torah. La Torah prescrit de purifier avec ce mélange une personne devenue « impure » par contact avec un corps mort. (Rappelons-le encore une fois : la notion d’« impureté » n’a, dans ce contexte, aucun rapport avec la saleté physique ; elle désigne un phénomène spirituel.)
[1] Vayikra, 18:19
[2] Bamidbar, 31:23. Bamidbar (« Dans le désert ») est le quatrième livre du Pentateuque.
[3] Bamidbar, 19.