8. Il faut faire tout son possible dans l’intérêt de l’invité. Ainsi, si quelqu’un cherche un hébergement pour la nuit et que vous connaissez des personnes vivant à proximité qui seraient heureuses de l’accueillir et de lui fournir tout le nécessaire (alors que vous-même ne pouvez pas le faire pour une raison quelconque), il ne faut pas priver le voyageur de cette possibilité.
9. Si le voyageur est pressé et ne peut pas rester longtemps chez son hôte, ou s’il ne veut pas le déranger, il ne faut pas le retenir.
10. Si vous avez une grande maison, il convient de réserver une pièce à l’accueil des invités. Quant aux responsables communautaires, ils doivent, dans chaque ville et dans la mesure du possible, consacrer une partie des fonds à la construction d’une maison d’hakhnassat or'him (une maison pour les nécessiteux et les voyageurs, où les attendent un repas et un hébergement au chaud pour la nuit).
11. Même les personnes pauvres ou malades doivent, dans la mesure du possible, prendre part à cette mitsva.
Toutefois, elles doivent d’abord faire le nécessaire pour elles-mêmes et pour leur famille, et seulement ensuite accueillir des invités.
C’est ce qu’exprime la règle « 'Hayékha kodmim » (Prends d’abord soin de ta propre subsistance).
Un jour, pendant la fête de Souccot, un Juif qui n’avait ni nourriture ni soucca vint trouver le grand rabbin de Vilnius, le rav 'Haïm Ozer Grodzinski. Le rav 'Haïm Ozer demanda qu’on serve à manger à son visiteur, puis s’excusa en disant : « Vous pouvez descendre dans la soucca pour manger ; moi, je resterai à la maison, car je ne me sens pas bien et, comme vous le savez, une personne malade n’est pas tenue de manger dans la soucca. » Alors que l’invité était déjà assis dans la soucca devant une table somptueusement dressée, il vit rabbi 'Haïm descendre avec peine. L’invité fut stupéfait, mais rabbi 'Haïm s’approcha et expliqua ainsi sa conduite : « Il m’est soudain venu à l’esprit que, si une personne malade est dispensée de la mitsva de séjourner dans la soucca, elle n’est pourtant pas dispensée de celle d’accueillir des invités. Notre patriarche Avraham le faisait même lorsqu’il souffrait (après sa circoncision). Il serait donc irrespectueux et inacceptable que mon invité reste seul dans la soucca pendant que je demeure à la maison ».