Nechama Cheli

L'interdiction d'effrayer et la bonne manière de faire des remontrances aux élèves et aux membres de sa famille

L'interdiction de blesser et de faire souffrir (onaat devarim) 20. Il est interdit d'effrayer les autres, par exemple en poussant brusquement un cri dans leur dos, en surgissant soudain devant eux dans l'obscurité, etc. Les propos du Rambam montrent que cela relève aussi de l'interdiction de « blesser ». De tels actes ne sont passibles d'aucune peine précise devant un tribunal ju…

L'interdiction d'effrayer et la bonne manière de faire des remontrances aux élèves et aux membres de sa famille

L'interdiction de blesser et de faire souffrir (onaat devarim)

20. Il est interdit d'effrayer les autres, par exemple en poussant brusquement un cri dans leur dos, en surgissant soudain devant eux dans l'obscurité, etc. Les propos du Rambam montrent que cela relève aussi de l'interdiction de « blesser ». De tels actes ne sont passibles d'aucune peine précise devant un tribunal juif, mais leur auteur sera puni par le Ciel. Il faut absolument enseigner cette interdiction aux enfants aussi, car on sait que leurs jeux conduisent souvent à de tels comportements. (Si, au moment où il a effrayé son prochain, l'auteur des faits le tenait également ou l'a poussé, il est tenu de payer une amende.)

**** À Pourim, Avimélekh lança un pétard par la fenêtre. Il habitait au huitième étage et, pendant la chute du pétard, Mme Padenskaïa eut le temps de sortir dans la cour. En entendant la forte détonation, elle eut si peur qu'il fallut la conduire à l'hôpital en état de choc.

Des années plus tard, Avimélekh s'adressa à un rabbin pour lui demander de l'aider à réparer ce qui s'était passé : faire téchouva et déterminer la somme qu'il devait verser à la victime.

21. Certains décisionnaires estiment que, lorsqu'une personne se moque de son prochain et le blesse de toutes les manières possibles, il est permis de lui répondre sur le même ton, car la Torah ne saurait interdire à quelqu'un de se défendre au moment où on le fait souffrir. Toutefois, une personne sage doit toujours rester calme et ne pas imiter celui qui l'offense. On sait que de nombreux justes s'efforçaient de ne pas réagir du tout aux humiliations et de se tenir aussi loin que possible du feu de la colère et des querelles.

22. Dans certains cas, lorsqu'un enseignant constate qu'un élève ne prépare pas ses leçons et ne maîtrise pas suffisamment la matière, il lui est permis de lui parler sévèrement, voire de lui dire quelque chose de blessant. Mais cela n'est autorisé que si l'élève est capable d'accueillir calmement ces remarques et de se mettre sérieusement à étudier, et si l'enseignant souhaite uniquement l'y aider.

Si les élèves ne maîtrisent pas la matière en raison de sa difficulté, l'enseignant doit s'armer de patience et la revoir avec eux jusqu'à ce qu'ils l'aient bien assimilée.

Lorsqu'un père doit faire des remontrances ou une remarque à son fils ou à d'autres membres de son foyer, il doit lui aussi s'efforcer de ne pas les blesser ni les faire souffrir.

*** Les élèves de la yéchiva « Ets Haïm », âgés de treize ans, devaient passer un examen de Talmud auprès du célèbre rav Isser Zalman Meltzer. Ils se présentaient à tour de rôle.

L'un des élèves répondit incorrectement à une question. Le rav Meltzer lui dit alors : « Tu voulais sans doute dire ceci… » L'élève secoua la tête et répéta son point de vue, en précisant comment il comprenait ce passage du texte. Le rav tenta une nouvelle fois de l'aider à rectifier sa réponse en lui proposant une autre lecture du passage, mais le garçon maintint sa position. Cela dura dix minutes. Soudain, le rav Meltzer s'excusa et annonça qu'il devait s'absenter un moment. Il sortit et se mit à arpenter le couloir en se répétant : « Le commandement de respecter son prochain s'applique aussi aux petits enfants ! » Quelques minutes plus tard, il revint en classe et recommença à expliquer calmement le même passage aux élèves.

**** Enfant, Max fréquentait un Talmud Torah. Aujourd'hui encore, il connaît plusieurs traités par cœur, bien qu'il ait abandonné le mode de vie juif traditionnel et même épousé une non-Juive.

Comment tout cela a-t-il commencé ? Un jour, les affaires d'un élève disparurent et, pour une raison inconnue, l'enseignant soupçonna précisément Max, qui s'appelait encore Moïché, de les avoir volées. Il l'accusa de vol devant tous les élèves. Ce fut très douloureux pour le garçon, mais il était certain que ses parents sauraient tirer les choses au clair et l'aider. Pourtant, l'imprévu se produisit. Son père prit les soupçons de l'enseignant au sérieux et s'en prit à son fils.

- Comment as-tu pu déshonorer toute notre famille ! criait-il. Je vais te donner une bonne correction pour que tu n'oses plus jamais recommencer !

Ce fut un choc pour Moïché. Il dormait mal, avait perdu l'appétit et n'arrivait plus à se concentrer pendant les cours. Ses notes baissèrent et il finit par perdre tout intérêt pour les études. Le plus terrible, c'est que Moïché cessa de se respecter lui-même. Peu à peu, il fit la connaissance d'autres garçons qui, pour diverses raisons, se considéraient eux aussi comme des « ratés ». Avec eux, il se mit à traîner, à ne rien faire et à commettre des bêtises. Ils se sentaient rejetés, ce qui faisait naître dans leur cœur de la haine envers leur entourage. Pourtant, malgré leur nouvelle « liberté », ils ne se sentaient absolument pas heureux.

Moïché changea d'école pour un établissement non religieux, mais, après quelques mauvais tours, il fallut l'en renvoyer également. Il changea de prénom et retira sa kippa.

Aujourd'hui, Max est adulte et porte, bien sûr, la responsabilité de ses actes. Mais la responsabilité de nombre de ses fautes ne pèse pas seulement sur lui : elle pèse aussi sur son enseignant, car c'est précisément cette blessure qui a conduit Moïché à sa situation actuelle.